La fin de la guerre des moutons?

Après le flop ridicule des veaux d'Aston morts de la maladie du charbon et la tentatives des éleveurs de faire porter le chapeau à Boutxy, ceux qui désirent l'extinction de l'ours des Pyrénées continuent de vouloir la peau de l'ourse Franska. Faible mobilisation à la manifestation de Pau: 40 agriculteurs de la vallée de l'Ouzoum, ou ils organisent des chasses à l'ours.

La buvette titrait «Après la mort de Palouma: Franska, la nouvelle cible». Depuis la mort de Palouma, la stratégie des opposants se précise. Il faut éliminer l'ourse Franska. D'abord les éleveurs exagèrent les chiffres des dégâts, puis ils demandent le retrait de l'ourse Franska et la mise des ours en parcs. Une stratégie digne de la «guerre des boutons».

Faible motivation après le jugement des casseurs d'Arbas

Jean-Marc Prim, président de la commission montagne à la FDSEA  reconnait la faiblesse du nombre de manifestants et la justifie: «Dans l'état de nerf, de fatigue, d'exaspération, il n'était pas raisonnable de se mobiliser à 1 000 ou 2 000.»  La FDSEA craignait des dérapages, «comme à Arbas».

Plusieurs dizaines d'agriculteurs de montagne ont manifesté vendredi après-midi devant la préfecture de Pau (40 d'après Sud-Ouest), avec une trentaine de brebis pour exprimer leur «exaspération», après les attaques commises cet été sur leurs troupeaux par l'ourse slovène Franska, introduite fin avril.

D’après Corinne Eychenne, dans le dernier numéro de Pyrénées magazine consacré au pastoralisme: «Depuis 1972, le nombre d’ovins a augmenté de 80 % sur l’ensemble de la chaîne pour arriver au chiffre de 573000 et le nombre de bovins a augmenté également de 80 % pour arriver à 102000.» En même temps, le nombre d’éleveurs diminuait et les pratiques pastorales changeaient, c'est-à-dire nettement moins de bergers et peu de garde des troupeaux surtout en zone à viande. Donc plus de brebis et vaches et moins de personnes pour les conduire et les garder.»

L'importance de l'éxagération

Selon la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA), Franska serait responsable de la mort d'au moins 68 ovins, tandis qu'environ 190 autres bêtes auraient disparu durant l'été à la suite d'attaques dans la région située entre les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées où l'ourse d'origine slovène a élu domicile. Les chiffres les plus foux ont circulés tout l'été dans la bouche des opposants : 150, 200, 400 brebis. Lire "Divergences sur le chiffre des victimes causées par les ours" et "Gérard Caussimont : le mythe de l'ours des Pyrénées" pour bien comprendre l'importance de l'exagération dans la stratégie des anti-ours.

Parquer les ours

«Nous sommes là pour dire au préfet que si Franska reste là, ce sera la mort du pastoralisme dans cette région», a expliqué Henri Bies-Péré, président de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques, syndicat qui appelait au rassemblement.

Les éleveurs demandent que Franska soit recapturée et relâchée ailleurs, dans une zone où il n'y a pas de troupeau. Une délégation d'une dizaine de personnes a été reçue pendant environ deux heures par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Marc Cabane. «Il connaît le problème et son attitude a été compatissante », notait Henri Bies-Péré, le président de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques.

Les éleveurs lui ont été demandé de «mettre fin au comportement de la DIREN et du lobby écolo fait d'humiliations et d'insultes», mais aussi de «choisir entre l'ours et le pastoralisme». Ils proposent de «séparer physiquement les zones à ours et celles où l'agropastoralisme existe encore». Les éleveurs comptent sur la campagne électorale pour réveiller «l'intelligence politique» en menant d'autres «petites actions répétées». «On ne demande pas d'argent mais que l'Etat fasse son travail qui est d'assurer la sécurité. On a moins besoin de gardiens de brebis que de gardiens d'ours.»

Faire le tri dans les acteurs du pastoralisme

Le mot cohabitation ne fait pas partie du vocabulaire de ceux qui refusent de protéger leurs troupeaux. Qui est le plus en danger d’extinction: la population résiduelle d'ours des Pyrénées (une vingtaine) ou les brebis pyrénéennes (presque 600 milles têtes ovines)?

La buvette est pour la cohabitation. S'il faut choisir (comme le demande certains éleveurs pour qui toute chose doit être noire ou blanche) entre l'ours des Pyrénées et les éleveurs qui dans le pastoralisme pyrénéen :

  • refusent la cohabitation
  • abandonnent les troupeaux en estives, sans surveillance
  • refusent par principe les moyens de protection en grosse partie finançés,
  • font pression sur les éleveurs et les bergers plus souples avec l’ours
  • utilisent des méthodes violentes et de désinformation

et bien dans ce cas je choisis l’ours sans la moindre hésitation.

