Le Dérapage du Midi

Tentatives de remboursement: après les moutons, les veaux !

Ariège. Un éleveur chercherait à se faire indemniser huit jeunes bovins morts pour une cause encore inconnue dans le massif de l'Aston. Puisque en cas de doute, cela passe pour les brebis, pourquoi ne pas essayer avec les veaux. L'ours a bon dos.

La Dépêche du midi, dans son édition de ce matin publie un article rempli de conditionnels. Malgré qu'ils publient l'avis des représentants du comité de suivi qui ne reconnaissent pas une attaque d'ours, le titre de la Dépêche ne laisse guère de doute : «Après les moutons, les veaux.» Oui après le remboursement des moutons, les éleveurs essaient de se faire rembourser les veaux sur le dos de l'ours. En effet…

Une multitude de conditionnels

  1. « ...Un ours aurait tué huit jeunes bovins…»
  2. « ... Après l’attaque qu’aurait subie jeudi un troupeaux…»
  3. «Selon Philippe Lacube, porte-parole de l'association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées – ASPAP - [dont on connait l’implication personnelle dans la lutte anti-ours. Ce n’est donc pas une source neutre] huit bovins auraient été tués.» [même lui n’ose rien affirmer].
  4. «Après que l’ours, peut-être Boutxy [peut-être, il n'en sait rien], eut semé la panique…» [pas sûr non plus!]

Les experts sont pourtant formels

Et la Dépêche raconte l’intervention des experts...

«Les représentants du Comité de suivi se sont rendus sur place, une première fois vendredi, mais aussi samedi et dans la journée d'hier, pour conclure que ce massacre ne pouvait être l'œuvre du plantigrade.» Trois fois: ils ont pris leur boulot au sérieux et sont revenus trois fois sur place!

Après 3 études, le Comité de suivi affirme d'une manière claire, sans exprimer de doutes, et visiblement réfléchie: «ce massacre ne pouvait être l'œuvre du plantigrade.» CE N’EST PAS L’OURS (Je parle fort pour la Dépêche!) et ils rajoutent : «Nous n'avons trouvé aucune trace de prédation, ni coups de grippe, ni hématomes, ni perforations», souligne Pierre-Yves Quénette, du comité.

La prudence des experts, la réponse viendra des vétérinaires

Cherchant une réponse à cette énigme, le Comité de suivi devient prudent quand il s'agit de soulever une hypothèse : Cependant, «les experts auraient relevé des traces d'hémorragie qui pourraient laisser penser à autre chose», ajoute M. Quenette qui rappelle «que les experts ne sont pas formés pour identifier les causes de la mort».

Les experts «en ours» ont donc décelé une anomalie sur ces veaux morts et n’étant pas vétérinaires – ils reconnaissent en bons professionnels leurs limites - ils ne sont pas habilités à identifier la cause de la mort. La réponse viendra donc des vétérinaires qui diront si une maladie, peut-être contagieuse, vu le nombre de victimes, à touché ce troupeau.

D’un côté l’éleveur et Philippe Lacube ne sont sur de rien, ni pourquoi les veaux sont morts, ni même si c’est un ours. De l’autres les experts sont formels.

Le but de la manoeuvre: dénigrer le Comité de suivi et charger le compteur des ours

Malgré cela la Dépêche en fait un grand titre et charge l’ours au conditionnel. Je continue à penser comme je l’affirmais hier dans «Après la mort de Palouma: Franska, la nouvelle cible» que  «Si le prédateur est mis hors cause, l’éleveur peut alors critiquer celui qui juge l'origine de la mort des brebis et déclarer que le gouvernement cherche à diminuer l’impact des prédateurs sur le pastoralisme. C’est ainsi qu’on dénonce ceux qui doivent établir la véracité des déclarations [NDLB: Le Comité de suivi]: Ils sont trop proche des institutions ou organismes chargés du renforcement de la population d'ours dans les Pyrénées. Cela permet aussi de se plaindre des mauvais remboursements, des dégâts collatéraux colossaux, pas bien remboursés et d’espérer de nouvelles subventions. »

Il s’agirait donc d’une manœuvre destinée à décrédibiliser le comité de suivi. Manœuvre que la Dépêche du Midi accompagne et amplifie par son titre racoleur. Une stratégie globale pour toucher plus de prîmes, et charger le compteur des ours. Plus le compteur individuel de chaque ours sera chargé, plus les opposants pourront «exiger le retrait» des ours à problèmes.

La Dépêche du Midi: Faute ou naïveté?

Tous les moyens sont bons pour se débarrasser des ours. La Dépêche :

  • au mieux, si on met cela sur le compte de la naïveté ne se rend pas compte qu’elle est manipulée,
  • au pire si  J. M.-D. (qui signe l’article?) est parfaitement au courant que son information ne repose sur rien se rend coupable d’une désinformation complète pour épauler le militant anti-ours Philippe Lacube et l’ASPAP.

