Autopsie : On a tiré sur Franska

L'autopsie, effectuée vendredi dernier à l'école vétérinaire de Toulouse sur réquisition du parquet de Tarbes, a cependant également révélé que Franska avait été atteinte il y a un mois environ de plusieurs dizaines de plombs "sans lien avec la mort de l'animal". Mais est-ce moins grave?

"Les résultats de l'autopsie corroborent les constatations effectuées sur les lieux de l'accident le 9 août et les investigations menées. La mort de l'animal a une origine accidentelle", indique dans un communiqué le substitut du procureur de la République, Laurent Griffon.

Franska a été percutée tôt jeudi matin par deux voitures en traversant la RN21 qui longe, sur quatre voies, le gave de Pau, près de Viger, à 5 km au sud de Lourdes.

"L’expert atteste que Franska a subi deux blessures. La première au niveau de l’arrière-train gauche : la patte arrière gauche a été totalement sectionnée, ainsi qu’une artère, causant une blessure hémorragique mortelle à très court terme. La seconde au niveau du thorax : les côtes et la colonne vertébrale ont été fracassées, ce qui a provoqué la mort immédiate de l’ourse", précise le texte.

"Les clichés radiographiques réalisés préalablement à l’autopsie mettent aussi en évidence la présence de plusieurs dizaines de plombs de petit calibre ayant atteint l’animal sur l’arrière-train, il y a environ un mois selon l’expert, qui exclut formellement que ces plombs puissent être à l’origine de la mort de l’ourse", ajoute le communiqué.

Le vétérinaire a constaté qu’avant son décès "l’animal était en bonne santé, sans doute âgé d’environ 17 ans pour un poids de 120 kg", indique-t-il.

Introduite au printemps 2006 dans les Pyrénées, en même temps que quatre autres ours slovènes, Franska avait attaqué depuis plusieurs troupeaux, tuant près de 150 brebis et attisant le mécontentement des éleveurs et des élus de la région, qui demandaient sa capture et son retrait des Pyrénées.

Le royaume de Pireneus

Après ...

  • la mort de Cannelle,
  • les plombs dans le coprs de Papillon,
  • les tirs sur l'ours Boutxi,
  • le miel mélangé avec des morceaux de verre,
  • le saccage d'Arbas,
  • les arbres et les lignes électriques coupées à Massat,
  • les pneus crevés, les menaces et intimidations,
  • les battues illégales à répétition, organisées sur un animal protégé avec invitation de la presse et des télévisions,
  • le port d'armes prohibées,
  • les menaces verbales publiques des éleveurs comme "On va mettre le feu à la montagne"
  • Franska a donc essuyé au moins un coup de feu.

Les tirs n'ont pas été que des tirs en l'air. "Nous n'avons rien contre l'ours, c'était jusque pour l'effrayer" vont-ils encore dire. Pireneus est-il un royaume bananier avec à sa tête le puissant roi ubuesque Louis Ipéhachebé XIV ?

Quand est-ce que la justice va poursuivre ces fauteurs de troubles qui dans la plus totale impunité dictent leurs propres règles au mépris du bien collectif ? Qui va poursuivre ? L'Etat va-t-il laisser faire ? Qu'en disent "Lourd d'Infos", l'ASPAP et "Dépêche toi, il est Midi" ?  Silence de mort, l'info ne va pas dans le sens de leur désinformation.

Impunité dégoutante

Des bruits courent. J'ai peur qu'un jour, quelques partisants de la sauvegarde de la population résiduelle d'ours pêtent les plombs devant la violence des anti ours et l'injustice criante de l'impunité. Il y a un risque croissant de voir certains prendre le maquis et les exactions s'équilibrer. Ce sera alors la guerre ouverte dans les estives et les bergeries, répondant à la guerre des demoiselles. Ce jour là, il sera trop tard, pour la paix, pour le pastoralisme, pour l'ours et pour les Pyrénées. Il est grand temps que l'Etat se reprenne. J'avais cru comprendre que le Président était pour l'ordre juste. On en est loin.

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