Rapport de suivi 2006 une vingtaine d’ours présents sur le massif pyrénéen

Grâce aux indices d’ours récoltés sur l’ensemble de la chaîne des Pyrénées au cours de l’année 2006, un état des lieux de la population d’ours bruns sur le massif peut être dressé. L’examen de la simultanéité de certains indices, couplé à l’analyse génétique et aux mesures des empreintes trouvées, permet de distinguer les individus et ainsi de déterminer un nombre minimum d’ours présents.

Le noyau occidental reste bien délimité avec 5 individus, 4 mâles (3 adultes et 1 subadulte) et 1 femelle, si l’on inclut la femelle Franska qui a passé plus de la moitié de l’année 2006 sur le massif du Pibeste / Estibète, répartis entre le département des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Les mâles Néré et Aspe-Ouest ont été identifiés grâce à des échantillons de poils et deux autres ours (Camille et le jeune de Cannelle) ont pu être individualisés. Ce sont principalement les vallées d’Aspe et d’Ossau qui sont parcourues côté français par ces quatre mâles mais une incursion a eu lieu sur l’Ouest du département des Hautes-Pyrénées (vallée d’Arrens Marsous). La zone couverte par ce noyau côté français représente 650 km2 pour les ours non équipés d’émetteurs.

Le noyau central quant à lui s’est trouvé renforcé avec les lâchers de 2006 en Haute-Garonne. Ce sont au minimum 8 animaux qui ont pu être individualisés, dont les ours Hvala, Balou, Sarousse et Pyros, ainsi que 2 femelles suitées côté espagnol repérées grâce à des observations visuelles. L’une était accompagnée d’un ourson de l’année, l’autre d’un ourson d’un an et demi.

Caramelles a été identifiée à l’automne, grâce à la génétique, mais sans savoir si elle était une des deux femelles observées en Espagne. Le noyau central est donc le noyau qui comporte le plus de femelles en âge de se reproduire puisqu’elles sont au moins au nombre de 4 : Hvala, Sarousse et les 2 femelles observées en Espagne et au moins 2 mâles adultes (Balou, Pyros). Les ours lâchés en 2006 ont prospecté régulièrement une zone de plus de 2000 km2 dont une partie couvre le noyau central, notamment dans le Luchonnais.

Enfin, l’analyse du noyau oriental démontre la présence de 2 individus : l’ours Boutxy et un autre de taille moyenne. Les 2 animaux couvrent un vaste territoire de l’ordre de 1200 km2 qui s’étend du Vicdessos jusqu’au Pyrénées-Orientales. Ce noyau s’est étendu vers l’ouest du Vicdessos, de tel sorte qu’il est désormais possible de parler de noyau centro-oriental. Ce noyau est presque continu de l’Est du département des Hautes-Pyrénées jusque dans les Pyrénées-Orientales. Le suivi de la population ursine met donc en évidence un effectif minimum de 15 ours, de part et d’autre de la frontière avec l’Espagne, dont 13 ont été repérés côté français.

Dans la mesure où les méthodes utilisées ne permettent pas un inventaire exhaustif, il est probable que l’effectif global soit supérieur à 15 individus. Il est vraisemblablement légèrement inférieur à 21 individus. En effet, 6 animaux n’ont pu être clairement individualisés ou n’ont été identifiés par la génétique qu’une fois les années précédentes, sans être repérés de nouveau en 2006. Un de ces individus serait dans le noyau occidental et les 5 autres dans le noyau central dont 2 femelles et 1 mâle identifiés par la génétique uniquement en 2003 et 2004. On estime donc la population d’ours actuelle à une vingtaine d’individus.

Frédéric Decaluwe,
Équipe technique ours - Office national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte ours n° 3

Commentaires