L'IPHB se défend d'être anti-ours

Depuis des mois, le site de l’IPHB était coulé dans le béton (normal), en travaux. Subitement un petit changement en page d’accueil. L’IPHB est parvenu à débloquer des fonds sur son maigre budget. Pas assez cependant pour s’acheter un correcteur orthographique. Puisque son président communique, il faut bien communiquer aussi. Passons cela au peigne fin.

Otez moi d'un doute : L'IPHB est-elle anti ours ?

«La position des partenaires rassemblés au sein de l'IPHB. L'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn est l'expression de ses partenaires.

L’homme vivant dans les montagnes et l’ours semblent tous les deux condamnés à disparaître. Depuis dix ans, les partenaires de l’IPHB ont accepté de dépasser leurs divergences et de mettre tous leurs efforts en commun pour les sauver tous les deux. Il s'agit d'un projet global, sur lequel un très grand nombre de personnes travaillent tous ensemble depuis des années, pas à pas, avec une méthode qui s’efforce de ne laisser personne sur le bord du chemin.

L’Institution Patrimoniale a fourni des efforts pour réintégrer l’ours dans le patrimoine des pyrénéens et la situation a évolué très positivement. Le climat s’est apaisé même s’il est resté fragile. »

[Alors là, l’IPHB devient un centre de désinformation hallucinant. Il nous faudrait gober d’un seul coup d’un seul : « L’homme vivant dans les montagnes et l’ours semblent tous les deux condamnés à disparaître. » L’homme pyrénéen est en voie de disparition. C’est nouveau, cela vient de sortir et cela fait la une de tous les journaux de France.

L’ours, lui est bien entrain de disparaître. Tous les scientifiques le disent, tirent la sonnette d’alarme et annoncent que sans plusieurs réintroductions, la population d’ours est condamnée.
Jon E. Swenson : « Le travail de modélisation (CHAPRON et AL. 2003) prouve clairement qu'un nombre plus important d'ours devraient être réintroduits dans les prochaines années, ceci dans les sous-populations occidentale et centrale pour augmenter la probabilité d'obtenir une taille de population viable dans les Pyrénées. » ]

L'IPHB s'engage pour deux ourses

« A partir de 1996, les élus ont décidé de renforcer la population ursine par l'apport de deux femelles  (Délibération du 19 décembre 1996).

L'ensemble des membres de l'IPHB a travaillé à l'élaboration d'un dossier de renforcement qui a été accepté à l'unanimité. Cependant, une entente n'a pas été trouvée avec Madame la Ministre de l'Environnement, qui a assorti son acceptation du dossier de conditions inacceptables pour les partenaires de l'IPHB

[L’Institution patrimoniale du Haut Béarn a eu et le temps et les moyens de concrétiser les objectifs qu’elle s’était fixé. Depuis la décision de décembre 1996, nous attendons toujours les femelles «décidées » pour le Béarn. Depuis lors, Cannelle a été «accidentée, légitime défense » d’après votre président; Cannelle « mangée par les vautours », les mâles sont restés seuls et partent en Espagne. Les gênes des ours qui restent attendent que… la mort arrive. Bon résultat pour l’IPHB qui joue les vierges effarouchées en refusant la réintroduction parce que Dominique Voynet a refusé le marchandage de marchand de tapis proposé.

Protéger l’ours, c’est aussi protéger son territoire, ses lieux de vies, ses zones de quiétudes. Refuser de mettre la zone à ours en zone Natura 2000 a été pour vous le moyen de dire officielement «oui à la réintroduction » tout en la rendant impossible. Un vrai jeu de dupe, qui n’a trompé personne. En refusant la protection du territoire, l’IPHB s’est engagé pour la disparition des ours. ]

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L'ours : une chance et un motif de légitime fierté

« En décembre 2004, suite à la mort de l’ourse Cannelle, les membres de l’IPHB (élus, valléens, bergers, chasseurs, associations de protection de la nature, forestiers, administrations...) ont pris leurs responsabilités - Proposition d'un programme de renforcement. Dans un contexte difficile, ils tous accepté de donner un coup d’accélérateur à la constitution d’un dossier de renforcement de la population d’ours.

Un programme précis, détaillé et daté de l’arrivée de deux ourses dès 2005 a été élaboré. Ce programme très complet a été préparé avec une vision générale sur tous les aspects du territoire, sur les activités pastorales, forestières, de loisirs… Car l’ours ne peut être accepté que si sa présence apparaît comme une chance et un motif de légitime fierté. Il doit cesser d’apparaître comme un handicap et une source de contraintes insupportables pour les hommes qui vivent sur le même territoire et qui se sentent déjà tellement menacés par ailleurs.

Dans l’objectif d’un renforcement de la population, il est absolument nécessaire que ceux qui, sur le terrain, doivent assumer sa présence puissent y consentir par eux-mêmes. C’est pourquoi une consultation très vaste de l’ensemble des acteurs concernés avait été prévue, pour que chacun se prononce et s’engage sur ce grand projet. »

[Ce programme, à vous lire était parfait. « Un coup d’accélérateur » ne me semble pas le terme le plus approprié, une «concession face à la pression médiatique et le mécontentement populaire. » me semble plus juste.