Les professeurs de journalisme ne doivent pas en croire leurs yeux. Une fois de plus, la Dépêche pêche par le manque de professionnalisme et d’objectivité de son journaliste. Qu’en on a rien à dire de crédible sur un sujet, on la ferme. (Celà me fait penser à un sketch de Coluche, mais j'ai un trou...).

Quel est la part d'information dans ce brouillon?

La vraie information est la suivante :

  1. Huit jeunes bovins sont tués et quatres sont déclarés disparus par l’éleveur.
  2. L’équipe de suivi est venus 3 jours de suite analyser les carcasses et les lieux et n’a pas trouvé de signe de prédation ni de trace d’ours. N’étant pas habilité à dire de quoi les veaux sont morts, c’est aux vétérinaires de déclarer pourquoi ces huits veaux sont morts.

Le reste n’est que conjectures et manipulation.

Et maintenant, le show …

Qui te rend si hardi de troubler mon broutage? «Le climat est d'autant plus exacerbé qu'en juillet, trois attaques d'ovins ont été authentifiées dans cette montagne. Depuis, les éleveurs ont retiré leurs brebis, ce qui explique, selon eux, que l'ours s'en prenne aujourd'hui à des veaux.»  Le journaliste hésite visiblement entre «Faute de grives on mange du merle» ou «Si ce n’est lui, c’est donc son frère.» ou même encore «Il n'y a pas de fumée sans feu.» Que voilà du travail qu'il est bon. Des grands classiques au secours d'une manipulation.

La Dépêche poursuit: «Interrogé hier, Jean Lassalle, maire d'Aston, n'a pas directement suivi les dernières péripéties, mais veut rencontrer le préfet pour l'attribution d'indemnisations : « Ces bêtes venaient d'être vendues. C'est une perte pour cet éleveur », indique-t-il.» Il y a donc deux Jean Lassalle ? Misère, et moi qui critique le premier. Mille excuses Monsieur, à l’avenir je préciserai toujours de qui je parle! De l'autre, du Don Quichotte béarnais! Rien à redire à ces déclarations. Ce monsieur dit vrai et fait preuve d’une prudence qui l’honore.

Vient ensuite un petit couplet sur les vautours. Ces oiseaux font leur métier. Ils découvrent des carcasses, appellent les copains et nettoient la montagne. Sans eux, les Pyrénées avec les 20 000 brebis qui y meurent chaque année seraient une chaine puante et les bergers devraient au mieux conduire les cadavres aux endroits prévus pour les traiter, au pire, les éparpiller dans les buissons, les falaises ou les grottes.

Pas une bribe d’info supplémentaire. Qui est surpris que les vautours sont attirés par des carcasses ? Heureusement qu’ils sont là!

Et malgré cette pleine page de non information, pleines de doutes, de conditionnels et d’affirmations claires qui affirment que l’ours n’y est pour rien, le journaliste J.M.D. termine son mauvais papier par : «Excédés, les opposants à l'ours ont décidé de manifester ce mardi, à 15h30, devant la préfecture de Foix.».

Mauvaise foi

Lamentable travail qui n'a rien de journalistique de la Dépêche du Midi. Qui va remonter les bretelles à ce journaliste de pacotille et à son supérieur qui le laisse publier un papier aussi mal ficelé.

Faut-il encore convaincre quelqu’un que ce journal quand il parle de l’ours est absolement non crédible et bourré de mauvaise foi ? Faut-il encore convaincre quelqu’un que les opposants et Philippe Lacube sont prêt à toutes les manipulations pour faire disparaître a tout jamais les ours dans les Pyrénées?

Vite les vétérinaires !

Maintenant, il nous reste à attendre l’avis des vétérinaires et l’annonce des conclusions de leurs observations. S’il s’agit d’une maladie, je parie que cela ne fera qu’une ligne en page intérieure de la Dépêche du Midi. Et les opposants auront été beugler comme des veaux devant la préfecture de Foix. Il en restera toujours quelques choses. La crédibilité du pastoralisme est aussi grande que l’espérance de vie de ces pauvres veaux. Pour ce papier, mon titre à moi: Tentatives de remboursement, après les moutons, les veaux.

Douce France, j’ai envie de vômir.

Pour Lourdes-Infos, La Dépêche c'est de l'eau bénite

Et oui, malheureusement il y a encore plus mauvais que La Dépêche du Midi. Pour Lourdes-Infos et son journaliste qui ne signe pas cette dépêche encore plus ridicule, que dis-je, exemplaire: les conditionnels prudents qu'affichait La Dépêche-du-Midi sont atomisés et remplacés par des affirmations tapageuses.

