Slovénie : la capture de cinq ours a débuté

Pyrénées. L'opération de capture des cinq ours a débuté en Slovénie en vue d'un premier lâcher à Arbas en haute Garonne. D'ici le 15 juin, ils doivent être introduits dans le massif afin d'assurer la survie de l'espèce.

Cinq ours à saisir

En Slovénie, les pièges à ours sont dressés. Dans les Pyrénées, plus précisément à Arbas, dans le sud haut-garonnais en lisière de l'Ariège, on se prépare à accueillir le premier des cinq plantigrades qui doivent être réintroduits d'ici le 15 juin. Il s'agira d'une ourse, si possible jeune et pas farouche. Car l'objectif de l'opération, c'est de régénérer la population du massif, menacée à moyen terme de disparition. Le cheptel actuel est trop réduit (14 à 18 individus, majoritairement mâles) la consanguinité trop importante pour éviter une disparition totale qui serait déjà une réalité sans les réintroductions de 1996. Les quatre femelles et le mâle sont donc priés de se reproduire et de se croiser avec les adultes déjà présents.

La date de ce premier lâcher est cependant impossible à déterminer avec précision. « Les ours sont piégés à la patte par des collets disposés dans de petits trous sur leurs itinéraires habituels dans la montagne slovène. Nul ne peut prévoir quand l'un d'eux marchera dans le piège. En outre si le détecteur signale une prise au collet, il ne s'agit pas forcément d'un ours car des sangliers, des cerfs vivent également en très grand nombre dans cette zone » expliquent les techniciens de l'équipe française de suivi. Troisième élément d'incertitude : le plantigrade capturé doit être une jeune femelle. Or les techniciens ne le sauront qu'une fois la bête endormie.

Compte tenu du risque que représente la capture d'un fauve, du climat de passion qui dans les Pyrénées entoure ces réintroductions, les autorités slovènes et françaises se couvrent d'un maximum de précautions.

  • Les exactions commises lors de la manifestation des anti-ours à Arbas le 1er avril (cinq plaintes déposées, enquête en cours),
  • la destruction de matériel dans les locaux du comité de suivi près de Saint-Gaudens,
  • les crevaisons de pneus de véhicules et insultes récurrentes qu'essuient les techniciens témoignent du jusqu'au-boutisme de certains opposants. Les deux attaques de brebis commises par l'ours Boutxy en Ariège (pas plus nombreuses à cette date que les autres années) ont renforcé leur détermination. Les syndicats professionnels et le conseil général de l'Ariège qui les soutiennent ont intenté un recours auprès du Conseil d'État.

Des moyens plus importants ont été consentis pour suivre ces ours et plus encore pour favoriser la cohabitation. Elle risque d'être plus difficile que les opérations de lâchers.

Pascal Jalabert

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