La peau patrimoniale de l'ours

Plus que quelques semaines avant la fin du grand machin qu'est l'IPHB ?  L’équipe de consultation et de palabre patrimoniale est sur le point de perdre la poule aux oeufs d'or qu'est l'ours.

Alors que les deux derniers ours béarnais quittent les vallées d'Aspe et d'Ossau pour les versants espagnols des Pyrénées, Jean Lassalle commençait à croire qu'il était arrivé à éradiquer les ursidés de ses vallées.

Or voilà qu'une ourse femelle se rapproche durablement de nos deux mâles rescapés et n'a plus qu'à traverser le gave pour développer son petit patrimoine familial comme la charte de l'IPHB lui suggère.

Consultons donc les différents patrimoines linguistiques des spécialistes es ursidés :

  • Un valléen catalan consulté aurait dit à Jean Lassalle : « No diguis blat fins que sigui al sac i ben lligat ! » : Ne dis pas ‘blé’ avant qu’il ne soit dans le sac et bien ficelé).
  • Le gestionnaire du patrimoine commun de l'autre côté du tunnel du Mont-Blanc lui, aurait remplacé le blé par un chat et chanté à la castafiore qu’il ne faut pas «  dire gatto se non ce l’hai nel sacco ».
  • Un spécialiste de développement durable britannique en pleine phase de patrimonialisation du pudding rose annoncerait au Don Quichotte du Somport : « Dont count your chickens until they are hatched ! » (Ne compte pas tes poulets avant qu’ils n'aient été couvés).
  • Didier Hervé, le fidèle compagnon consultatif, le "Monsieur Pistes" des estives, grand pourfendeur des zones refuges l'avait pourtant prévenu : « On ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué.  »

Retour en forêt. Si les effluves hormonaux arrivent aux narines des ours de pure souche pyrénéenne, l'IPHB n'aura peut-être même plus besoin de retourner sa veste une nouvelle fois. Il y aura de nouveau une femelle en Béarn. Une précaution à prendre quand même : mettre René Marquèze et les autres « hommes d’honneur » au frais, histoire de ne plus reproduire le lien patrimonial préféré de Jean Lassalle, le lien plombé.

  • Un représentant des peuples de montagne polonais venu des Tatras pour promouvoir l'utilisation patrimoniale des chiens de protection Podhale dans les consultations éleveurs/ursidés n’hésiterait pas à rappeler au parlementaire gréviste qu’il ne faut pas se satisfaire de sa journée avant que le soleil ne soit couché (« Nie chwal dnia przed zachodem słońca »).

Le chant du cygne de l'IPHB déclenchera finalement un cri général d'espoir dans les Pyrénées, celui de la survie patrimoniale et consultative des ours. Depuis que Nelly demande des comptes à l'IPHB, Jean Lassalle fait dans son pantalon et Didier Hervé profite de son copieux salaire. Merci les ours, merci la réintroduction. La fin de plus de 10 années de moratoire patrimonial...

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