L'ASPP bientôt sur la toile?

ASPP - Marie-Louise Broueilh, chef de file de l’ASPP (L’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen) qui devient bizarement dans la nouvelle République "L'Association de défense pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen", a annoncé lors de l’amicale des maires du canton d’Argelès-Gazost (une grande réunion internationale) qu’elle aura en 2007 un « canal pour faire passer ses informations ». Marie-Louise Broueilh est une des figures de l’AOC Barèges-Gavarnie et maintenat de l'ASPP

Les ultras-pastoraux vont envahir le net

Internet entre dans les bergeries reculées des vallées pyrénéennes. Louis Dollo, chroniqueur pastoral à Lourdes-Infos l’avait promis : Les éleveurs et les opposants à la survie de la maigre population d’ours dans les Pyrénées allaient investir le net pour contrer les associations écologistes et autres sites persos ou blogs comme la buvette qui prônent la cohabitation. Cela ne pouvait plus dûrer, la « vérité » ultra-pastorale va donc envahir la toile et on va voir ce qu’on entend déjà.

Sites pastoraux : un inventaire décevant

Depuis la disparition du site pastoralisme-prédateurs, un site avec une galerie de photos de cadavres de brebis bouffées par des loups ou des ours (Il y a aussi un charnier bien gorre à la buvette), il est vrai que les opposants à la réintroduction des ours dans les Pyrénées et du loup communiquent plus en organisant des descentes musclées sur le village d’Arbas ou en troublant les lâchers et les marchés qu’en argumentant sur le Web. Que trouve-t-on en cherchant un peu ?

  • Le site piréniais (voir l'ours dans la bannière de la buvette, ci dessus) de Louis Dollo, centrale nationale de la désinformation anti-réintroduction. Proche de ossau.net, de Michel Mouret (avec qui il ouvre des groupes de discussion pour eux deux, en fait des usines à liens vers son site) et de la mairie de Bielle,  le maire Jean Baylaucq étant un opposant farouche et excessif.
  • Une page de téléchargement d’un essai poétique et dramatique de Violaine Berot « Non à la réintroduction », c'est le titre et il dit tout.
  • « Le Grand charnier » : Un sommet de 2561 m dans le massif de Belledonne qui donne son nom à une association créée au printemps 2004 pour la  «Protection du pastoralisme et de la faune sauvage (sic !) contre les grands prédateurs» (qui font rien que de manger les brebis et les isards des chasseurs!) dont le siège social est à la mairie (encore une) d’Arvillard en Savoie. Le nom fait évidement allusion à la montagne de cadavres provoquée par la présence de prédateurs indésirables sur le sol de leurs montagnes. «L’originalité de notre association est de fédérer, pour la première fois différents acteurs de la montagne : bergers, agriculteurs, chasseurs (on s’en serait douté) et amis de la nature (Là je demande à voir, mais c’est vrai que les bergers se considèrent comme les jardiniers de la montagne et les premiers des écolos, les autres étant des rigolos ou des «escrolos».
  • L’ASPAP et « Vivre en Pyrénées » (manque le chant « halte là , les montagnards sont là »), site statique malgré les subventions reçues du Conseil Général de l’Ariège d’Augustin Bonrepaux. Mais peut-être l’argent a-t-il servi à financer les voyages en cars de la campagne de manifestations violentes de cet été.

Quelques sites persos plus ou moins farfelus ou délaissés comme ceux de :

  • Sylvain Poirier, candidat dépressif (C'est lui qui l'admet) aux présidentielles 2007,
  • Guillaume de La Rochefoucauld ( www.ossau.com, www.ossau.biz et www.haut-bearn.com), sites pas suivis et pas souvent en ligne.
  • Philippe Mollard, traficoteur d’images sur son site du FILOU (Front International de Libération des Ours et Ursidés) et son slogan « Vive l’ours libre » 
  • Jacques Paltz, aromathérapeute et opposant farouche avait une page incendiaire sur les dangers que font courir les ours sur les Pyrénées et les pyrénéens, mais elle ne semble plus en ligne. Si vous la trouvez, envoyez-moi le lien. C'est avec Bruno-Besche Commenge et Claude Allègre, l'un des "scientifiques" de référence des opposants à la réintroduction. Que fait-on en aromathérapie avec de l'essence d'ours?
  • Jean Agnouede avait un site amusant, malheureusement son site n’est plus en ligne. Et on avait droit au chant "halte là". Faudra le remettre en ligne!

L’ASPP promet un site Internet grâce à l’action de deux toys

Que de plaisir en perspective. Marie-Louise Broueilh, chef de file de l’ASPP (L’Association de défense pour la sauvegarde du patrimoine d’après la Nouvelle République), a annoncé lors de l’amicale des maires du canton d’Argelès-Gazost (une grande réunion internationale) qu’elle aura en 2007 un « canal pour faire passer ses informations ». Marie-Louise Broueilh est une des figures de l’AOC Barèges-Gavarnie. (Lire Barèges Gavarnie, le grand bleuf)

Après l’ADIP (Association de défense de l’identité pyrénéenne) et l’ASPAP (Association de sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées), voilà donc L’Association de défense pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen, une association pastorale supplémentaire qui va chercher à «Défendre la sauvegarde» (sic) de «notre manière de vivre dans nos vallées» ! Esprit de clocher quand tu nous tiens.

