Deux loups tués en Isère: réactions

Deux loups ont été abattus jeudi soir en Isère, sur le territoire des communes d'Allevard, de Pinsot et de la Chapelle du Bard, les réactions ne se sont pas fait attendre pour condamner cette action. Les organisations écologistes estiment toutes que le tir de deux loups était illégale.

Selon un bilan de la FDSEA de l’Isère, le loup a tué :

  • 2 785 bêtes, dont 10 bovins, ans les ALpes en 2004
  • 3 655 bêtes, dont 50 bovins, dans les Alpes en 2005

Plan loups : 6 loups au programme des tirs

Le tir d’un maximum de six loups dans neuf départements du Sud-Est de la France, dont l’Isère, a été autorisé par un arrêté des ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie, publié le 1er juin au Journal Officiel. Ces «prélèvements sur la population des loups» peuvent intervenir dans la mesure où «il est nécessaire de prévenir des dommages importants aux élevages» et où «il n’existe pas d’autre solution satisfaisante», précise l’arrêté. Malgré celà, les éleveurs ne décolèrent pas.

Un arrêté autorisant le tir d'un seul loup

Le 22 août, le préfet de l’Isère avait pris un arrêté autorisant à tuer un loup dans le massif de Belledonne, au dessus d’Allevard, en Isère, où des troupeaux ont subi plusieurs attaques malgré des mesures de protection mises en place par l’éleveur. Pour justifier son arrêté, le préfet avait indiqué que «depuis le mois de juillet, six attaques ont fait l’objet de constats dressés par des agents assermentés et 21 moutons ont été tués».

l'ASPAS déboutée

Des lieutenants de louveterie et des gardes assermentés étaient chargés de cette intervention à proximité des troupeaux ayant fait l’objet d’attaques. Le tribunal administratif de Grenoble a débouté jeudi l’association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) qui avait attaqué l’arrêté du préfet de l’Isère.

L’avocat de l’Aspas, Me Benoît Candon, avait estimé, lors de l’audience, que l’éleveur avait seulement 2 chiens patous pour protéger 3500 brebis et que c’était insuffisant. Mais Yves Tachker avait au contraire fait valoir qu’il y avait 7 bergers ou aide-bergers avec ce troupeau et que l’éleveur avait pris des mesures sérieuses de protection.

Réactions

ASPAS

Selon le Plan Loup 2006, toute traque doit être suspendue dès la destruction d'un individu. Or hier, deux loups ont été tués simultanément. De plus, d'après le suivi hivernal de l'ONCFS, l'effectif minimum résidant était de deux loups dans le massif de Belledonne. Aujourd'hui, il n'en reste donc plus aucun. L'ASPAS examinera la suite à donner à cette «bavure» après avoir pris connaissance du compte-rendu détaillé de l'opération sur le terrain demandé auprès du Préfet.

C'est ce même Préfet, qui en prenant cet arrêté, a cédé aux pressions de J. Jouffrey. Rappelons que cet éleveur s'était vanté, en 2000, d'avoir tué un loup sans être nullement jugé. Une fois de plus, l'Etat, par ce tir doublé, le conforte dans sa position d'anti-loup primaire, alors même que l'ASPAS ne cesse de dénoncer, l'insuffisance des mesures de protection mises en place, eu égard à la taille «industrielle» de son troupeau : 3500 bêtes.

FERUS

L'association Ferus qui milite pour la défense du loup, de l'ours et du lynx en France dénonce également cet abattage qualifiée de «grosse bavure de l'Etat» et demande «qu'aucun tir ne soit plus autorisé dans le département de l'Isère pour au moins trois ans». «Le protocole 2006 ne prévoit le tir d'un second animal dans la même zone que dans des circonstances bien précises (délai de 3 semaines, nouvelle attaque) qui n'ont pas été respectées», souligne l'association FERUS qui porte plainte contre l'ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage) pour «destruction illégale d'espèce protégée».

France Nature Environnement

Dès le 4 septembre, France Nature Environnement «a déféré l'arrêté préfectoral autorisant le tir devant le tribunal administratif car ce troupeau était insuffisamment protégé et n'entrait pas dans le cadre théorique du protocole qui ne permet un tir que lorsque les moyens de prévention ont réellement été mis en place. En l'occurrence, seuls deux chiens patous (qui représentent, avec la présence humaine, la clef de voûte de la prévention) assuraient la protection de cet énorme troupeau qui, de plus, était divisé en trois lots de pâturage.» France Nature Environnement juge que les conditions dans lesquelles ces deux loups ont été abattus sont «absolument scandaleuses

«Matériellement, il est clair que deux chiens sont dans l'incapacité d'assurer la protection de trois troupeaux distincts de 1500 brebis chacun. Des fonds conséquents sont pourtant spécifiquement dégagés pour la protection des troupeaux et, l'éleveur concerné a passé un contrat avec l'Etat. Nous posons donc la question: à quoi sert cet argent ? Comment se fait-il que les autres troupeaux du massif n'enregistrent que peu ou pas d'attaques : seraient-ils, eux, correctement protégés ?»

