Grandes manoeuvres autour de Nelly Olin

Une commission d'enquête sur la réintroduction d'ours dans les Pyrénées. Lasalle et Bonrepaux fourbissent leurs armes. La cible est clairement Nelly Olin.

Les grandes manoeuvres sont commencées

Il y a presque un mois, l'Institution Patrimoniale du Haut Béarn (IPHB) recevait une lettre recommandée de Nelly Olin. L'heure des comptes pour l'IPHB est arrivée. « Les grandes manoeuvres sont commencées » avait annoncé un Jean Lassalle aux abois. L’IPHB avait un délai d’un mois pour communiquer les chiffres de l'Institution Patrimoniale du Haut Béarn au ministère. Nelly Olin a en effet annoncé qu’elle comptait se pencher cet été sur la manière dont l’IPHB dépensait l’argent destiné à la protection de l’ours.

La charte de l’IPHB

La charte de l’IPHB stipule en effet dans son article 7 : « La protection des derniers ours français constitue un enjeu local, national et international. Il s’agira d’assurer, à terme, au mieux le maintien spontané de la souche d’ours Pyrénéen, au pire de l’espèce, en permettant simultanément le développement des vallées. L’objectif à terme serait de reconstituer une population viable au niveau du massif Pyrénéen dans des conditions de vie aussi naturelles que possible. »

Au vu du bilan de sa "pas très morale Institution" et de l’étau qui se resserre sur la gestion catastrophique du dossier ours en vallées d’Aspe d’Ossau et de Barétous, Jean Lassalle : " le mystique béarnais", " le Toyal gréviste", " l'ascète patrimonial ", " le défenseur de la montagne violée ", "le concertationiste chanteur ", " le roi du tunnel " et j'en passe se devait de réagir. En fin stratège, " la Castafiore " sort un lapin de son maigre giron pour faire diversion et essaie de noyer le poisson.( L'enquête sur l'IPHB est pour lui un "poison ministériel"). Jean Lassalle va donc essayer de mettre la ministre de l’écologie et du développement durable en patrimoniale difficulté. 

Jean Lassalle désire une Commission d’enquête parlementaire ...
sur l’Ours


C’est ainsi qu’on peut lire sur le site de l’Assemblée nationale : « Proposition de résolution de M. Jean LASSALLE tendant à la création d'une commission d'enquête visant à faire toute la lumière sur la chaîne de décision ayant abouti à la réintroduction en 2006 de quatre ours dans les Pyrénées et à évaluer le coût et l'efficacité des dispositifs engagés par les pouvoirs publics et les associations de protection de la nature en faveur de l'ours depuis quarante ans, n° 3237, déposée le 28 juin 2006 et renvoyée à la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire. » A suivre.

Lire le texte complet de la demande de commission d'enquête de Jean Lassalle

Augustin Bonrepaux : "Rapporteur" !

Augustin Bonrepaux a gardé ses entrées à la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale. Il en a été le président pendant plusieurs années en remplacement d’Henri Emmanuelli. S’est-il porté candidat ? Toujours est-il qu’ Augustin Bonrepaux vient d’être nommé « Rapporteur » d’une « Mission d’information sur le coût administratif de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ». « La commission des Finances, de l'économie générale et du plan a nommé, en application de l'article 57 de la LOLF : - M. Augustin Bonrepaux, Rapporteur sur le coût administratif de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées.» Vaste programme.

Juge et partie mais impartial, Bonrepaux est très fort

Il est bon pour cerner l’impartialité du personnage de rappeler que le Président du Conseil Général de l’Ariège est aussi un des bailleurs de fonds de l’ASPAP, une association qu’il a porté sur les fonds baptismaux et qui lutte ouvertement contre la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées :

  • L’ASPAP a pour objet (entre autres) de « s’opposer à toutes les mesures antagonistes au pastoralisme (grands prédateurs entre autres ours, loups, lynx). »
    (article 2 des statuts de l'ASPAP)
  • L’ASPAP a pris soin de mettre dans ses statuts un texte inhabituel pour une association afin de se protéger de la violence de ses membres. Cet extrait prouve s’il en est encore besoin que les « débordements » étaient prévus dès la naissance de l’ASPAP : « L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association. » Des dérapages qui n’ont pas tardés à se produire.
  • Augustin Bonrepaux n’a pas que des bons souvenirs à Arbas, siège de l’ADET : couché au milieu de la route d’Arbas, Augustin Bonrepaux a essayé d’empêcher l’arrivée sur son lieu de lâcher de la première ourse (Palouma). Il a été emporté manu militari par les forces de l’ordre.
  • Augustin Bonrepaux a soutenu les manifestations violentes des anti-ours à Arbas.

Augustin Bonrepaux est clairement juge et partie dans le dossier ours. Après avoir laissé sous-entendre que l' ours slovène pouvait être porteur du virus H5N1 de la grippe aviaire, sa mission a toute les chances de tourner à la totale désinformation, ce qui n’est pas une surprise au vu de ses déclarations antérieures. D'autres ont aussi dit que les ours slovènes étaient radioactifs ! Sauf Balou pendant quelques semaines !

Via les comptes de l'ADET, c'est Nelly Olin qui est visée

Le « rapporteur » a donc pris rendez-vous avec François Arcangeli, Président de l’ADET et maire d’Arbas pour retirer les comptes de l’association qui gère la réintroduction en Pyrénées Centrales. François Arcangeli, absent à cette date, tient absolument à accueillir « en personne » le député qui a soutenu ouvertement les membres de l’ASPAP qui sont venus saccager sa mairie et à lui remettre les documents « en main propre ». La DIREN à informé l’ADET qu’elle devait mettre à disposition d’Augustin Bonrepaux 10 années de comptabilité.

Nul doute que le député-président anti-ours et ex braconnier fera un bon usage de ces documents et qu’il mettra tout le zèle nécessaire pour éplucher les  comptes de l’ADET. Nul doute aussi que ce travail effectué par Augustin Bonrepaux, un opposant notoire, juge et partie sera tout sauf objectif. Voilà une mission de désinformation savamment orchestrée.

Alain Reynes, directeur de l’ADET a signalé que "les comptes de l'Association sont disponibles, que l’ADET n’a rien a cacher et que cette démarche était à rapprocher de l’enquête en cours sur les comptes de l’IPHB".  En fin de compte, c’est bien Nelly Olin qui est visée.

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