Bruno Besche-Commenge et Français Arcangeli sont dans la montagne

Interview de François Arcangeli

Alors que Franska, l’ourse slovène introduite dans les Pyrénées l’an dernier, est sur le point d’être capturée pour être déplacée plus en altitude, la polémique continue dans les Hautes-Pyrénées sur la cohabitation entre l’ours et l’homme. Président de l’association du Pays de l’Ours-Adet, François Arcangeli fait le point sur la situation actuelle.

TV Agri : Pensez-vous que la capture de Franska, pour l’amener plus en altitude, soit utile ?
François Arcangeli : Le déplacement de l’ourse, sur pression des éleveurs, ne règle en rien le problème. Les ours (comme Papillon, Méré…) évoluent dans le massif et c’est toujours dans les Hautes-Pyrénées que des incidents sont relevés et que des brebis sont attaquées. Le problème est propre à ce département. C’est le pastoralisme tel qu’il est pratiqué actuellement qui est inadapté à la montagne. L’ours est un bouc émissaire. Il n’est la cause que de 1% de la mortalité des brebis.

TV Agri : Existent-ils des mesures de protection des troupeaux ? Sont-elles efficaces ?
François Arcangeli : On devrait profiter de l’acalmie qui va suivre le déplacement de Franska pour mettre en place des mesures. Lors d’un colloque européen sur les prédateurs qui a eu lieu en Italie, les représentants des autres pays présents ont expliqué leurs mesures de protection : présence de bergers, de chiens, ou clôtures. Avec des chiens de protection, les pertes sur les troupeaux diminuent de 92% ! Ils ne protègent donc pas uniquement des ours. De plus, les mesures de protection sont financées par les fonds ours. Les éleveurs français ne l’acceptent pas car ce serait accepté l’ours.

Source : Terre-net

Bruno Besche-Commenge furieux de cette interview coule une bielle

"Je suis étonné qu'un site agricole professionnel publie à sens unique les propos de M. Arcangeli sous le titre "l'ours est un bouc émissaire", sans au moins analyser la validité de son discours ... où presque tout est faux. Trop long, ici, de reprendre en détail mais à votre disposition si vous le souhaitez, et ça me paraît quand même un peu nécessaire vu l'aspect mensonger des propos : simple exemple: pas un seul mais les 3 départements des Pyrénées-centrales sont concernés aujourd'hui par les prédations.

Un point important de l'ignorance, volontaire, d'Arcangeli concerne les mesures de protection. Ce sont les mêmes que contre les loups dans les Alpes. Or le CERPAM (structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA) a publié les actes d'un colloque à ce sujet qu'Arcangeli ne peut pas ignorer (ces actes sont référencés sur les sites pro-ours et loups). Résultats de ces mesures: incertains, catastrophiques pour les bergers, les brebis, le milieu, travail de Sysyphe à reprendre chaque année: les prédateurs s'adaptent et si effectivement il y a UN PEU moins de brebis bouffées par troupeau, c'est aussi qu'ils étendent leur champ d'action !

A votre disposition, si vous m'indiquez adresse mail pour expédier pdf : recession en 3 pages des actes de ce colloque avec les références. Vous pouvez aussi contacter de ma part le responsable scientifique du CERPAM, Laurent Garde.

Quand même ce "détail" à propos des mesures financées : savez-vous ce que le plan-ours propose pour un éleveur qui resterait en continu sur la montagne pour garder nuit et jour son troupeau : 155 euros par mois! Dur, dur avec ça ne serait-ce que d'acheter le foin qu'il n'aura pas pu faire pendant ce temps! Faut pas se moquer des gens qui travaillent, surtout quand, ici, ils travaillent plus pour gagner moins.

Bruno Besche-Commenge

La protection, une mesure catastrophique pour les bergers ?

Bruno Besche-Commenge oublie volontairement les nombreuses autres mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours pour qu'on pleure sur le sort des éleveurs découragés et affamés. Un petit tour à la buvette s'impose pour lire "Comment l'argent de l'ours aide le pastoralisme" :

  • 770 €/mois et par berger pour l'aide au gardiennage avec regroupement nocturne
  • 1 760 €/mois et par berger si pas d'aides agricole.
  • 765 € pour l'achat d'un chien
  • 305 €/chien présent sur l'estive
  • 105 € par agneau de - de 6 mois prédaté (120 s'il est inscrit)
  • 140 € par agneau de 6 mois à un an (155 s'il est inscrit)
  • 126 à 180 € pour une brebis
  • de 300 à 500 e pour un bélier
  • 140 € par attaque de prime de dérangement
  • + 10% de la valeur de la bête pour le "manque à gagner" par bête prédatée

Je continue ? Pour toutes les mesures, voici un aide mémoire...

