La Slovénie comme pays source des ours réintroduits

Conclusion 3 : La Slovénie comme pays source des ours réintroduits

Sujet n° 4 du Sondage FERUS en Béarn
Renforcement de la population d’ours dans le Béarn
Ferus_logo_1L’association FERUS a adressé un questionnaire portant sur l’ours à tous les maires, adjoints au maire et conseillers municipaux des 41 communes des vallées d’Aspe, d’Ossau, du Barétous et limitrophes. Sondage effectué en Novembre 2005

FERUS BP 114 13718 – Allauch cedex - Tél. /Fax : +33 (0)4 91 05 05 46 / Sondage FERUS Béarn

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La Slovénie comme pays source des ours réintroduits

Pourquoi avoir choisi l’ours slovène ?

  • Pour des raisons génétiques. L’ours brun slovène est de la même lignée ouest que l’ours brun originaire des Pyrénées.
  • Pour des raisons de similarité écologique du milieu naturel (hêtraie-sapinière).
  • Pour le suivi régulier de cette population d’ours par une équipe de biologistes. Pour le sérieux et la stabilité des administrations qui gèrent la faune sauvage en Slovénie.
  • Pour la relative proximité géographique (transport des animaux).
  • Pour les réintroductions de 1996 /1997, le choix définitif de la Slovénie s’est effectué sur décision du ministère de l’Environnement après consultation d’experts et enquêtes scientifiques réalisées en Slovénie, validée par le Conseil National de la Protection de la Nature (où siègent de très nombreux scientifiques).

La Slovénie, une gestion de la population qui permet l’exportation

  • La France a choisi la Slovénie comme pays source.
  • L’Autriche, après d’autres études scientifiques, a choisi la Slovénie comme pays source pour la réintroduction des ours commencée en 1989.
  • L’Italie, après plusieurs expertises, a aussi choisi la Slovénie pour la réintroduction de 10 ours dans les Alpes du Trentin de 1999 à 2003.

Pourquoi ne pas avoir choisi l’Espagne ?

Dans les Cantabriques, la population constituée d’une centaine d’ours demeure très fragile et menacée, on ne peut y effectuer des prélèvements sans en compromettre l’avenir.

Vous nous avez écrit

« Pas de femelles ours étrangères : nos ours pyrénéens sortaient la nuit et ne gênaient personne.»

« Le problème est que ce ne sont pas des ours des Pyrénées »

« (Oui au renforcement) à condition que ce soit avec des ours pyrénéens »

« La souche pyrénéenne a disparu. C’est dommage, mais ramener des ours d’un autre pays ne remplacera pas l’original »

« D’après Taberlet (Grenoble), l’ours du cercle polaire (blanc) est plus proche génétiquement de l’ours des Pyrénées que l’ours des Carpates ! L’ours des Carpates fait-il partie de la biodiversité pyrénéenne ? »

« C’est regrettable qu’on intègre à nouveau des ours slovènes car les vrais problèmes avec les bergers ont commencé avec la première intégration d’ours étrangers. Il eut été préférable de négocier à fond avec l’Espagne, sachant que leurs ours sont identiques aux nôtres donc beaucoup plus sauvages ».

« Ces ours voyous venus d’ailleurs »

« Le risque peut se trouver dans le fait que ce renforcement se fait artificiellement »

« Inadmissible car ce ne sont pas des ours des Pyrénées. La perte de notre patrimoine est immense à ce niveau là »

Effectivement, la perte de ce patrimoine naturel et culturel inestimable est immense : pour les Pyrénées, pour la France, pour l’Europe et même pour le monde : selon les chercheurs, les ours pyrénéens avaient la particularité unique de posséder les gènes d’ours brun les plus anciens du monde. C’est bien de patrimoine universel qu’il s’agit.

Les ours d’origine pyrénéenne n’existent plus du tout à l’état de population (aucune femelle survivante). Il reste seulement des individus : deux mâles autochtones dont un installé versant espagnol et un « métis » (fils du mâle d’origine slovène « Néré » et de la femelle béarnaise « Cannelle »). Il est donc impossible de compter sur ces 2,5 mâles autochtones pour conserver la souche.

Par contre, le seul moyen de ne pas perdre leurs gènes est de leur permettre de les transmettre à d’autres ours, les femelles issues du prochain lâcher. Oui, ces gènes « originels » seront dilués … mais au moins ils ne seront pas définitivement perdus comme ce sera le cas si le renforcement n’a pas lieu.

Les ours d’origine pyrénéenne ont disparu à cause de facteurs humains, donc pour des raisons « artificielles », ce n’est donc plus que grâce à une intervention humaine (donc « artificielle ») que nous pouvons tenter de réparer.

A la question sur l’avenir des ours slovènes, on peut répondre que l’ours Néré, d’origine slovène, s’est remarquablement bien adapté au Haut-Béarn (son territoire est celui de l’ancien mâle dominant Papillon mort de vieillesse et alors trop faible pour rester sur son territoire). Mieux, Néré a cassé la spirale de la consanguinité des ours béarnais en donnant un ourson à Cannelle la béarnaise.

Dans la nature, la notion de « national » ou d’ « étranger » ne peut pas exister. L’unité de base, ici, c’est l’espèce (la caractéristique d’une espèce est que tous ses individus peuvent se reproduire entre eux). Or, là, il s’agit de la même espèce, rigoureusement la même, que l’ours ait vécu en Slovénie ou en Haut-Béarn : c’est l’Ursus arctos, que nous appelons en français l’ours brun.

Les ours d’origine slovènes sont avant tout des ours tout court (espèce Ursus arctos). Ils peuvent donc contribuer à la préservation de la biodiversité pyrénéenne en matière d’ours (espèce Ursus arctos) d’autant plus que comme il l’a été souligné, la proximité génétique est très forte.

Les ours d’origine pyrénéenne, autant nocturnes que les ours d’origine slovène, ne sortaient pas seulement la nuit, loin de là, et avec le recul de près de 10 ans, ont peut maintenant l’affirmer : les mœurs des ours slovènes sont exactement les mêmes que celles des ours d’origine pyrénéenne. Naturellement, les ours réintroduits ont tout de suite utilisé, pour leurs déplacements, les mêmes sentiers que leurs prédécesseurs pyrénéens.

De même, il a souvent été dit que les ours slovènes sont plus grands, plus gros que les ours autochtones. Pourtant, le mâle béarnais « Dominique » chassé en 1844 pesait, et c’est un record, 350 kg. Le béarnais « Papillon » dans la force de l’âge, pesait 180 kg. Les ours d’origines slovènes ne sont pas forcément aussi massifs ou aussi lourds. La différence de taille entre les ours est très importante selon la période de l’année, mais aussi, selon les individus et le sexe, qu’ils soient d’origine slovène ou pyrénéenne … un peu comme chez l’homme. La petite taille de certains – pas tous !- des derniers individus d’ours autochtones est très probablement liée à la forte consanguinité qui régnait dans ce noyau de population.

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