Franska : le passage sous la route a 4 bandes était obstrué

Roland Castells, maire Modem de Bagnères-de-Bigorre : « Jamais je n’aurais imaginé tant de haine. » Le passage réservé aux animaux sauvages était obstrué par des planches. Ce n’est sûrement pas un hasard. L’ourse a ainsi été contrainte d’emprunter la route à quatre voies.

Que dire de l’attitude des éleveurs face à la réintroduction de l’ours ?
Rolland Castells : Jamais je n’aurais imaginé tant de haine et de violence. Ils ont tout fait pour que cette réintroduction se passe mal, notamment par des tentatives d’effarouchement répétées. Ils l’ont même délibérément fait descendre dans la vallée pour faire peur aux habitants, espérant ainsi soulever la population.

Trouvez-vous la mort de Franska suspecte ?
Rolland Castells : Le passage réservé aux animaux sauvages était obstrué par des planches. Ce n’est sûrement pas un hasard. L’ourse a ainsi été contrainte d’emprunter la route à quatre voies.

Les éleveurs entre eux sont très solidaires ?
Rolland Castells : Individuellement, ce sont des agneaux, mais en groupe, ils se sentent forts et sont convaincus d’avoir tout les droits. Et en effet, ils sont très solidaires. En 2006, lors de leur manifestation anti-ours, ils sont parvenus à monter le bourrichon à tout le monde. Ils ont réussi ç faire participer des cultivateurs de maïs, absolument pas concerné par les prédations de l’ours. Ce jour là, par crainte des débordements, six gendarmes étaient postés à mon domicile.

Avez-vous été victime d’exactions venant des bergers ?
Rolland Castells : J’ai reçu deux lettres anonymes à la mairie. L’une d’elle contenait du verre pilé, l’autre des hameçons. Ils s’en sont pris aussi à mes adjoints. Un soir, alors que je m’apprêtais à tenir une réunion publique à 21 heures, j’ai été encerclé par un groupe d’éleveurs bien décidés à m’intimider. On est resté là sous la pluie. Ça a duré plus d’une heure. Bien entendu, personne n’a rien vu. En mai 2006, un groupe d’une petite cinquantaine d’éleveurs a déposé un cadavre de brebis et une autre blessée, agonisante, dans le hall d’entrée de la mairie. C’est révélateur d’un certains état d’esprit.

Que pensez-vous de cette vidéo ?
Rolland Castells : Elle est choquante. On comprend mal les motivations d’un tel acharnement. Mais il est vrai que tous les éleveurs ne sont pas respectueux de leurs bêtes. L’hiver, il n’est pas rare que nous soyons contraints de prévenir la gendarmerie pour sauver une bête blessée abandonnée dans les hauteurs. Outre la cruauté, les éleveurs font surtout preuve d’un certain laxisme. Certaines brebis sont parfois oubliées sur un piton rocheux, où elles n’ont rien à manger et courent donc vers la mort.

Roland Castells

Source : Choc

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