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007Télécharger le document de synthèse des mesures d'aide ours-elevage 2007
(PDF 2 pages)

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours 2007
(PDF 22 pages)

Exemple de prédation

  • Carrefour_prix_agneau_2Lors d'une attaque, un ours tue 2 brebis : 126 € + 50 € + 126 € + 50 € + 140 € = 492 € payés dans les 2 semaines.
  • Sur le marché : les brebis de réforme (celles qui ont produit du lait ou des agneaux pour la viande) se vendent 1.5 à 2 euros/kg. Les brebis de boucherie de 3 ou 4 ans) : 4.5 Euros environ.
  • 492 € représente donc au minimum 61,5 kg de viande par brebis ! Pas mal.
  • Christophe Bally, acheteur viandes de l'enseigne Casino a indiqué lors des travaux de la commission des affaires économiques au Sénat qu'un agneau anglais ou irlandais était de 12 à 15% moins cher qu'un agneau français dont le prix varie en fonction des parties : 5 à 6 euros le kilo de navarin, 12 ou 13 € pour le gigot et 14 €/kg pour les côtes d'agneau.
  • Le gigot d'agneau de Nouvelle Zélande se vend entre 4,20 € et 5,50 € le kilo.
  • Dans la vallée, pour le prix des primes pour 2 brebis prédatées, le voisin du berger a de quoi acheter 93 kg d'agneau de Nouvelle-Zélande !

Puisqu'on vous dit que c'est l'ours qui est responsable de la crise du pastoralisme ! Voilà pourquoi il y a lieu de charger l'ours au maximum, les veaux d'Aston, celà vous dit quelque chose ?

BBC présente le CERPAM comme une "structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA". Qu'est ce que le CERPAM ? Alons voir sur leur site : "Le CERPAM (Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée) a été créé en 1977 à l’initiative des Chambres d’Agriculture de la Région Provence Alpes Côte d’Azur. Service spécialisé en pastoralisme, il répond à la demande de la profession agricole et plus spécialement des éleveurs d’oeuvrer par la voie pastorale au développement des activités d’élevage et à leur intégration dans la gestion des espaces naturels." Le CERPAM annonce clairement dans quel camp il se trouve.

D'un côté des propos de colloque pastoral, de l'autre, la réalité...

Sur la commune de Melles (Haute-Garonne) que Hvala fréquente principalement, elle cause des dégâts importants en 2006, sur les troupeaux non protégés de la commune : 29 brebis sont tuées en 14 attaques. Heureusement, les éleveurs de cette commune ont décidé de se protéger pour l'année 2007. Le trio "bergers, chiens de protection et regroupement nocturne" marche à merveille et le résultat est criant de vérité. Lisez ces 3 notes...

CQFD à BBC. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre. Mais BBC n'en est pas à son coup d'essai. A chacun sa spécialité ! Les chiens de protection italiens seraient-ils plus efficaces que les patous des Pyrénées ? François Arcangeli est-il un menteur où est-ce Bruno Besche-Commenge et les bergers français qui sont de mauvaise foi ? Qu'en pense l'ASPP ?

Le programme de l'ASPP : refus des gardes de troupeaux, des embauches de bergers et des chiens patous

Sur le site de son copain Louis Dollo, Bruno Besche-Commenge pourrait relire les «principes généraux» (pas généreux) prônés par l’ASPP, Association de «sauvegarde du patrimoine» quant à la forme de pastoralisme qu’ils souhaitent :

  1. «Refus de garde des troupeaux au profit de surveillance de l'ours : « les éleveurs n'ont rien demandé, à l'Etat d'assumer ses responsabilités et de garder les animaux qu'il importe.
  2. Refus d'embaucher des bergers ou des gardiens de troupeaux pour un motif juridique assez clair: il n'existe pas de cabanes aux normes de la législation sociale, certaines n'ayant même pas de possibilité d'avoir de l'eau.
  3. Pas de Patous pour des raisons de sécurité des randonneurs. Plusieurs procès ont eu lieu dans les Alpes où les éleveurs et bergers ont été condamnés. Certaines communes des Alpes auraient même interdit les Patous et paient directement les dégâts causés par les loups.»

Bien sûr, dans ces conditions, la protection, celà ne marche pas et la cohabitation non plus ! Mauvaise foi disais-je.

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