IPHB, la fin? Faut qu€ c€la $’arr€te

Lors d'une réunion qui s'est tenue à l’IPHB en l'absence des représentants de l'Etat, l'institution a présenté sa réponse à la demande de Nelly Olin.

L'Etat critique les propos de l'IPHB

Les représentants de l'Etat n'ont pas siégé à Oloron lors de la réunion de l'IPHB. Ainsi en avait décidé le préfet Marc Cabanne - qui l'a signalé par écrit à l'Institution-  pour protester contre les propos de Jean Lassalle lors de la précédente réunion. (Il était deja rentré en guerre contre Nelly Olin).Des propos que Marc Cabanne a jugé pudiquement "peu amènes envers la ministre".

Jean Lassalle a continué sur son aimable lancée en déplorant que : «Nelly Olin prenne tout le monde en otage, le Préfet et les services de l'Etat.» Et de railler : «S'il n'arrive pas à s'en dégager, il ne pourra plus faire le 11 novembre à Pau ou aller à la corrida à Bayonne.»  L'odeur de la défaite rend le guerrier bien amer.

Douze années d'action et d'inaction sur le grill

Outre la réponse à la ministre, l’IPHB avait un délai d’un mois pour présenter un « recensement précis » des actions menées par l’IPHB en faveur de l'ours. Le fameux bilan de l’IPHB que tout le monde reconnait comme catastrophique.

Jean Lassalle continue les grandes manœuvres dans sa guerre personnelle contre la ministre de l’écologie et du développement durable via une résolution. Jean Lassalle a aussi décidé de prendre part à campagne électorale en région parisienne, face à Nelly Olin. Revoilà le Don Quichotte béarnais qui attaque les moulins.

Douze ans d'action « en faveur de l’ours » ont aboutit à la disparition de la dernière femelle du Béarn et à la diminution aussi catastrophique du nombre total d’ours en Béarn. Jean Lassalle, pour noyer son échec va surement présenter des chiffres, beaucoup de chiffres, une montagne de chiffres !

Le communiqué de l’IPHB annonce «Les actions envers le plantigrade représentent selon le mode de calcul adopté, 2 199 374 euros soit 12 % des crédits générés par la charte de développement durable des vallées béarnaises et de protection de l'ours».

Didier Hervé, le petit poisson pilote de Jean Lassalle et directeur de l'IPHB, a fait le bilan des douze dernières années :

  • Près de 2 000 heures de concertation 
    [Ce qui fait de l’IPHB le plus grands pow-wow de France]
  • 74 réunions de la commission ours
    [L’IPHB devrait être reconnu comme centre de formation pour fonctionnaires de la commission européenne.]
  • Un état des lieux des populations;
    [Combien il en reste des ours ? On nous les cache, il en reste surement bien plus et en plus elles bougent tout le temps ces sales bêtes. Le coup financier de «l’inventaire » est colossal, des heures de travail, de crapahutage dans les montagnes pour essayer de prouver que le nombre effectif est bien plus important et que donc l’IPHB a bien fait son travail !]
  • Deux délibérations pour le renforcement en 96 et en 97
    [On délibére, on redélibère mais on ne renforce pas. J’entend déjà le « Ce n’est pas moi, c’est le ministre qui a refusé (l’inadmissible)». Des renforcement en Béarn ? Nada.]
  • Des voyages d'études dans les balkans;
    [Nous attendons le grand livre sur l’ours et les balkans made in IPHB. Peut-être y lira-t-on quelque chose de neuf sur le gâteau avec une patte d’ours et les cris de vierges effarouchées qu’il a suscité!]
  • Un accord avec les autorités croates pour le don de deux ours.
    [Où sont-elles ces ourses ?]
  • Un « projet partagé de renforcement » en 2004, resté au stade de projet.
    [Ici aussi l’IPHB rejette les responsabilités sur Serge Lepeltier et son «renforcement massif». C’est fou, tous les ministres ne pensent qu’à violer les Pyrénées. Plus fort que Dutroux ! Qu’on les enferme.]
  • Des mesures prises en faveur de l'habitat de l'ours (reports de coupes forestières ou de projets de pistes); les actions de cohabitation hommes-ours (équipement des estives en système d'effarouchement) et enfin les opérations locales d'agri-environnement (hélitreuillages).

Un petit audit de ces résultats devrait nous permettre de vérifier tout cela et aussi si les dégâts occasionnés à l’habitat de l’ours par les décisions de l’IPHB (les coupes forestières et les pistes effectuées) ne sont pas bien plus grands que les quelques décisions « reportées » afin de calmer les associations écologistes et de prouver la « bonne volonté » des grands chefs indiens en faveur des ours béarnais qui pendant ce temps, disparaissent.

