Palouma a été lâchée hier à Burgalays vers 22 heures

Burgalays. Le lâcher de l'ourse Palouma a finalement été effectué le 25 avril 2006 vers 22h00 sur la commune de Burgalays (Haute-Garonne), a annoncé mardi soir le ministère de l'Ecologie.

Premier lâcher reporté

Sur le site d'Arbas, Nelly Olin avait vainement tenté d'obtenir l'arrêt de la manifestation auprès du président de l'ASPAP : Philippe Lacube. La ministre lui a indiqué que «sa porte» était ouverte tandis que M. Lacube dénonçait à nouveau le «manque de concertation».

Prévu à Arbas en Haute-Garonne, le lâcher avait dû être suspendu en raison d'une manifestation de quelques dizaines d'opposants à la réintroduction d'ours dans les Pyrénées françaises. Venus par petits groupes après plusieurs heures de marche dans la montagne, ils s'étaient positionnés dans la journée en face du site du lâcher.

Arrivée de l'oursee_ourse_palouma_arbasJuste avant que le convoi n'arrive au village d'Arbas, dont les accès étaient filtrés par les forces de l'ordre, une dizaine d'autres manifestants (dont Augustin Bonrepaux deputé PS et président du conseil général de l'Ariège) avaient brièvement réussi à le retarder en se couchant sur un pont à un kilomètre d'Arbas. Ils ont été fermement évacués.

Vers 19H30, alors que le lâcher se préparait, les opposants, dissimulés au milieu des arbres à quelques dizaines de mètres du couloir aménagé pour faire passer l'ourse à sa sortie du camion, ont commencé à manifester bruyamment en  poussant des cris, agitant des clochettes et faisant exploser quelques pétards pour effrayer la première des cinq ours slovènes à rejoindre les Pyrénées françaises.

Après cette obstruction, le véhicule dans lequel se trouvait Palouma, une ourse de 4 à 5 ans capturée dans la nuit de lundi à mardi en Slovénie, était reparti vers une destination inconnue. A 21h, Palouma était en « sécurité et à l'abri, entourée de spécialistes » dans un « endroit tenu secret ».

« ... comme des ânes, des imbéciles »

Au cours d'une conférence de presse organisée peu avant 21h avec le préfet de Haute-Garonne, Nelly Olin a exprimé son indignation face à l'action « d'une poignée» d'opposants « irresponsables » qui n'ont jamais participé à la concertation.

Palouma_couchee_1 Elle s'est dite « profondément choquée » par leur « manque de volonté de dialogue », leur « manque de respect » de la volonté de la population d'Arbas. « Si nous avions lâché l'ours, ils l'auraient tué », a même affirmé la ministre, expliquant que des « coups de feu » avaient été entendus. « Il est évident qu'il y aura une enquête, nous n'allons pas en rester là », a-t-elle également précisé, parlant de suites judiciaires contre les personnes qui sont allées dans la montagne empêcher le lâcher.

Tout en rappelant un long travail de concertation qui a abouti à un « plan raisonné et raisonnable », Nelly Olin a précisé que le plan ours n'était « pas remis en cause », et que les quatre autres ours prévus seraient relâchés dans les mêmes conditions « dans la transparence ». « Je ne céderai pas à la pression et je continuerai la concertation, comme pour le loup », a-t-elle assuré.

«J'ai honte de cette manifestation indigne, de ces gens qui se comportent comme des ânes, des imbéciles, nous devons suspendre l'opération mais cet ours sera lâché et nous ne renoncerons pas à notre plan de renforcement de la population ursine », avait déclaré la ministre de l'Ecologie Nelly Olin, faisant état de « plusieurs interpellations ».

Lâchée en toute discrétion

Palouma a ensuite été relâchée vers 22h en toute confidentialité et loin des caméras. Seuls les deux techniciens de l'équipe spécialisée accompagnaient l'ours femelle pour cette opération-discrétion. « L'ourse était en pleine forme et a couru vers la forêt », a déclaré une porte-parole du ministère.

Réaction de François Arcangeli, maire d'Arbas et de l'ADET

Le maire d'Arbas, François Arcangeli avait déclaré: « il y a un plan B, l'ourse devrait être lâchée ailleurs dans les minutes ou les heures qui viennent. » Plus tard, le maire d'Arbas déclarait : « C'est une triste journée, c'est une péripétie de plus mais notre détermination reste entière », avant de s'interroger sur une telle opposition, et avançant qu'en Italie, 10 ours avaient été réintroduits dans un climat bien plus pacifique.»

A l'annonce du lâcher à Burgalays, Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours-Adet (association pour le développement économique et touristique des Pyrénées), a fait part de sa joie. «Je suis ravi, il y a une ourse de plus dans les Pyrénées. Le but de la journée est atteint, je n'ai aucun regret».

Palouma a enfin retrouvé la liberté à Burgalays

Palouma_inspection_veterinaireL'ourse Palouma, a quatre ans et pèse 83 kilos. Elle avait été capturée lundi soir en Slovénie. Palouma a subi des examens sanguins et un traitement antiparasitaire en injection musculaire. Anesthésié à la capture, l'animal a ensuite été transporté jusqu'en France dans un camion spécifique contenant une cage circulaire. Elle est maintenant pyrénéenne et à la recherche d'un père pour ses oursons.

Burgalays, comme Arbas fait partie des quatre communes pyrénéennes volontaires pour accueillir cinq nouveaux ours, qui viendront renforcer une population de 14 à 18 bêtes. Arbas, enthousiaste, avait prenommé son ourse Palouma, en référence au massif de Paloumère dans lequel l'ourse devait être lâchée mardi soir et qui désigne aussi localement la colombe, symbole de paix.

Palouma avait fait le voyage dans le plus grand confort, un camion à conteneur cylindrique pour éviter toute blessure, spécialement conçu avec réserve d'eau, climatisation, caméras vidéos. Avant de retrouver le grand air, elle a été marquée à l'oreille et munie d'un radio-émetteur au collier qui signalera sa position pendant deux à trois ans par satellite. Une fois la batterie vide, ce collier spécial de 300 grammes s'éjectera de lui-même.

Questions sur l'ASPAP et sur la publicité des futurs lâchers

Il est permis de se poser des questions sur l'avenir de l'ASPAP dont plusieurs membres sont déjà convoqués par la justice après le saccage d'Arbas. Les interpellations d'aujourd'hui discréditent encore plus l'Association soutenue par Augustin Bonrepaux. Vont-ils en rester là et enfin cesser leurs gesticulations ridicules?

Après un tel comportement scandaleux, on pouvait penser que les annonces des prochains lâchers seraient faites le lendemain :  plus simple et plus discret, mais Nelly Olin tient à la transparence. Pas de changements prévus...

Bonne nuit aux ours et à ceux qui les défendent.

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