IPHB, la tournée des popotes

L’IPHB vient de terminer la tournée des popotes, histoire de mobiliser les troupes en ces temps difficiles. 28 réunions ont été organisées par la patrimoniale institution d’arrosage du haut-Béarn. Ces réunions ont rassemblés 500 à 600 personnes d’après Didier Hervé. A peine une vingtaine de personnes par réunion. C’est à peu près le nombre de personnes intéressées par les retombées financières des mannes de l’IPHB : le monde pastoral et les chasseurs. Un flop médiatique donc. La population du Béarn non pastorale n’en a rien à cirer de l’avenir de l’IPHB.

21 communes adhèrent à la Charte de Développement Durable des Vallées Béarnaises et de Protection de l’Ours qui regroupent 6 800 habitants (Recensement 1999) sur un territoire de 100 000 hectares.

Ainsi Thomas Longué et Martine Lacout-Loustalet relatent dans le journal Sud-Ouest, la réunion de propagande d’Urdos le 22 novembre 2006. (NDLB: Oui je sais, je suis en retard. Vieux moutard que j'aimais.)

Dans le sens du poil

A Urdos, village où a été tuée Cannelle, l'IPHB n'a pas donné de quoi froisser l'auditoire, chasseurs en particulier.

La réunion publique organisée mercredi soir à Urdos, comme l'IPHB (Institution patrimoniale du Haut-Béarn) en tient et en tiendra dans les vingt et une communes de son ressort, était forcément sous-tendue par le souvenir douloureux, le 1er novembre 2004, au vallon de Rouglan (Urdos), de la mort de l'ourse Cannelle. Dont l'auteur, René Marquèze, originaire du village mais qui demeure à Aubertin, était bel et bien présent, parmi la dizaine de personnes réunies, les chasseurs étant en majorité. René Marquèze ne s'est cependant exprimé à aucun moment sur le sujet.

On est au terme de l'instruction de l'affaire et Didier Hervé, directeur s'en est strictement tenu là : «La mort de Cannelle est un accident. Il n'y a rien à dire, et je ne dirai rien». Ce, proclamé en conclusion de propos sur l'effectif actuel des ours, qui serait en nombre équivalent à l'évaluation de 1997, entre le jeu des naissances et des morts.

Didier Hervé n'en avait pas moins donné acte aux gâchettes locales de l'entente totale que l'Institution entretient avec elles : «Les chasseurs ont déplacé les zones de chasse chaque fois qu'on le leur a demandé», a-t-il dit. On ne pouvait se montrer mieux intentionné. (NDLB; La salle ronronnait d'aise.)

« L'IPHB c'est nous »

De son côté, et sur le seul terrain de la gestion communale, le maire du village, Jacques Marquèze, s'est érigé en fervent avocat de l'organisme, qui vit les soucis de trésorerie que l'on sait : l'IPHB attend quelque 227 000 € bloqués par l'État et la Région, pour boucler le budget 2006 et «couvrir» non des projets futurs mais des actions agro-pastorales déjà conduites sur le terrain cet été. Or, seul le département est à jour de sa contribution.

«Chaque commune a des problèmes, a constaté le maire. Face aux services de l'État, grâce à l'IPHB, on ne se fait pas rouler». «L'IPHB, c'est nous», a dit par ailleurs l'élu de la haute vallée d'Aspe.

A Urdos, pour la douzième fois, aura défilé le diaporama de 150 vues validé par le Conseil de gestion, l'exécutif de l'IPHB, et également approuvé par le syndicat mixte. Exhaustif sur l'historique et les actions conduites. (NDLB : La surveillance de la communication et des messages officiels est verrouillée de l’intérieur, comme à Eldorando 2006, un autre gros flop financier organisé par le même responsable politique au grand cœur et à la dépense facile, tant qu'il s'agit de l’argent de l’Etat. Prochaine dépense espérée : Toyal.)

La réunion a fait le point sur les actions menées en matière de pastoralisme, d'eaux et forêts, et d'ours donc. Et preuve que l'institution ne désespère pas de l'avenir, la prochaine charte 2007-2013 a aussi été abordée. «Nous, on désire continuer», a soutenu Didier Hervé (NDLB : tiens donc, faut garder son salaire…), désignant les deux techniciens à ses côtés : Jean-Michel Mehl et Jean-Yves Arribe. «Il faut arriver à finir 2006».

