Le saccage des locaux de l'équipe technique ours : qui est responsable?

Intimidation violente du personnel chargé de suivre les ours

FERUS a intercepté une lettre envoyée par le syndicat National de l’Environnement, syndicat majoritaire représentant les personnels du Ministère de l’Ecologie à la Ministre de l’Ecologie, madame Nelly Olin. Cette lettre fait état du saccage des locaux de l’équipe technique Ours dans la nuit du 9 au 10 février 2006.

Depuis cette nuit de saccage, cette information était restée secrète. L'ONCFS a-t-elle porté plainte?

Le personnel du ministère demande le soutien de sa ministre

Le 20 février 2006

Mme la Ministre,

Nous venons d’apprendre que, dans la nuit du 9 au 10 février 2006, les bureaux de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage situés à Villeneuve de Rivière (31) ont été saccagés et que du matériel a été volé.

Vu les éléments portés à notre connaissance, il est clair que ce saccage a été ciblé sur les moyens matériels de l’équipe technique chargée du suivi de l’ours dans les Pyrénées, alors que les locaux abritent d’autres services de l’ONCFS.
Il s’agit donc certainement d’un moyen d’intimidation des personnels qui sont directement impliqués dans la préparation du lâcher d’ours ce printemps, dans le cadre de votre décision d’opérer un renforcement de cette population.

Le SNE-FSU vous demande de marquer votre soutien à nos collègues et de tout mettre en oeuvre pour que les responsables de cet acte grave soient identifiés et poursuivis.

De votre réacion à cet évènement, dont l’origine liée aux opposants les plus extrémistes à la réintroduction ne paraît faire aucun doute, dépend la marque de votre détermination.

Je vous prie de croire, Madame la ministre, en l’expression de ma très haute considération.

Le secrétaire général du SNE-FSU
Source : FERUS

L'équipe technique ours

L’équipe technique ours, sous la responsabilité d'un biologiste, appuyé d’une secrétaire, est une équipe partenariale composée de 2 pôles :

  • Le pôle suivi constitué de deux techniciens équivalents temps-plein des fédérations des chasseurs de l'Ariège, de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées, d'un agent à 75% de l'office national des forêts, et de 2 agents de l'ONCFS. Ce pôle élabore les protocoles de suivi, assure la coordination du réseau ours brun (un réseau d’observateurs répartis sur la chaîne des Pyrénées), participe aux collectes de données et aux expertises de dommages d’ours. Il centralise les données et réalise les synthèses. Il assure la diffusion de l’information concernant le suivi de population ursine.
  • Le pôle pastoral constitué par 5 techniciens pastoraux itinérants présents durant la période d’estive et 2 animateurs chiens patous employés par l'association pour la cohabitation pastorale. Ce pôle apporte un soutien au monde de l’élevage confronté à la présence de l’ours ainsi qu’un appui technique pour la mise en place des mesures de protection des troupeaux et ruchers contre les attaques d’ours.

C'est l'équipe technique ours qui publie les documents d'actualités sur le suivi des ours dans les Pyrénées.

Un acte prévisible

Tout était était en place pour en arriver a ces actes extrêmes :

  • Les bergers de l'ASPAP : Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées, ceux la même qui rêvaient d'avoir un jour une IPAP (Institution Patrimonale de l'Ariège-Pyrénées avec à sa tête Augustin Bonrepaux) sur l'exemple de l'IPHB ont déjà  multipliés les exactions.
  • L'ASPAP est politiquement défendue par Augustin Bonrepaux qui est prêt à faire passer tous les actes de vandalisme sur le compte du désespoir, sans tenir compte du respect des lois. Lire à ce sujet Super Augustin au secours de l'Ariège! )
  • Les bergers de l' Association Transpyrénéenne des Eleveurs de Montagne (tous habillés de T-shirt noir avec les slogans "Non à l'ours, oui aux bergers" ou "Un ours en liberté, des hommes en danger" ne sont pas non plus des enfants de cœur, pourtant, leurs appuis politiques sont aussi prêt à les défendre, même quand ils commettent des actes de vandalisme.

La buvette s’est déjà fait l’écho de ses débordements des bergers et éleveurs. Lire à ce sujet :

La cohabitation est possible

Pourtant, les associations favorables à l’ours avaient du surmonter leur déception, après l’espoir suscité par l’annonce de Monsieur LEPELTIER de mettre en place un programme destiné à doubler la population sur 3 ans.

Madame Nelly Olin, soucieuse de ménager les bergers, avait réduit le nombre de réintroduction en 2005 à cinq ourses et avait reporté la réintroduction d'un an, tout en annonçant des mesures d’accompagnement favorables au milieu du pastoralisme.

