L'ours Balou, la plaine et le vol de son collier

Balou est dans la plaine entre Toulouse et Arbas

Balou est dans la plaine entre Toulouse et Arbas Une quarantaine d’empreintes d’ours ont été repérées le 6 juin au bord d’un lac sur la commune d’Auribail (Haute-Garonne), à une trentaine de kilomètres au sud de Toulouse et à 60 km au Nord-est d'Arbas.

Il s’agit plus que probablement de l’ours Balou, relâché à Arbas le 2 juin dernier. Les caractéristiques des empreintes correspondent en effet à un ours adulte de taille moyenne, assez jeune. Les empreintes seront comparées à celles de Balou afin d’identifier l’animal.

Le quatrième des cinq plantigrades du plan de réintroduction est perdu en plaine, dans des bosquets et des champs de céréales. Ni les avions, lancés de Saint-Girons, ni les patrouilles de gendarmerie au sol n'en ont, depuis sept jours, capté le signal.

L'ASPAP critique

Stéphane Lessieux, porte-parole de l'Association de sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées en profite pour critiquer l'Etat et l'Equipe Technique Ours, chargée du suivi : « Garder cachées pareilles informations est le signe que l'Etat et les responsables de ce plan ne sont pas à l'aise. Ils n'assument pas. Ils persistent à minimiser les dangers que l'ours fait courir aux populations »

Les locaux de l'équipe de suivi ont été cambriolés

Pierre-Yves Quenette, responsable de l'équipe technique ours raconte : « L'ours Balou devrait faire "bip" toutes les deux secondes. Balou n’est pas doté du même système de suivi que les autres. Et pourtant, on a survolé une bonne partie de la chaîne pendant huit heures. On ne peut le repérer que dans un rayon de dix kilomètres. Soit son collier émetteur ne fonctionne pas, soit on l’a cherché dans les Pyrénées alors qu’il était ailleurs. L'équipe de suivi et le ministère de l'Ecologie n'ont jamais eu la volonté de cacher quoi que ce soit à personne ».

Alain Reynes, responsable de l'ADET se fâche : « J'en avais assez d'entendre les antis-ours parler de l'incompétence de l'équipe de suivi. L'Etat n'a pas voulu communiquer sur le sujet mais moi je le dis : si l’ours Balou n'est pas équipé du collier adéquat c’est parce que ce collier a été volé à Villeneuve-de-Rivière dans la nuit du 10 au 11 février, lors du saccage des locaux de l'équipe technique ours ».

Dans le climat de violence actuel, qui a intérêt à perturber le travail de l'équipe de suivi, de détruire le matériel informatique et de voler un collier GPS destiné à suivre un des ours relâché ? Balou a été équipé d'un vieux système, et est aujourd'hui impossible à localiser. Les anti-ours qui critiquent l'Etat et l'équipe de suivi est plus que probablemnt à l'origine de ce vol et des problèmes de localisation de l'ours Balou.

Le collier volé était doté d'un système GPS particulier dont l'unique fabriquant est la société Lotek basée en Ontario, au Canada. Le délai de trois mois pour en obtenir un autre était trop long pour le lâcher de Balou prévu pour le mois de mai. C'est donc un ancien modèle de collier qui lui a été attribué à son arrivée de Slovénie. Ce modèle émet bien un signal, mais un signal en VHS, lequel ne peut être capté qu'à condition d'être « sur le terrain », c'est-à-dire être près de la bête et de son émetteur.

Balou est recherché

Balou est dans un couloir, entre 2 autoroutes qui forment un entonnoir qui avance vers Toulouse. Il est probable qu'il préfèrera rebrousser chemin vers les forêts pyrénéennes. l'équipe de suivi estime qu'en se promenant doucement, l'ours Balou pourrait les atteindre dans cinq jours. De toute façon, on tente de le localiser et au besoin de l'endormir pour le ramener dans des endroits plus adéquats.

Alain reynes explique que « Ce n’est pas la première fois qu’un ours fait une incursion en forêt de plaine. Ce comportement n’est pas anormal pour un jeune mâle juste lâché à la recherche d’un nouveau territoire, les forêts de plaine étant un habitat originel de l’ours brun. Elles ne constituent toutefois plus un habitat favorable pour l’ours qui doit retrouver la montagne. L’équipe technique ours doit maintenant le localiser, et le déplacer vers les forêts de montagne, s’il n’en a pas déjà retrouvé le chemin tout seul. »

Comment l'ASPAP récupère le vol du collier

Communiqué de la Coordination Pyrénéenne
Suite à la présence avérée d'un ours (apparemment Balou) à une trentaine de km de Toulouse, nous affirmons ceci:

1- nous dénonçons depuis bien longtemps que la présence de l'ours, qui reste malgré tout un fauve potentiellement dangereux, menace non seulement des troupeaux mais aussi des populations qui craignent pour leur sécurité, avec des passages et des dégâts de plus en plus répétés dans les villages et maintenant à proximité de grandes villes comme Toulouse.

2- un programme artificiel: on sait que les ours, qui viennent de Slovénie, sont nourris là-bas. On veut nous faire croire qu'il s'agit d'écologie naturelle mais il faut bien comprendre qu'ici, ils ne sont pas capables de se débrouiller tout seuls. Ils ne craignent pas l'homme, malgré ce qui est dit pour nous rassurer, et il faut sûrement s'attendre à des visites de plus en plus fréquentes de l'ours sur nos lieux de vie, même proches des villes.

Nous rappelons que dernièrement, c'est du côté de Lourdes qu'un ours fouillait dans les poubelles.

3- pas de transparence dans les informations : depuis le début des lâchers, nous demandons que la localisation des ours soit divulguée en temps réel.

Il n'est pas normal que les populations concernées ne soient pas prévenues des risques de rencontre.

A quoi sert de mettre des émetteurs si personne ne peut bénéficier des informations. C'est avant des dégâts ou un accident que l'information est utile, pas après.

En l'occurence, on apprend aujourd'hui tout d'un coup qu'un ours est aux portes de Toulouse. Pourquoi n'a-t-on pas su avant qu'un ours se dirigeait vers cette agglomération majeure?

Dans son manque de transparence, l'Etat continue de banaliser et minimiser le danger potentiel que représente les ours dans notre région (pas d'information très précise sur la conduite à avoir en cas de rencontre, on fait croire qu'un ours n'est pas plus dangereux qu'un sanglier...).

4- mauvaise maîtrise de la réintroduction : depuis le début, les équipes de suivi nous donnent l'impression de toujours courir après leur ours, sans jamais vraiment savoir où ils sont. Ce sont souvent les éleveurs et les bergers, au fur et à mesure des dégâts, qui fournissent les éléments de localisation.

Un émetteur qui ne fonctionne pas traduit réellement un manque de sérieux et la sensation que l'Etat joue avec des ours, de manière approximative, sur le dos des populations locales.

L'Etat continue de se discréditer dans cette histoire et nous inspire de moins en moins confiance.

Stéphane Lessieux

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