Si l’ours doit « cesser d’apparaître comme un handicap et une source de contraintes insupportables », il serait temps que l’IPHB explique aux bergers que les sommes destinées au pastoralisme sont largement plus importantes que celle destinée à la protection de l’ours. Il est temps de dire aux bergers qu’ils ne peuvent plus refuser en un bloc et par principe les mesures de protection, qui même si elles sont imparfaites, permettent de diminuer fortement les pertes sur les troupeaux, y compris pour celles occasionnées par d'autres causes que l’ours

L'ours bouc émissaire

[Oui les hommes  « se sentent menacés par ailleurs » mais dans ce cas, l’ours n’est pas responsable, vous le reconnaissez. L’ours est devenu le bouc émissaire de tous les problèmes économiques de vos vallées, alors qu’il y est parfaitement étranger. L'ours est l'arbre qui cache la forêt. Même dans le cas d’une consultation « très vaste de l’ensemble des acteurs », si certains refusent de facto la cohabitation en disant haut et fort « elle est impossible point », votre réintroduction de deux ourses n’aurait jamais eu lieu.

Des bergers refusent les mesures de protection parce que les accepter, c’est accepter l’ours. Ils viennent négocier mais ne veulent rien céder. Ils veulent le beurre (l’argent de l’IPHB pour les cabanes et les pistes), l’argent du beurre (laisser les ours disparaître en refusant toute réintroduction) et la crémière (laisser l’accès aux estives libres – les accès ne sont pas contrôlés – ce qui condamne l’ours puisque sa quiétude n’est en aucun cas assurée ou respectée. La disparition de l’ours est bien leur objectif final. ]

L'Etat sur les terres de l'IPHB : attention chasse gardée

« Les membres de l'IPHB attendaient en même temps un appui très fort de l’Etat et des pouvoirs publics à cette démarche volontariste, optimiste et responsable des béarnais. »

[ Henry Ollagnon n'a qu'à bien se tenir, l’IPHB est citée en exemple comme un grand machin, une boite de pandore, une fausse bonne idée, administrativement lourde, compliquée, lente et statique. Un exemple de bureaucratie à la française, avec un soupçon de sous nationalisme rampant. ]

« Des échanges fréquents et constructifs avaient lieu avec le Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable et avec ses services. Puis ces relations ont été brutalement stoppées. Une décision, prise unilatéralement au plus haut niveau de l’Etat, est alors tombée sur les Pyrénées - Déclaration de Monsieur Lepeltier.

Avec ce qui a été considéré comme un grand mépris pour les travaux de l'IPHB et donc pour les habitants des vallées et pour le débat local, le ministre a annoncé la décision de doubler la population d’ours. »

[L’IPHB se met alors à crier au viol, le terme à la mode est l’adjectif qualificatif « massif » et on peut lire des déclarations farfelues : La France va être envahie par des cohortes de « fauves étrangers » agressifs et nourris à la viande. L’ours slovène est comparable à la peste. (Depuis peu, à la gripe aviaire).

Doubler, c’était passer de 15 à 30 ours. C’était le premier pas vers la sauvegarde du patrimoine pyrénéen, c’était le minimum pour assurer sa survie de la souche pyrénéenne, et cela avec un maximum de mesures d’accompagnement pour soutenir le pastoralisme et assurer une cohabitation la plus harmonieuse possible. Mais non, l’orgueil de certains est trop fort, le pouvoir local se sent ébranlé et Jean Lassalle de sortir sa désormais célèbre : « déprime des éleveurs occasionnée par les déclarations fracassantes des Ministres de l’Environnement successifs décidant de faire cavalier seul en ignorant l’IPHB et qui ont remis en cause sa politique de réintroduire deux femelles dans un large consensus ». Quel talent de magicien ! ]

Jean Lassalle, le "Soupalognon y croutons" béarnais

« Les partenaires réunis au sein de l'IPHB ont par conséquent considéré que cette décision de l’Etat rendait sans objet le montage du dossier de renforcement. Même si l'ours est un patrimoine national, européen, mondial, ils ont estimé que sa gestion est avant tout l’affaire des collectivités intéressées, des personnes qui vivent dans les territoires et que de telles décisions doivent être prises à leur initiative, comme cela est inscrit dans la Charte de Développement Durable des Vallées Béarnaises et de Protection de l'Ours, signée en 1994. »

[malgré les palabres, le temps perdu, les atermoiements, le comptage interminable des ours, il est inadmissible pour l’IPHB de se faire remonter les bretelles. Toute décision favorable à l’ours est perçue comme une décision imposée de Paris, par des technocrates de la ville, de la plaine, des écolos farfelus, des non montagnards, des non valléens, des étrangers. Alors comme dans Astérix en Hispanie, le petit chef retient sa respiration jusqu'à en devenir rouge de colère. Drame.]

