Un grand Tétras braconné, des réactions

Le Grand Tétras est dans un état de conservation plus que précaire. Il devrait donc faire l’objet de l’attention de tout ceux qui se soucient (ou prétendent se soucier) de protection de la Nature. Il vient de disparaître des Alpes françaises, il est au seuil de l’extinction dans les Vosges. Guère mieux dans le Jura. Et s’il en reste plus dans les Pyrénées, la chute de ses effectifs inquiète tout le monde. Sauf les braconniers et leurs représentants.

Au mois de janvier dernier, un Grand tétras a été braconné dans les Pyrénées Atlantiques. Ce n’est malheureusement ni le premier, ni le dernier. Le grand coq fait l’objet dans les Pyrénées d’un braconnage intensif. Alors pourquoi s’arrêter sur ce coq là ? Tout simplement parce que depuis mai 2006, il était équipé d’un radioémetteur et qu’il faisait l’objet d’un suivi par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Cela ne l’a pas empêché d’être abattu à très courte distance par un Nemrod en goguette.

Bien sûr, le braconnier court toujours, mais le FIEP, la SEPANSO et le LPO, qui depuis 1989 demandent la fermeture de la chasse au Grand Tétras ont décidé de porter plainte. Peu de chance que le courageux Raboliot soit retrouvé, mais il faut absolument, et par tous les moyens attirer l’attention des pouvoirs publics sur le sort réservé à nos deniers grand coqs.

On peut légitimement se poser la question de la façon dont la France « gère » cette espèce. Nous sommes le dernier pays d’Europe occidentale à autoriser la chasse au Grand Tétras (elle ne se pratique plus que dans les Pyrénées), alors que la Suisse, l’Espagne et l’Italie ont depuis longtemps fait cesser cette activité. C’est en tout cas l’une des questions que pose le Groupe Tétras France (tout récemment constitué, et qui regroupe les structures de protection de la Nature des Alpes, des Vosges, du Jura et des Pyrénées).

Bien sûr, la chasse n’est pas la seule cause de raréfaction (disparition) du Grand Tétras. La gestion forestière et la pression de plus en plus vive des loisirs d’hiver en montagne font peser de très lourdes menaces sur cette espèce qui aime tout à la fois les vieilles forêts et la tranquillité. Toutes choses qui se font de plus en plus rares. Et avec la disparition du grand coq, «espèce parapluie», c’est tout un cortège d’autres espèces qui disparaîtra.

C’est le sens du manifeste pour la préservation de Grand Tétras en France, rédigé par ces associations et co-signé par tout un paquet d’autres structures associatives, et qui sera porté au ministre de l’Écologie et à sa secrétaire d’État. Prendront ils conscience de l’urgence et de l’importance de cette indispensable protection ?

Source : La lettre d'Action nature n°39, juillet 2007

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