C'est à l'homme de s'adapter, pas à l'ours

Le monde va t-il tourner à l'envers? Les animaux sauvages dans des parcs et les animaux domestiques abandonnés dans la nature?

Il n’y a pas à choisir entre l’ours et les éleveurs qui acceptent de cohabiter. L’ours et le pastoralisme de bonne foi peuvent vivre sur la même montagne. La buvette propose la création de zones protégées pour les ours où l'habitat serait intégralement préservé. Il est possible de protéger efficacement les troupeaux en périphérie de ces zones. Le pastoralisme serait défendu dans le cadre d'un véritable contrat gagnant/gagnant.

Bernard Moules, leader syndical a tout faut quand il déclare que l'ours est un danger pour la biodiversité:

«C’est grâce au travail des anciens, des éleveurs et des bêtes et plus spécialement des brebis, que les paysages ont été forgés pour faire la beauté des Pyrénées. Si nous abandonnons les estives, qui va les entretenir pour éviter qu’elles ne se ferment avec de la forêt ?» avant de s'adresser aux escrolos: «Si vous continuez comme ça, il n’y aura plus de bêtes, plus d’hommes et vous aurez des montagnes mortes».

Et bien gardons des forêts pour les ours! Si une partie des estives en zone à ours sont abandonnées, la forêt pyrénéenne brûlée par des années de pratiques peu respectueuses se referméra en partie pour créer un vrai sanctuaire où la population ursine pourra enfin reprendre une courbe favorable à sa survie. Le patrimoine pyrénéen sera sauvegardé. La pratique du surpaturage qui donne une montagne pelée comme dans certains coin des Pyrénées Atlantiques est-elle la solution? C'est celà la montagne vivante?

Les Pyrénées ne seront pas moins belles avec des zones réservées pour les ours. Au contraire, les Pyrénées auront sû protéger le patrimoine qui les représente le mieux: l'ours. D'autre part protégons les brebis en estives et indemnisons convenablement les éleveurs qui se protègent et uniquement ceux-là, plus ceux qui refusent la cohabitation. Les ours seront vivants, le pastoralisme se portera mieux, la forêt se portera mieux, les écolos de salons seront réconciliés avec les éleveurs, l'Etat aura respecté ses devoirs.

Qu'on leur coupe les aides

Dans la Dépêche du 15/09 on peut lire : «Pas besoin de leur parler [les éleveurs] d'aides supplémentaires. Ces dernières sont « parisiennes» et ne correspondent pas aux philosophies du massif mises en place par tous les partenaires sociétaux des milieux concernés.» Et bien que les parisiens, les européens gardent leurs aides au pastoralisme. Les citoyens qui paient l'impôt se sont déjà fait plumer en finançant l'IPHB.

A trop vouloir le beurre et l'argent du beurre ; à critiquer len vrac, les parisiens, les touristes, les écolos, les randonneurs, les fonctionnaires, ceux de la ville, ceux de la plaine etc, les éleveurs vont se retrouver seuls. Et là, ils pourront se retourner vers leurs syndicalistes agricoles, vers les politiciens qui les ont poussés dans l'impasse. Mais Bonrepaux et Lassalle n'y sont sans doute pour rien ! Les lampistes paient, les chefs manipulent, la presse écrit ce que désire ceux qui achètent les espaces publicitaires, et les brebis brouttent.

Dans le pastoralisme, il faut retirer le bon grain de l'ivraie. Ce sera la fin de «la guerre des moutons» et les Pyrénées auront retrouvés leur vraie identité avec un patrimoine vivant.

Le résultat du refus de la concertation sur la réintroduction

«Le Ras-le-bol des bergers» titrait encore la Dépêche hier :«Trois éleveurs ont revendu leurs troupeaux et beaucoup parlent de ne plus retourner en estive

Pierre Arribe, un lecteur répond: «Voilà ce qui arrive quand on pratique la politique du pire. La réintroduction, tout le monde en parle depuis trente ans. Au lieu de prévenir et de préparer la cohabitation, les éleveurs et leurs syndicats n'ont rien voulu savoir. Résultat ? On peut mettre tout sur le compte de l'ours, ça ne mange pas de pain mais les véritables problèmes sont ailleurs. MM Moules et Prim, vous fanfaronniez voici deux ans refusant toute concertation. Vous êtes les premiers responsables si les éleveurs se trouvent aujourd'hui démunis

Baudouin de Menten

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