Encore plus fort que Palouma: l'autopsie selon Louis Dollo. C'est bien simple, je n'ai pas besoin de rajouter de commentaire, lisez vous même: la stratégie dénoncée par la Buvette est écrite ici noir sur blanc...

Rassemblement anti-ours à Foix

Communiqué de l'ASPAP : "Suite aux dernières attaques des ours sur les troupeaux en estive, l'ASPAP (Association de Sauvegarde du Patrimoine Ariège-Pyrénées) organise un rassemblement devant la préfecture de Foix, ce mardi 5 septembre à 14h30.

La dernière attaque enregistrée à ce jour a notamment suscité beaucoup d'émotion : En Haute Vallée d'Ariège (estive de Calvière - vallée d'Aston), le 30 août, 8 veaux ont été tués lors d'une violente attaque ; par ailleurs, 4 veaux sont toujours portés disparus. Le mépris de l'équipe technique ours, qui refuse d'attribuer ce drame au passage évident de l'ours, contribue au désespoir des exploitants concernés.

Lors de ce rassemblement, nous entendons soutenir ces éleveurs et poursuivre les démarches auprès de l'Etat afin que le préjudice soit indemnisé comme il se doit.

Ce jour-là, nous comptons sur la rencontre prévue avec le préfet de l'Ariège pour que l'administration reconnaisse la responsabilité de l'ours. Cette journée sera aussi l'occasion de faire un point sur la problématique de l'ours: les attaques sur bovins sont de plus en plus fréquentes et meurtrières. Nous rappelons qu'il n'existe aucune mesure de protection des troupeaux bovins et équins contre les prédateurs. Est-ce pour cela que l'Etat, contre toute évidence, a du mal à admettre les attaques sur ce type de troupeaux ?

L'ours belge exagère dira encore Louis Dollo, cet opposant notoire qui me traite de terroriste intellectuel écologiste et menace La Buvette des alpages de procès en diffamation.

Si vous avez encore le courage de lire ce bel article de la Dépêche du Midi à l'origine de cette bafouille...

ARIÈGE. UN OURS AURAIT TUÉ HUIT JEUNES BOVINS DANS LE MASSIF D'ASTON. MAIS LE COMITÉ DE SUIVI N'A RELEVÉ AUCUNE TRACE... 

Après les moutons, les veaux

Après les brebis, les veaux ? C'est bien ce que redoutent les éleveurs après l'attaque qu'aurait subie jeudi un troupeau de veaux qui paissaient dans la vallée de Calvière, dans le massif de l'Aston, au-dessus des Cabannes (09). Selon Philippe Lacube, porte-parole de l'association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), huit bovins auraient été tués et quatre autres portés disparus après que l'ours, peut-être Boutxy, eut semé la panique dans ce cheptel. Les représentants du Comité de suivi se sont rendus sur place, une première fois vendredi, mais aussi samedi et dans la journée d'hier, pour conclure que ce massacre ne pouvait être l'œuvre du plantigrade.

PAS DE PRÉDATION

«Nous n'avons trouvé aucune trace de prédation, ni coups de grippe, ni hématomes, ni perforations», souligne Pierre-Yves Quénette, du comité. Cependant, «les experts auraient relevé des traces d'hémorragie qui pourraient laisser penser à autre chose», ajoute M. Quenette qui rappelle que «les experts ne sont pas formés pour identifier les causes de la mort».

Le climat est d'autant plus exacerbé qu'en juillet, trois attaques d'ovins ont été authentifiées dans cette montagne. Depuis, les éleveurs ont retiré leurs brebis, ce qui explique, selon eux, que l'ours s'en prenne aujourd'hui à des veaux.

Interrogé hier, Jean Lassalle, maire d'Aston, n'a pas directement suivi les dernières péripéties, mais veut rencontrer le préfet pour l'attribution d'indemnisations : «Ces bêtes venaient d'être vendues. C'est une perte pour cet éleveur», indique-t-il.

Il est un autre phénomène s observé plus que jamais après ces attaques : c'est la concentration de vautours (au moins deux cents) attirés par les cadavres, et dans le travail de dépeçage complique les expertises. C'est la présence de rapaces qui a d'ailleurs permis de localiser le bétail. «L'an passé déjà, 160 brebis avaient été décimées non loin. Il y avait tellement de vautours que l'hélicoptère du préfet n'avait pu atterrir», se souvient le maire. Excellent planeur, le vautour fauve prospecte en groupe de dix à cinquante individus.

Excédés, les opposants à l'ours ont décidé de manifester ce mardi, à 15h30, devant la préfecture de Foix.

Ce travail lamentable est l'oeuvre d'un certain J.-M. D. de la Dépêche du Midi

 

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