Contre la révision du concept loup suisse, les chasseurs ne désarment pas

Le tir du loup du valais était illégal

Le WWF a gagné sa bataille contre le canton du Valais. Le Tribunal cantonal valaisan a admis l’intérêt du recours de l’organisation. Le Conseil d’Etat valaisan a bien violé la loi en autorisant le tir du loup, ont estimé les juges. La Cour a jugé qu’une situation analogue à celle de l’année passée pourrait se reproduire. Elle a donc exigé du Conseil d’Etat qu’il restaure l’effet suspensif de l’autorisation de tir du prédateur, qu’il avait annulé fin 2006, a indiqué le WWF.

L’Etat du Valais a été condamné à verser 1200 francs de dépens au WWF. Certes, le loup a été abattu, mais « cela prouve néanmoins que nous avions raison et que le Conseil d’Etat a violé le droit. Cette jurisprudence sera utile pour de futurs cas », souligne l’organisation. « Et il est probable qu’un loup réapparaisse en Valais », a indiqué Corinna Gyssler, porte-parole du WWF-Suisse. Deux procédures sont encore ouvertes, a ajouté Mme Gyssler. Le WWF a déposé une dénonciation pénale contre le conseiller d’Etat Jean-René Fournier ainsi qu’une plainte contre le Conseil d’Etat auprès du Grand Conseil.

A la fin du mois de septembre 2006, une trentaine de moutons avaient été attaqués par un loup dans le Chablais valaisan. Le chef du département compétent, Jean-René Fournier, avait alors délivré une autorisation de tir contre le prédateur et retiré l’effet suspensif d’un éventuel recours contre cette décision. Le WWF avait demandé la restitution de cet effet suspensif. Suite au refus du Conseil d’Etat le 25 octobre, l’organisation avait déposé un recours au Tribunal cantonal le 6 novembre. Le loup a été abattu le 21 novembre.
La révision du Concept loup Suisse se fera seulement après de nouvelles données avérées.

Les chasseurs suisses ne désarment pas

Les chasseurs en Suisse acceptent la présence des grands carnassiers tant que les dégâts causés à la faune sauvage ne dépassent pas une proportion supportable. La présence du loup s’accentue et la formation de meutes semble imminente. Ce développement pourrait mettre en question l’utilisation durable de la faune par la chasse comme visé par la loi fédérale.

En 2004 l’Office fédéral de l’Environnement OFEV a adapté le Concept loup Suisse. Suite à une intervention parlementaire, la révision a apporté un relâchement des critères permettant les tirs de loups. Sans attendre que le Concept fasse ses preuves sur le terrain et sans disposer de nouveaux résultats, les organisations écologistes créent des obstacles à son application en freinant la réalisation des autorisations de tirs par des recours. L’OFEV s’engage maintenant dans une procédure de révision du Concept loup Suisse et a invité le groupe de travail Grands Carnassiers pour une réunion le 2 février 2007.

ChasseSuisse demande que le Concept loup Suisse ne soit pas modifié jusqu’à connaissance de nouvelles données sérieuses quant aux buts concrets vis-à-vis de la gestion du loup. En particulier, ChasseSuisse souhaite ne pas rendre plus contraignants les critères du Concept loup Suisse actuel autorisant les tirs de loups.

"La Confédération doit conduire un examen objectif et intéressant tous les milieux concernés au niveau national sur l’acceptation de la présence du loup en Suisse, sur les possibilités et les coûts dus à la protection efficace des troupeaux compatible avec la présence de meutes ainsi que sur l’impact des loups dans les domaines de la diversité des espèces et de l’exploitation du gibier par la chasse.

Suivant les résultats de cette étude, les buts concernant la répartition géographique du loup et sa densité en Suisse doivent être clairement définis.

Sur la base du Concept loup actuel, en considérant la formation de meutes imminente, un plan de gestion du loup qui tienne compte des buts visés par la loi fédérale sur la chasse doit être établi, notamment en ce qui concerne le maintien de la diversité des espèces et de l’exploitation équilibrée par la chasse des populations de gibier".

Enfin, ChasseSuisse demande que la Suisse déclare une réserve à la Convention de Berne au sujet du loup. Ils oublient que selon la Convention de Berne: Le loup reste strictement protégé.

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