L’IPHB risque de perdre son financement

Ce rapport répondra-t-il aux exigences de la ministre? Pour l’IPHB : « Rien n'est moins sûr ». Pour le reste de la France « sûrement pas ». Ce rapport représente l’usure du temps des douze années d’inefficacité, de palabre et de budget dépensé principalement en faveur du pastoralisme. L’ours a reçu la portion congrue. L’ours a toujours été pour l’IPHB un moyen de financement pour atteindre des objectifs :

  • Profiter au maximum de ces subsides, jusqu’à son épuisement
  • En arroser la clientèle politique de Jean Lassalle,
  • Aider l’ours au minimum, à la limite de l’acceptable, en faire un minimum, juste pour ne pas tarir la source financière.

En cours de route, à l’occasion de la mort « accidentelle » de Cannelle (Jean Lassalle a tout de suite sauté au secours de René Marquèze), constater la «disparition  fortuite et regrettable de la souche pyrénéenne». Faire passer l’échec du non renforcement en Béarn par les excuses habilement amenées que sont les «erreurs» successives des ministres:

  • D’abord le « refus de Dominique Voynet » qui a refusé les conditions et le chantage inacceptable proposé par l’IPHB (la liaison des dossiers Ours et Habitat 2000).
  • Ensuite les maladresse de langage de Serge Lepeltier et son «renforcement massif» qui a poussé l’IPHB a crier au viol et au parachutage de décisions qui ont détruit  le «le pénible et long travail de concertation de cette remarquable Institution» .

Deux excuses qui ont permis à l’IPHB d’insinuer qu’à cause de l’Etat, il faut reprendre toutes les négociations à zéro! L’IPHB n’a évidement pas oublié de demander le renouvellement du budget pour y arriver!

Cette argumentation enfantine n’est pas crédible. La chape de silence autour de l’IPHB est rompue (et si j’ai pu y participer un peu, je m’en félicite), et l’Etat a décidé de remettre son nez dans la gestion du dossier ours en Béarn. L’IPHB est aux abois. L’épée de Damoclès est installée au dessus de la « Maison des Vallées » à Oloron. L’Etat regarde s’il va couper et les vivres et la corde.

Des salaires et des mandats sont en jeu, alors l’IPHB contre attaque

Tous les « indiens  du pow-wow » et les participants aux inter-minables réunions voient s’enfouir les grasses enveloppes et le pactole. Panique à bord: tout le monde est appelé sur le pont pour dénoncer l'incompétence ministérielle:

  • Bernard Placé, président de la fédération départemental de chasse était venu plaider pour «l'indispensable élément de dialogue et de concertation». [Faut pa$ qu€ c€la $’arr€te!]
  • Joseph Paroix, au nom des bergers et transhumants des trois vallées a expliqué : «On a montré qu'on pouvait faire avancer l'idée de la cohabitation avec l'ours. En deux ans le gouvernement a tout mis par terre».

Le journal Sud-Ouest déclare même dans son édition du 7 juillet: «Ce n'était pas une oraison funèbre, mais en tout cas l'avenir s'écrit en pointillé. L'IPHB a une épée de Damoclès au dessus de la tête. Les services du ministère de l'écologie ont déjà planché sur l'articulation d'un système qui se passerait de l'institution patrimoniale.»

Les pointillés sont au crayon et la ministre a sa gomme. L’IPHB est en phase terminale et le cancer qui le ronge a pour origine sa gestion calamiteuse et scandaleuse du dossier ours en Béarn.

Un don d’organe

La mort annoncée de l’IPHB va permettre la survie de la population d’ourse en Béarn. Allez Madame Olin, un beau geste, ordonnez la transfusion et que l’Etat reprenne la gestion de l’ours en main. Toute la France est prête à donner du sang pour ce sauvetage qui a commençé ailleurs, mais pas en Béarn. Il faut prévoir pour 2007 des lâchers d'ourses dans les vallées d'Ossau et d'Aspe pour sauver ce qui est encore possible de sauver.

Jean Lassalle, en grand chef indien, en gourou du Béarn et tout auréolé de sa gloire de gréviste de la faim dans l'affaire Toyal essaie de rassurer malgré la panique à bord: «Beaucoup ont voulu enterrer l'IPHB. Ils n'y sont pas arrivés». peut-être en s'y mettant à plusieurs? Il me fait penser au soldat sans bras ni jambes d’un film des Monty-Python qui saignant des 4 membres fraichement perdus, tient son épée dans sa bouche et prononce difficilement « ient e batt chi tu l'woses ». Jean-Lassalle vient de déposer une résolution à l'assemblée nationale: «Les décisions de Nelly Olin, sont ineptes et inacceptables et sont prises par une ministre parfaitement incompétente dont je souhaite le départ.». La guerre est déclarée entre Jean Lassalle et Nelly Olin. L’IPHB mène, je l'espère son dernier combat.

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