Jean Lassalle: La politique du singe

Trois extraits différents qui parlent de Jean Lassalle et de ses pratiques politiques.

Maître Eolas est avocat. Dans un passage d'une note de son blog intitulée « La loi DADVSI commentée » il dénonce le lobbying politique de Jean Lassalle lors de sa grêve de la faim dans l'affaire Toyal puis donne un lien vers une fable ma foi assez gouteuse. Citation.

Maître Eolas : « Le lobbying (l’influençage en jargon francophone) est légal et encadré à Bruxelles et la commission est demanderesse de tout avis motivé et informations techniques, ce qui, au passage rend le processus législatif européen bien plus démocratique que ce qu’on veut bien dire, et même oserais-je, sans doute que le nôtre, où les lobbies n’ont aucune existence légale, même quand ils s’installent à côté de l’hémicycle, dans la salle des quatre colonnes… »

Lassalle_4_collones_2«Lire absolument chez Diner's room, une désopilante fable, Le singe, la fourmi, le héron et le rat. Désopilante car comme toutes les fables, elle est inventée et totalement imaginaire. Jamais on ne verrait une telle pantalonnade dans un pays civilisé, un Etat de droit!

Décidément, après le théâtre, voici que les blogues ressuscitent la poésie. Qui a dit que l'internet était le domaine de la médiocrité, de la haine et de la calomnie ?  »

Maître Eolas
Avocat

Le singe, la fourmi, le héron et le rat

Jules - source : Diner's room

Un singe passait en sa province
Pour un compère honorable.
Il s'y fit nommer prince,
Ce qui le rendait admirable.

- Qui mieux que lui saura défendre
Au Conseil du Roi, nos abbatiales,
Nos villages, nos herbes tendres.
Qu'on le députe en capitale.

Et voici maître singe dans l'hémicycle.
Où l'on fait des pandectes,
Où l'on examine des articles,
Il y chansonne en dialecte

Mais une clameur le rappelle.
En son pays, on crie à l'aventure.
On craint pour une certaine manufacture,
fourmilière et prospère citadelle.

Son légitime propriétaire
Venu de Turquie, des Indes, ou de plus loin encore,
En fomente dit-on, la fuite arbitraire,
Vers une autre terre, une autre faune, une autre flore.

Or la fourmi, chacun le sait,
Fait savante industrie de minerais.
Elle ouvre bientôt une succursale
A vingt lieues de l'établissement principal.

Il en va ainsi de tous les voisinages.
Ils sont ailleurs, pourtant si proches.
- Foin du commerce les lois sauvages !
Nul insecte n'entendra le son d'autres cloches.

Halte là, Monsieur de la fourmi, vos mystères,
Vous entendez quitter nos cieux,
Mais on n'abandonne pas sans manière
Le sol de nos pères et de nos aïeux.

La fourmi proteste de sa bonne foi,
Invoque le respect de toutes les lois.
Sur son honneur elle s'engage
à demeurer au lieu de son premier arrivage.

- C'est assez, s'emporte notre légat.
Vous jurez ; je ne vous crois pas.
Foi de député, vous garderez ici.
Notre richesse et votre industrie.

- A la bonne heure, rétorque l'irrévérencieux.
Vous me tenez en suspicion.
Mais apprenez, Monsieur le fâcheux,
Que la loi protège mon institution.

La chose est entendue,
Mais le singe se rebelle,
A toutes les autorités, il en appelle
Pour que les promesses soient tenues.

Il jeûnera donc sans cesse ni fin,
Jusqu'à ce qu'on lui donne garantie
Par le sceptre, le sceau, et l'écrit.
Il escompte de sa requête un meilleur destin.

Sans désemparer il s'alite dans la galerie
Où les députés tiennent basse-cour.
Et devant force volailles et sa confrérie,
Il refuse toute chère pendant des jours.

On admire sa vaillance, on loue son coeur,
Mais le Royaume a l'esprit ailleurs.
Une fronde d'oisillons pépille contre un décret.
Le jugeant inique, elle en veut le retrait.

L'auteur du décret est un héron
Au plumage magnifique, au ramage majestueux.
De l'intelligence il se croit le fleuron.
- Je ne céderai pas, assure-t-il, présomptueux.

Mais la querelle a raison de son courage.
Et de plier par senatus-consulte.
Oisillons et éléphants exultent,
Tout comme la poule, volaille volage.

La voici désormais diserte
Au sujet de notre singe qui s'éteint.
Elle caquette tant et si bien
que tout le monde s'en alerte.

Le héron a l'oreille du Cheval, le souverain.
Il doit faire oublier sa retraite
Et la faiblesse de son âme d'airain.
Il compte ainsi tromper une colère insatisfaite.

Le Rat tient le héron en rival
Il ne faudrait pas que celui-ci seul profite
De cette affaire orientale.
Pour lui, elle est bénite.

Héron et Rat font donner leur garde,
En appellent aux alliances, à la cocarde.
On convoque et son consul et la fourmi.
Il s'agit de ne point bâtir autre logis.

Si bien qu'à la fin elle renonce.
On ne l'y reprendra pas.
C'est le cheval qui l'annonce
Au singe qui triomphe sans débat.

Prince ici, mendiant là-bas.
Il n'est nul besoin de sacrifice.
Rien ne vaut pour satisfaire son caprice
Que d'aiguiser l'appétit des rois

Jules
samedi 15 avril 2006
Diner's room (La salle à manger, celà ne s'invente pas!)

« Au-delà des châtaigniers, il y a le monde, et le monde...
on n'en veut pas chez nous.»
 

Autre extrait, toujours sur Jean Lassalle: Denys Bergrave dans «Jenseits der Kastanien» explique qu' « Au-delà des châtaigniers, il y a le monde, et le monde, on n'en veut pas chez nous.»  Denys Bergrave décripte simplement le message de Jean Lassalle.

« Les investisseurs qui ne sont pas en mesure de garantir, comme seul, pour l'instant, sait le faire l'État français, un emploi à conditions immuables, du berceau à la tombe, sur le lieu même de leur implantation, et pas quarante-sept kilomètres plus loin, feraient mieux, pour créer leurs postes au rabais, d'oublier les Pyrénées. Il se pourrait même que, pour ce qu'ils ont à offrir, dans la campagne française, voire dans la France tout court, ils ne soient pas les bienvenus. »

« On se croit courageux alors qu'on est seulement lâche,
voire même, au bout de l'impuissance.»

L'auteur du blog Dirtydenys poursuit dans une longue phrase peu adaptée au web, mais bien tournée :

« Lassalle montre tout : un système politique purement clientéliste, nourrit par la position clé du député-maire, monté à Paris pour arracher des bribes d'avantages au profit des habitants de son bled, et au détriment de ceux des bleds des autres, devenu, avec une économie désormais affranchie du pouvoir d'État, totalement inefficient, le poids écrasant, au travers d'un découpage électoral conçu pour la favoriser, d'une ruralité morte, le refus, radicalement à l'opposé de l'abnégation d'un Popina Mai, du plus minime effort d'adaptation, effort que l'on préfère rejeter dans l'ordre du moralement inacceptable, puisqu'il est imposé par une contrainte externe et oblige à changer sa manière de penser, refus grâce auquel, avec complaisance, on se croit courageux alors qu'on est seulement lâche, voire même, au bout de l'impuissance, l'incapacité du parti au pouvoir à imposer un semblant de discipline à ses propres troupes

Je vous invite à lire l'intégralité de «Jenseits der Kastanien».

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