De plus, pour France Nature Environnement «l'arrêté interministériel stipule expressément que le tir d'un loup suspend immédiatement les opérations de prélèvement. Dans le cas de Belledonne, de deux choses l'une : ou cette disposition a été délibérément ignorée, ou l'Etat a été incapable d'encadrer strictement les opérations de tirs

«Ces tirs portent à quatre le nombre de loups abattus en Isère en deux ans dans le cadre du protocole (un tir le 2-9-05 en Valdaine, un autre le 27-10-04 dans le massif du Taillefer). Rappelons que, selon les suivis hivernaux, la meute présente sur le massif de Belledonne est passée de 8 à 3 individus suite à des actes de braconnage de notoriété publique. FNE pose donc la question suivante: le compte à rebours des loups isérois est-il commencé ?»

«Et que va-t-il se passer l'été prochain ? Tout porte à croire que le troupeau en question, étant insuffisamment protégé, connaîtra de nouvelles attaques. Cet alpage va-t-il se transformer en puit à loups ? C'est ce qui risque de se passer si le problème n'est pas traité, logiquement, à la source : en mettant en place les moyens de prévention nécessaires pour permettre une coexistence entre grands prédateurs et pastoralisme » ajoute France Nature Environnement.

AVES France

Deux loups abattus en Isère - Malgré les protestations d'AVES auprès de la préfecture de l’Isère qui avait autorisé le tir dans le cadre du plan loup 2006 sur le massif de Belledonne, deux loup viennent d’être abattus. Deux loups, un mâle et une jeune femelle, ont donc été tués jeudi matin. Yves Tachker, le directeur départemental de l’Agriculture et de la Forêt de l’Isère, explique qu’ «Un tireur posté n’a pas entendu qu’un autre tireur venait déjà de tuer un loup, c’est pourquoi deux loups ont été abattus» vers 8h30.

AVES FRANCE par la voix de Christophe CORET, Président de l’association
avait envoyé un courrier de protestation au préfet de l’Isère et l’ASPAS avait attaqué son arrêté. Mais le tribunal administratif de Grenoble les a débouté jeudi, prétextant que l’éleveur concerné par les prédations avait mis en place des moyens de protection. Or, le troupeau attaqué est composé de 3500 têtes.

AVES FRANCE posait donc la question de la gestion des troupeaux d’une telle taille! 2 chiens et la présence de bergers ne sont évidemment pas suffisants.
Bientôt, les brebis auront tout l’espace nécessaire pour vivre en paix, quand on aura erradiqué tous les loups.

Les brebis dans la montagne et encore deux loups au tapis !

FRAPNA

Tirs de loups : l'Isère se distingue sinistrement - Deux loups viennent d’être abattus sur le massif de Belledonne dans le cadre du protocole de tir ministériel et dans des conditions que la FRAPNA et sa fédération nationale France Nature Environnement jugent absolument scandaleuses. Ces loups ont été tirés suite à des attaques occasionnant la perte de 21 brebis sur un gros troupeau (3500 brebis) transhumant sur ce massif.

Seuls deux chiens patous (qui représentent, avec la présence humaine, la clef de voûte de la prévention) assuraient la protection de cet énorme troupeau qui, de plus, était divisé en trois lots de pâturage. Il est clair que le troupeau n’était pas suffisamment protégé, malgré les fonds conséquents alloués pour ce type de protection. Nous posons donc la question : à quoi sert cet argent ? Comment se fait-il que les autres troupeaux du massif n’enregistrent que peu ou pas d’attaques : seraient-ils, eux, correctement protégés ?

De plus, l'arrêté interministériel stipule expressément que le tir d'un loup suspend immédiatement les opérations de prélèvement. Dans le cas de Belledonne, de deux choses l'une : ou cette disposition a été délibérément ignorée, ou l'Etat a été incapable d'encadrer strictement les opérations de tirs.

Le résultat est là : ces tirs portent à quatre le nombre de loups abattus en Isère en deux ans dans le cadre du protocole (un tir le 2-9-05 en Valdaine, un autre le 27-10-04 dans le massif du Taillefer). Rappelons que, selon les suivis hivernaux, la meute présente sur le massif de Belledonne est passée de 8 à 3 individus suite à des actes de braconnage de notoriété publique. FNE et la FRAPNA posent donc la question suivante : le compte à rebours des loups isérois est-il commencé ?

Et que va-t-il se passer l’été prochain ? Tout porte à croire que le troupeau en question, étant insuffisamment protégé, connaîtra de nouvelles attaques. Cet alpage va-t-il se transformer en puit à loups ? C’est ce qui risque de se passer si le problème n’est pas traité, logiquement, à la source : en mettant en place les moyens de prévention nécessaires pour permettre une coexistence entre grands prédateurs et pastoralisme.

FERUS - contact
FRAPNA Isère - Séverine Grosjean - Tél. :          04 76 42 98 49      
ASPAS - e-mail - ASPAS BP 505 - 26401 Crest cedex, France - Tél          04 75 25 10 00      

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