L’appel à la guerre de Jean Lassalle et de l’IPHB

L’IPHB et son chef de guerre Jean Lassalle ont multipliés les appels au soulèvement pour lutter contre la décision prise par le gouvernement de réintroduire 5 ours au printemps. Lire aussi :

Des actes restés impunis

Nous attendons toujours les suites judiciaires :

  • de l’assassinat de l’ourse Cannelle par Mr Marquèze,
  • des vols et dégradations publiques de Massat lors des « Fêtes des Automnales du Pays de l’Ours ». Le maire de la commune ariègeoise Léon-Pierre Galy-Gasparou avait porté plainte contre les inconnus qui avaient tronçonnés des arbres pour empêcher l’accès des militants favorables à l’ours. Pendant toute la journée, les éleveurs avaient bloqués les routes, « animés » les débats et expositions, crevés les pneus des voitures des bergers présents, favorables à une cohabitation avec le plantigrade.
  • des dégradations survenues pendant la commission chargée de l’indemnisation devant la préfecture de l’Ariège en novembre 2005. Au total cinq voitures ont été endommagées : pour chacune les quatre pneus ont été crevés à coups de couteau ; des bris de pare-brise, un rétroviseur arraché, des tags à la peinture indiquant « non à l’ours » ont été également constatés. Deux des véhicules visés appartiennent à l’association pour une cohabitation pastorale, deux autres à la direction régionale de l’environnement (DIREN) et un autre à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Lassalle sème le vent...

Les envolées lyriques de Jean Lassalle utilisaient un vocabulaire guerrier : « livrer bataille » ; « confiscation de territoires », « desserrer l’étreinte », « mise en accusation violente » etc. Ses paroles sont à la limite de l’appel à la violence. Les phrases sont joliment tournées pour faire croire qu’il s’agit d’images, à ne pas prendre au premier degré bien sûr. Jean Lassalle se rend très bien compte qu’il mobilise ainsi derrière lui ceux qui eux, comprennent ses paroles au premier degré. Le 2 mars à Oloron, il a donc parlé de « la résistance engagée des pacifiques ». Quels pacifiques ? Ceux qui ont saccagés les locaux de l'équipe de suivi ? Jean Lassalle va t-il dénoncer ces méfaits et cette violence maintenant qu'il fait la une de tous les journaux télévisés?

C’est le même qui a déclaré hier  « Quand on accepte de mettre sa propre vie en danger alors qu’on a une famille et qu’on est le député des basques et des béarnais et qu’on a le sens de l’honneur… » et de jouer, fier de son coup médiatique le rôle du chevalier blanc volant au secours des industries de sa vallée en faisant une grève de la faim au parlement, même s’il se trompe d’industriel – il a au départ accusé Total au lieu de Toyal !

Nelly Olin va-t-elle réagir ?

Les démocrates, les non-violents, ceux qui prônent la cohabitation entre pastoralisme et prédateurs, le personnel du ministère de l'écologie, les assciations de défense de la nauture, tous ceux là attendent une réaction officielle de l'Etat et du gouvernement. Comment va réagir Nelly Olin ?

  • Va-t-elle parler du saccage des installations des bureaux de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage situés à Villeneuve de Rivière ?
  • Va-t-elle réagir au « NON » de l’IPHB et de Jean Lasalle quant au lâcher de 2 ourses en Béarn et dissoudre l’IPHB comme le demande le SEPANSO-Béarn ?
  • Va-t-elle continuer a accorder sa confiance à une institution sensée protéger l’ours – c’est dans les statuts de l’IPHB – ou va-t-elle mettre fin au règne béarnais du chanteur fou qui utilise l’argent de l’IPHB pour supprimer l’ours ?  Voir les objectifs cachés de l’IPHB

Plus que 2 jours à attendre la déclaration de Nelly Olin. Deux jours pendant lesquels, Jean Lassalle continuera sa grève de la faim devant les caméras du «monde entier» et continuera à recevoir «des centaines de témoignages et de messages souvent de soutien à un politique qui mouille la chemise» comme le déclare le journal Sud-Ouest sous la plume complaisante de Anne-Marie Siméon.

Une chose est sûre, pour garder sa crédibilité et montrer sa détermination, Nelly Olin devra aussi prendre des mesures pour protéger les ours qui vont être réintroduits, car maintenant que Jean Lassalle et Augustion Bonrepaux ont mis le feu : les bergers sont "en guerre". C'est le moment de mettre fin au "grand machin" qu'est l'IPHB qui pour le moment a pour seul objectif de mobiliser les anti-ours contre la décision prise par Madame Nelly Olin de réintroduire 5 ours. La parade médiatique de Jean Lassalle pourrait bien être son champ du cygne. La grippe aviaire ! Augustin Bonrepaux a écrit récemment au Premier Ministre pour lui demander si les ours slovènes ne seraient pas porteur de la grippe aviaire ! Lire L'ours est un volatile carnivore.

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