Les trophées de la Nature 2006

Les trophées de la Nature 2006 sont décernés par l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Ces trophées récompensent le meilleur (trophée de plume) et le pire (trophée de plomb) en matière de protection de la nature.

Dans un pays où les lois de protection de la nature sont quotidiennement bafouées, certains s'efforcent pourtant de défendre efficacement la nature et les animaux sauvages.

Trophée de plume 2006 : François Arcangeli

Pour l'édition 2006, c'est à François Arcangeli, maire d'Arbas en Haute-Garonne qu'a été décerné le positif « trophée de plume » : cheville ouvrière du programme de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. « François Arcangeli a fait preuve de persévérance et de sang-froid face aux pressions et menaces des anti-ours de sa région », souligne l'Aspas, faisant référence aux violences et dégradations commises par les anti-ours le 01 avril 2006 sur la mairie d'Arbas, et aux menaces de mort adressées par la suite au maire de la petite commune du pays de l'ours.

En avril 2006, les opposants à la réintroduction, accompagnés de conseillers généraux et de maires, avaient investi la ville d'Arbas pour manifester, avec violence, leur opposition à l'accueil d'ours slovènes sur leur commune. Proférant
insultes et menaces, les anti-ours en sont venus à jeter des bouteilles, des pétards et du sang sur les murs de la mairie. François Arcangeli avait immédiatement porté plainte contre ces détracteurs avant de démissionner du Parti Socialiste en réaction à la présence de politiques au sein des agitateurs.

Trophée de plomb 2006 : Joseph Jouffrey

Si pour son « trophée de plomb », qui condamne « les actes écologiquement dommageables », l'association a couronné Joseph Jouffrey, un opposant virulent « qui milite à coup de carabine pour l'éradication du loup » dans les Alpes. J. Jouffrey s'est d'ailleurs vanté d'en avoir abattu un en 2000. Si ce braconnier ne sera jamais jugé, faute d'une application crédible de la législation, l'ASPAS le condamne aujourd'hui par ce trophée de plomb, un trophée qu'il pourrait d'ailleurs partager avec Denis Duperier, son collègue savoyard qui a tué un loup en 2005 et a été relaxé récemment par le tribunal de Chambéry. Face à cette lâcheté juridique, l'ASPAS se demande si la notion d'espèce protégée a encore un sens en France ?

L'ASPAS avait également répertorié dans sa sélection finale la castafiore du Béarn : le député chanteur UDF des Pyrénées Atlantiques, le gréviste de la faim Jean Lassalle, grand orateur aux envolées lyriques : "Viol des Pyrénées", "La réintroduction doit être un acte d'amour" et "blanchiment des consciences" qualifié de « député anti-écolos. ». Nicolas Vanier, le trappeur superstar qui croit sauver les animaux sauvages en les tuant a aussi été nominé.

Puisque les représentants politiques engagés pour défendre la nature sont rares, les associations telles que l'ASPAS se doivent de dénoncer les atteintes à la biodiversité, à notre environnement et ce dans l'intérêt de tous.

Sources : La Dépèche, ASPAS, FERUS

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