Palouma: des coïncidences troublantes

Par Baudouin de Menten

Génération écologie demande une enquête

Le mouvement Génération Ecologie a fait part de son «inquiétude» après la mort dans les Hautes-Pyrénées de l'ourse slovène Palouma, et demandé une commission d'enquête sur ses causes.

«Soit l'ourse (...) a fait un faux mouvement en explorant une zone inconnue pour elle, soit elle a été poussée vers cette zone par des malveillants qui la pourchassaient et l'ont acculée à se réfugier dans cette falaise pour échapper à ses poursuivants», affirme Génération Ecologie.

«Dans le premier cas, il s'agit d'un accident naturel et dans le second cas d'un attentat pur et simple", poursuit le mouvement, qui demande "une commission d'enquête, compte tenu des incertitudes qui pèsent sur cette mort du plantigrade»

Les ours slovènes ne sont pas adaptés à l’altitude

Montagnes de SlovénieMontagnes de Slovénie

De son côté, l’ASPAP compte bien tirer profit de la mort de Palouma. Stéphane Lessieux, porte parole de l’ASPAP a déclaré : «Si l'hypothèse de la mort accidentelle est la bonne, cela confirme que la présence de l'ours slovène, peu adapté à nos altitudes pyrénéennes, est une erreur», estime l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées, qui s'oppose au plan. «Les pouvoirs publics, par méconnaissance, ont envoyé cet animal au  casse-pipe  et sont responsables».

Un éleveur a déclaré : «Si l'ours avait été tué par un opposant, il y aurait eu un tollé et on aurait recherché les responsables»,  a-t-il poursuivi. «Faire venir des ours slovènes au nom de l'écologie et de la biodiversité est une erreur et un non-sens», a conclu Stéphane Lessieux.

Des menaces claires de la part des éleveurs

La République des Pyrénées 31 juillet 2006 (à propos de la battue contre Franska)
Le week-end prochain, ils [Les éleveurs] ont l’intention d’allumer à nouveau les mèches des pétards pour «renvoyer Franska à Bagnères». Uniquement des pétards ? «Les gars ne sont pas stupides, ils ne vont pas se balader avec un fusil en plein été. Mais dans un mois et demi, la chasse sera à nouveau ouverte et on ne sait pas ce qui peut se passer

Sud-Ouest 6 août 2006
Et ils [les bergers] se font menaçants : «Pour le moment, nous effrayons Franska avec des pétards, et nous sommes obligés de calmer des bergers qui parlent de monter avec des fusils», avertit l'un d'eux. Tant que l'ourse n'aura pas quitté la vallée, les éleveurs assurent qu'ils ne désarmeront pas.

Sud-Ouest 23 août 2006
Philippe Lacube assure vouloir continuer le combat d '«une autre façon». «Nous n'allons plus manifester pour risquer de passer au tribunal. On n'a pas voulu nous entendre, très bien; nous agirons sur le terrain en prenant nos responsabilités. Il serait illusoire de croire que l'affaire est classée et que nous nous inclinons. Le seul axe de négociation possible pour sortir du conflit est de regrouper tous les ours dans trois ou quatre vallées comme Orlu chez nous, en les enfermant dans de grands parcs clôturés de 8 000 hectares. On n'en est plus à ça près, au point de vue budget. Les laisser libres sur toute la chaîne est impossible. Les Pyrénéens l'empêcheront

La Dépêche-du-Midi, 23 août
Bernard Moules secrétaire général de la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles de Midi-Pyrénées aviat prévenu le 22 août : «Je ne sais pas aujourd’hui comment nous allons réussir à contenir leur colère. Ça va être difficile».

L'étrange mort de Palouma titre La Dépêche du MidiDes coïncidences troublantes qui font titrer la Dépêche du Midi ce 27 août: «L'étrange mort de l'ourse Palouma». Tant que la justice laissera faire, les éleveurs se croiront intouchables et les ours seront en danger.

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