L’identité pyrénéenne et le patrimoine commun ont bon dos puisqu’il s’agit aussi de luter contre la communication des défenseurs du plantigrade identifiés la plupart du temps comme des «fonctionnaires parisiens ou de la plaine», en opposition aux valeureux montagnards, et des «écologistes de salon» , ceux des associations (financées bien sûr…) qui noyautent la presse, les ministères etc, le grand complot en quelque sorte. Lire à ce sujet «ADIP, fausse identité, ASPAP, faux patrimoine».

Dans toutes ces associations agro-pastorales, l’ours est systématiquement exclu du «patrimoine pyrénéen» au profit du seul pastoralisme.

Marie-Louise Broueilh : «Nous avons créé cette association pour préserver, gérer et mettre en valeur notre patrimoine social et économique… », (Remarquez que le patrimoine naturel est absent du discours de Marie-Louise Broueilh.

Marie-Louise Broueilh : «Nous voulons maintenir l’élevage, nous voulons plus de pastoralisme, protéger nos paysages …»
Peut-être plus de pastoralisme comme dans les Pyrénées-Atlantiques ou la surexploitation et le surpâturage transforme la montagne en golf pelé ?

Marie-Louise Broueilh :«Toutes les populations se sentent concernées par notre action. La réintroduction de l’ours a mobilisé toutes les catégories socioprofessionnelles, les élus. Nous ne sommes pas contre l’ours, contre la biodiversité, nous sommes contre la manière dont il est réintroduit».
Et voilà qu’une fois de plus on cherche à nous faire croire que toutes les pyrénéens se lèvent contre la sauvegarde de la population d’ours et les indispensables réintroduction de femelles, puisque Cannelle, la dernière ourse femelle autochtone a été refroidie par un chasseur dont on ne sait pas encore s’il sera jugé ou si l’affaire de la troisième ourse tuée par un chasseur se terminera par un non lieu ?

Marie-Louise Broueilh : «Les races barégeoise et lourdaise, auxquelles je suis attachée, font partie de cette biodiversité. Nous sollicitons les communes pour mobiliser les citoyens et participer à notre assemblée générale de décembre
Une bonne nouvelle si les éleveurs organisent enfin la gestion des «races à petit effectif», chère à un autre "scientifique spécialiste de l'ours" parce que jusque là, la défense des races bovines et ovines était plutôt l’occasion de s’attaquer à l’ours. (Lire Bruno Besche-Commenge: Où est la biodiversité à préserver?

Au côté de Marie-Louise Broueilh, Christine Prissé, l'autre toy remontée déclare sans rire...
Christine Prissé : «La France entière s’intéresse à ce que fait l’ASPP (L’Association de défense pour la sauvegarde du patrimoine) et nous voyons notre importance en lisant la plaquette éditée par le WWF
Ah bon, l’ASPP fait la une de l’actualité ? Cela m’a échappé. Christine Prissé est furieuse contre le WWF, une des associations active dans la protection des ours pyrénéens.

Christine PrisséC’est lamentable de distribuer de telles infos sur le secteur. Elles visent à nous diviser pour mieux régner. On déforme nos actions. Et nous voilà déterminés à les combattre. Nous allons ouvrir un site Internet pour répondre aux innombrables demandes des internautes. Il faut canaliser vers la juste information.» Sans doute de la même manière qu’Augustin Bonrepaux canalise vers la juste culture.

Telecharger_17 Télécharger le PDF distribué dans 30.000 ménages des Pyrénées par le WWF : 9 vérités sur l'ours.

Lire a propos de la "canalisation vers la juste culture" par Augustin Bonrepaux :

Marie Lise Broueilh poursuit : «Nous avions l’ambition des Hautes-Pyrénées, nous arrivons maintenant à l’échelle du massif des Pyrénées. L’ASPP créée sur Argelès s’élargit sur Saint-Pé de Bigorre, Bagnères, tous les départements (65, 66, 64, 09 et l’Espagne). Nous collectons des moyens financiers pour la création de ce site mais aussi des moyens humains.»

Les opposants sont donc entrain de mettre un pied sur le web et rameutent tous les opposants dispersés pour faire croire à un front populaire anti-ours, ce que démentent tous les sondages ours/Pyrénées effectués dans les Pyrénées depuis des années.

Internet, c’est autrement plus sauvage que les estives. Les webmasters ultra-pastoraux vont avoir besoin de conseils. Je connais bien une société qui développe des sites Internet de qualité avec un bon chef de projet et qui aime le « patrimoine pyrénéen » mais je ne suis pas sûr qu’ils puissent travailler ensemble : incompatibilité d’idées probables, puisque pour eux, l’ours fait partie de ce patrimoine et en est même la clé de voute.

La Nouvelle République conclut son papier en disant : «Largement ovationnées, les deux toys en action (NDLB : Je n'ose pas imaginer les murs qui vibraient, la photo du journal montre 13 personnes dans la salle) ont reçu l’agrément des maires du canton et celui d’André Pujo, président de l’amicale. Reste aux communes à financer la création de ce site. D’ores et déjà, l’accord de principe est acquis à ces dames

On trouvera toujours des politiciens de montagne en période pré-électorale pour utiliser l’argent public au financement d’actions sensibles pour leur électorat agro-pastoral. Mais le site est encore loin d’être en ligne, visité et référencé. Il nous faudra attendre encore pour être «canalisé vers la juste information», dommage et bon courage à ces vibrantes toys qui devraient avoir leur petit succès sur la toile.

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