« Le sentiment général qui s'est installé après l’annonce du Ministre est que l’ours compte d’avantage que l’homme. Or, les vallées des Pyrénées sont en train de mourir les unes après les autres. Leurs habitants se sentent maintenant d’autant plus abandonnés. Les membres de l'IPHB a donc décidé de se désolidariser totalement de cette décision. Les travaux d’élaboration du programme de renforcement de la population d’ours en Béarn ont été interrompus. »

[ Après des dépenses plus qu’importantes concentrées principalement sur l’aide au pastoralisme, les pistes chères à Didier Hervé (Combien d'ours pour le budget de l'IPHB ?), malgré les réunions interminables et la chute continue de la population d’ours, l’IPHB décide de faire cavalier seul et de refuser tout en bloc. Grands cris "Au viol" toujours. ]

« De plus, jamais la proposition de l'IPHB du 8 décembre 2004 n’avait été de réintroduire autant d’animaux, ni d’en mettre hors de son territoire. En outre, la vision des mesures de « compensation » proposées par le ministre se situe à l’opposé de celles qui étaient prévues. Elle consiste à placer les activités humaines sous dépendance de l’ours au lieu d'intégrer l'ours dans les activités humaines.

Cette attitude a été jugée inadmissible. Et maintenant, en mars 2006, à quelques jours du discours de Madame la Ministre de l'Environnement qui va annoncer les modalités précises du programme, le plan d'accompagnement du pastoralisme apparaît complètement insuffisant, inadapté et sans réel support financier ou politique et surtout sans le socle social et politique qui a toujours été jugé indispensable par les membres de l'IPHB. »

[ Si l’objectif de l’IPHB annoncé est bien de défendre la population d’ours, comment l’IPHB peut-il, à la lecture de tous les travaux scientifiques, déclarer « de réintroduire autant d’animaux » alors que le nombre proposé est inférieur au minimum qui permettrait d’assurer la survie de l’espèce ! L’IPHB sort de son rôle et devient un marchand de tapis dont le seul objectif est de financer le pastoralisme et d’engranger le maximum de subsides pour le Béarn, sur le dos de l’ours en retardant ou en rendant improbable tout renforcement de la population d'ursidés. Attention, ici, sortez vos mouchoirs ]

L'âme sensible de l'IPHB

« Nous regrettons que, pour la deuxième fois, l’Etat crée les conditions de l’impossibilité de renforcer durablement la population d’ours en Béarn. Nous nous sommes tous engagés à conserver une population locale d’ours.

Nous avons été aussi profondément affectés par la disparition de la dernière femelle béarnaise autant que avons ressenti l’immense émotion populaire qu’elle avait suscitée partout en France et même au-delà. Tout le monde a entendu les pleurs de l’ourson de Cannelle. Mais qui entend la complainte des derniers hommes vivant dans nos montagne et faisant vivre notre montagne ?

Nous sommes convaincus que le destin de l’animal et le destin de l’homme sont liés et qu’il est possible d’agir sans sacrifier l’un au profit de l’autre. L’espoir doit revenir dans nos vallées et nous continuerons notre action dans ce sens, avec conviction, avec détermination. »

[Quelle institution sensible et héroïque. Il est bien évident que le responsable, c’est l’autre, c’est l’Etat, qui malgré la manne financière qui arrose le Béarn est le grand méchant de l’histoire, c’est l’Etat qui refuse le chantage proposé par l’IPHB et « pour la deuxième fois, crée les conditions de l’impossibilité de renforcer durablement la population d’ours en Béarn. »

Méfiez-vous, l’Etat pourrait mettre fin à cette mascarade « Nous nous sommes tous engagé… » et créer les conditions pour une réintroduction effective en Béarn. Dans 3 jours, Nelly Olin jouera son rôle de Ministre de l’Ecologie ayant pour mission d’appliquer la décision du gouvernement de réintroduire des ours, là ou l’IPHB n’a pas remplit sa couteuse mission, pour assurer la survie de l’espèce Ursus Arctos en France. Si l’Etat agit ainsi, c’est bien parce que l’IPHB n’a pas réussi sa mission, ni atteint les objectifs de la charte.

Quant au reste, nous sommes ravi de l’apprendre, parce que rien dans les actes et les dire de l’IPHB n’aurait pu nous laisser deviner que … ]

L'IPHB est-elle anti-ours ? : NON
L'IPHB considère-t-elle que la cohabitation homme/ours est possible ? : OUI mais elle est difficile et doit être accompagnée.
L'IPHB est-elle favorable au renforcement de la population d'ours ? : OUI avec un projet issu de la volonté locale   
L'IPHB est-elle favorable au plan de renforcement décidé par l'Etat en 2005 ? : NON

[Quelle mascarde ! L'historique de la castastrophique aventure de l'IPHB se termine par un flop retentissant. En refusant la réintroduction, l'IPHB se met en dehors de la gestion de l'ours en Béarn. Sa mission doit être confiée à d'autres. Ses dépenses démesurées doivent cesser. Rideau sur l'IPHB. ]

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