Extension de la station de Mijanès: le Grand Tétras peut enfin respirer

Communiqué du Comité Somport des Hauts Plateaux

M. Augustin Bonrepaux ne pourra pas comme il l’envisageait utiliser la trésorerie générale du département (notre argent) pour régler les déficits successifs du projet d’agrandissement de la station de ski de Mijanès, que par ailleurs personne à part quelques élus en mal de gloriole n’avait demandé.

Il a donc perdu l’occasion de poser sur la photo d’une piste de ski de la vallée de la Maure, enneigée artificiellement.

Soulignons au passage que le projet initial ne prévoyait pas de canon à neige, et qu’il s’était ajouté en cours de route, aggravant sensiblement l’impact sur cette vallée, en  ponctionnant la réserve d’eau sur des zones humides abritant des espèces protégées, sans parler de la facture énergétique à régler.

Il ne pourra pas non plus satisfaire les appétits gargantuesques des marchands de stations de ski, qui se frottaient déjà les mains en calculant les bénéfices escomptés, se tapant la panse de rigolade devant l’ineptie du projet.

Un télécorde pour rejoindre la station par une descente qui… montait, des tonnes d’enrochement, des kilomètres de filets de sécurité, une zone dangereuse impossible à surveiller correctement, un gouffre financier annoncé, des stations de ski autrement équipées à quelques encâblures de là, bref, ce projet de tartufe eût été le sujet de prédilection de nos futures causeries cantonales, médisantes comme il se doit: ça allait jaser dans les chaumières ! Et bien non !

Sur leurs chemins semés de gloire, il était dit que les élus du Donezan et le Président du Département  allaient trouver une embûche de taille, à savoir le Comité Écologique Ariégeois, épaulé par Nature Midi Pyrénées et le Comité Somport des Hauts Plateaux. Qui c’est ceux-là ? Quatre écolos qui n’ont pas encore trouvé l’Espagne, depuis 68 ?

Peut-être, et franchement ils exagèrent. Toujours est-il que les voilà partis dans l’information de la population et des médias, ce que s’étaient bien gardés des faire les porteurs du projet.

Et de communiqués en rassemblement (plus d’une centaine de personnes sur le site le 30 juin dernier), en passant par des dépôts de plainte et des distributions de tracts, ne voila t-y pas que le gouvernement, par l’intermédiaire de la Préfecture annonce son intention d’abandonner le projet, en invoquant le Grenelle de l’Environnement.

Il est vrai que prétendre lutter contre le réchauffement climatique et pour le développement durable  tout en massacrant une vallée entière dans un projet voué à l’échec, ressemblait fort à un grand écart digne des meilleurs acteurs de la commedia dell’arte. D’aucuns diront que nous en avons l’habitude, surtout en Ariège …

La deuxième raison invoquée est la protection du grand tétras, et elle mérite un petit temps d’arrêt. En effet, le grand tétras,  espèce réellement menacée est chassée en Ariège, il pourra ainsi cette année être «prélevé» 39 exemplaires de cette marque de luxe (ah, le coq au vin !).

Si on peut se féliciter de l’abandon du projet d’agrandissement de la station de Mijanès qui allait inéluctablement appauvrir l’espèce en Ariège, on peut se demander ce qu’attend le ministère de l’Environnement pour la déclarer espèce protégée, et interdire définitivement sa chasse.

La défense du coq de bruyère doit devenir dans les mois à venir un axe de revendication pour tous ceux qui en ont marre de voir les espèces disparaître les unes après les autres, d’autant lorsque l’origine de leur disparition est identifiée, et peut être facilement enrayée.

Ce n’est qu’un combat, continuons le début ! Allez, à présent tout est permis, abondance de rêve ne nuit pas. Imaginez l’Ariège à l’initiative de la suppression de la chasse au tétras, et pour fêter ça, tous ses habitants réunis dans une vallée d’Ax, pour une gigantesque photo de famille, vue d’avion, épanouie et souriante, quatre volailles à ses pieds, avec sur le côté un peu plus haut une ourse et son petit, et de l’autre côté un peu plus bas, un troupeau de brebis avec des patous,  tout ça un  peu comme un Lelouch en ralenti, et en arrière-plan le slogan, l’énorme slogan qui décoiffe les bérets inclinés:

«NOS MONTAGNES VALENT MIEUX QUE LEURS PROFITS»

Qu’est-ce que vous en dîtes ? Quelle puissance, quel élan pour le tourisme ariégeois ! Mais qu’est-ce qu’on attend ?

Par email, Comité Somport des Hauts Plateaux

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