Pour ce faire, l'IPHB bat donc le rappel. Avec l'espoir qu'un nouveau ministre de l'écologie, mieux disposé à son endroit que Nelly Olin, sortira des urnes en 2007. (NDLB : Voter, c’est utile : imaginez Lassalle ou Estrosi à l’écologie.) Même si l'expérience, depuis sa création, fin 1993, a suffisamment montré qu'aucune couleur politique, la gauche non plus que la droite, ne mettait à l'abri du psychodrame.

Source : Thomas Longué avec Martine Lacout-Loustalet dans Sud-Ouest

Propagande à la sauce béarnaise

La Buvette, comme à Eldorando, s’est glissée dans une de ses réunions. Son correspondant raconte. Ayant assisté à l'une des réunions du «CLEPTSR IPHB» (Pour les amateurs d'acronymes, il s’agit du «Comité de Lutte Eperdue pour Tenter de Sauver ce qu'il Reste de l'IPHB»), j''y ai entendu Didier Hervé, son directeur, dire que la principale cause du déclin de l'Institution provenait des associations de protection de l'environnement, citant FERUS mais arrêtant là l'énumération des groupements maudits qui nuisent à ce qui est pour le reste du monde «L’institut Pas Très Moral du Haut Béarn», bref de ces zécolos bénéficiant des largesses du Ministère de l'Environnement et du Développement Durable ou du programme LIFE. (NDLB : On attendait à l’époque le rapport soit disant sulfureux de l’intègre enquêteur Augustin Bonrepaux. (Lire "Coût de la réintroduction des ours. Augustin Bonrepaux gesticule dans l'indifférence générale.")

Didier Hervé a ajouté que ce les associations trouvaient leur motivation dans la «manne financière» qui les arrosent. L'ours ou la défense de l'environnement n'étant qu'un prétexte de façade, car selon lui l'ours est un fond de commerce fort rentable. (NDLB : Quant à moi, la buvette et iphb.org sont blanc comme neige. Mon budget annuel de 49 euros n’est financé par aucune association. Je résiste aux avances financières des associations felonnes et aux menaces de procès de Jean Lassalle.)

Béarn, chasse gardée

Le reste de l'exposé décrivant, diaporama à l'appui, les actions engagées et à engager pour les décennies à venir (NDLB ; L’espoir fait vivre), faisant leurs les actions initiées par le FIEP ou par le Parc National des Pyrénées, le Béarn étant leurs terres, leur chasse gardée. La volonté affichée est de toujours d’exploiter plus les ressources naturelles : l’eau, la forêt, la chasse, sans accepter de droits de regards extérieurs aux trois vallées. Touche pas à mon pactole !

Didier Hervé a annoncé que des actions sont et seront engagées pour obtenir pour l'IPHB des financements autres que ceux de l'Etat. Il n'a pas été précisé lesquels. Faut bien gratter les fonds de tiroir car, pour l’argent de l’Etat en 2007, l’IPHB sait qu’elle pourra se brosser, avant les élections en tout cas.

A noter que les professionnels du tourisme n'ont jamais été cités en tant qu'acteurs potentiels du développement économique, ni d'aucune manière d'ailleurs. Sont-ce-ce des gens à la morale douteuse, trop proches des pensées escrologistes maudites et de la rentabilité potentielle de l'image du Pays de l'ours ?

Cette réunion était une belle tentative de manipulation des populations volontairement tenues sous-informées avec en mot d'ordre : «Voyez tout ce que l'on a fait pour vous, alors soutenez nous». Avec un peu de persuasion, la manne financière tant espérée pourrait encore venir et cela sans avoir de nouvelles ourses en Béarn. Le beurre et l'argent du beurre, comme avant, le rêve va t-il continuer pour les 600 ipéhachebéistes irréductibles ?

L’IPHB, un vrai cas d’école

Pour tout comprendre du fonctionnement trouble de ce «grand machin» que souhaite tant possèder Bonrepaux en Ariège, relisez encore la remarquable étude de Laurent Mermet sur l'IPHB : L’Institution Patrimoniale du Haut Béarn : Comment, sous couvert de réforme et d’innovation affichée, contrôler les partisans d’une gestion plus écologique de l’ours et préserver le statu quo et les intérêts économiques en jeu.

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