Non lieu Marquèze : Les réactions des Verts

Le non lieu pour le chasseur qui a tué Cannelle est un mauvais coup porté à la biodiversité en France

Yann Wehrling, porte-parole national des Verts
Communiqué de presse du 19 janvier 2007

Tout le monde sait que les chasseurs s’étaient rendu dans une zone où ils savaient qu’ils pouvaient surprendre Cannelle et son petit. Il est évident que les chasseurs avaient agi avec préméditation dans le cadre de ce qu’on pourrait qualifier de battue illégale. Ne pas avoir tenu compte de cette évidence rend la justice complice de cette atteinte à la biodiversité en France.

La France finit de se discréditer au plan international dans son incapacité totale à préserver la biodiversité sur son territoire. Ceux qui nuisent à l’environnement peuvent continuer de dormir sur leurs deux oreilles !

Yann Wehrling

Cannelle est-elle morte pour rien ?

Dominique Voynet, candidate écologiste aux élections présidentielles
Communiqué de presse du dimanche 21 janvier 2007

J'apprends à l'instant qu'une ordonnance de non-lieu a été rendue à Pau le 19 janvier dans l’instruction sur la mort de Cannelle, tuée par un chasseur en Vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) en novembre 2004.

Mis en examen pour "destruction d’espèce protégée", le chasseur affirmait avoir dû tirer pour sauver sa vie, lors d’une partie de chasse en montagne. L'instruction a montré que les chasseurs savaient parfaitement que l'ourse se trouvait ici. Et puis, les chasseurs, qui se décrivent volontiers comme les "premiers écologistes", qui prétendent si souvent "connaître mieux la nature que les écolos de salon qui nous font la leçon", étaient quand même bien placés pour savoir qu'un ours reste un animal sauvage, aux réactions dangereuses, surtout quand ils sentent leur petit menacé.

C'est parce qu'ils ne croyaient pas à la "légitime défense", parce qu'ils suspectaient les chasseurs d'être allés chasser dans cette zone, soit parce que l'ourse s'y trouvait, soit bien que l'ourse s'y trouvât, que le ministère de l'Environnement, et de nombreuses associations de protection de la nature, s’étaient portées parties civiles.

Le réseau FERUS a fort justement pointé une grave anomalie du raisonnement : "comme la très grande majorité des gens n’est pas armée, cela veut dire qu’on crée deux catégories, les citoyens normaux qui doivent faire attention et les chasseurs qui peuvent faire n’importe quoi".

Comment ce non-lieu pourrait-t-il être interprété autrement, par les opposants à la présence de l'ours, que comme un acte d'encouragement ? Allez-y, les gars, tous les coups sont permis ! Mon ami André Cazetien, ancien maire de Mourenx, me dit que certains tendent des pièges à l'ours : du miel, avec du verre pilé.

Je le dis avec colère ce soir : la France donne des leçons au monde entier. Elle demande au Japon d'arrêter de chasser la baleine, au Zimbabwe d'arrêter le commerce de l'ivoire, à l'Inde de protéger ses tigres. Et elle est incapable de dire leur fait à ceux qui prétendent, comme au Moyen Age, traquer ours, loups et lynx. Assez de discours sur la biodiversité ! Des actes !

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