L'ourse Palouma, la première ourse slovène devrait être relachée ce soir à Arbas, au pied de la montagne de Paloumère ou ailleurs...

Palouma, l'ourse capturée en Slovénie et dont le transfert est en cours par la route, devrait être relâchée mardi soir aux abords de la commune d'Arbas (Haute-Garonne), annonce le ministère de l'Ecologie.

Palouma_ourse_slovene_arbasCette nouvelle introduction d'ours bruns dans les montagnes sera une "manœuvre version grand luxe", selon les propos de Janez Kastelic, du ministère slovène de environnement. Il veut dire par là que tout est prévu dans les moindres détails pour que les plantigrades soient capturés sans stress, que leur transfert s'effectue sans dommage et, enfin, que le lâcher se réalise sans problème dans chacune des communes pyrénéennes volontaires.

Le lieu exact et l'heure du lâcher de l'ourse slovène Palouma ont été tenus secret, en raison des tensions qui opposent depuis des semaines écologistes et éleveurs, ces derniers accusant les ours bruns vivant dans les Pyrénées de s'attaquer à leurs brebis.

Dans l'entourage de la ministre de l'Ecologie, Nelly Olin qui devait se rendre sur place en fin de journée, on estime que l'ourse Palouma sera lâchée entre 18h00 et 21h00.

Palouma, qui signifie "colombe" en occitan, est introduite en France dans le cadre d'un programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

Afin de pérenniser l'espèce, quatre ourses et un ours provenant de Slovénie doivent y être introduits cette année. Le plan prévoit le lâcher de quatre femelles et d'un mâle en Haute-Garonne et dans les Hautes-Pyrénées, départements qui se sont portés volontaires pour les accueillir.

La population d'ours bruns des Pyrénées est composée aujourd'hui de 14 à 18 individus sur l'ensemble du massif. Lundi, la préfecture de l'Ariège a fait savoir que l'un de ces plantigrades, prénommé Boutxy, serait éloigné à partir de mercredi des habitations par des "tirs d'effarouchement" effectués par des agents de l'Office national de la chasse.

Boutxy est accusé par des éleveurs d'avoir tué trois brebis depuis la fin mars. L'objectif des tirs non létaux est de corriger un comportement jugé inadéquat, précise la préfecture. Cet ours mâle est le fils de Melba, une ourse slovène réintroduite dans les Pyrénées en juin 1996 et abattue un an plus tard par un chasseur.

Palouma, bienvenue en Pyrénnées !

Plusieurs années de travail et enfin, la première récompense. Merci à l'ADET, aux maires des communes des lâchers et à tous les bénévoles ou spécialistes qui oeuvrent dans l'ombre à la sauvegarde de la popualation d'ours des Pyrénnées. Merci aussi aux éleveurs et bergers qui ont compris l'intérêt de cohabiter avec l'ours. Longue vie et descendance à Palouma.

L'ASPAP et Bonrepaux sont là pour perturber le lâcher de Palouma, un jeu du chat et de la souris

Augustin Bonrepaux, Philippe Lacube, Olivier Ralu, les éleveurs et opposants habituels à l'ours sont là. Ils crapahutent dans la montagne et le brouillard pour perturber le lâcher. Pétards, trompettes, un baroud d'honneur, des adolescents en colère.

Au journal de 20 heures, TF1 annoncait que Palouma sera relâchée ailleurs, plus discrètement. La nuit va t-elle être longue à Arbas?  Les membres de l'ASPAP utilisent les mêmes méthodes violentes. Il va donc falloir un jour les arrêter. Merci au Ministère de l'Ecologie et à Nelly Olin de résister à tant de conneries. Palouma attendra encore un peu dans son camion. Celà lui ouvrira l'appétit !

Nelly Olin reste ferme

Présente à Arbas, la ministre de l'Environnement Nelly Olin a redit l'importance d'un renforcement de la population ursine pour la pérennité de l'espèce. Selon elle, il y a 14 à 18 ours présents dans les Pyrénées, auxquels vont s'ajouter les cinq nouveaux importés de Slovénie, dont quatre femelles pour que les ours se reproduisent.

Nelly Olin : « On verra l'évolution. Si cela suffit, on arrêtera là les réintroductions », a-t-elle dit. Bien que refusant de parler avec des opposants à la réintroduction qui voulaient venir à Arbas, Mme Olin a dit « comprendre l'inquiétude des éleveurs» et être »prête encore à travailler sur le pastoralisme ».

Interrogée sur l'éventualité que des opposants à la réintroduction tuent le ou les ours réintroduit(s), la ministre a assuré, en espérant que « l'irresponsabilité n'irait pas jusque là », qu'elle serait « la première à porter plainte ».

Trois bus avec plus de 100 personnes et une partie de la presse sont partis vers 18h45 sur le lieux du lâcher au-dessus d'Arbas. Un peu plus tôt, des élus opposés à la réintroduction de l'ours se sont allongés sur la route à l'arrivée du convoi l'amenant sur place, pour manifester leur opposition à sa réintroduction, avant d'être délogés par les forces de l'ordre.

Stéphane Lessieux, porte-parole de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (ASPAP), a dénoncé « le manque d'attention porté aux arguments contre la réintroduction de l'ours ». Une demande officielle de moratoire au président de la République a par ailleurs été déposée vendredi dernier et le mouvement des anti-ours va diffuser un « manifeste pyrénéen contre les réintroductions d'ours slovènes ».

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