Abruzzes : 10 % des ours tués ! Des chèvres empoisonnées ?

Des cadavres de chèvres empoisonnés seraient à l'origine de l'hécatombe dans la population d'ours des Abruzzes. Le WWF promet une récompense pour les informations qui permettront de découvrir les coupables. Les habitants et même les éleveurs dénoncent ces comportements mafieux. Une hypothèse est mise en avant : le suivi des ours génerait les braconniers. A confirmer...

Revue de presse italienne

Abruzzes : 5 ours et 2 loups sont morts

L'AQUILA – Deux autres oursons morts ont été trouvés dans le Parc national des Abruzzes. La nouvelle a été rendue publique le 3 octobre mais la découverte remonte à plus de 20 jours. Le Président du Parc, Giuseppe Rossi, a affirmé que les animaux étaient morts de cause naturelle et c’est pour cela que l’information n’avait pas été diffusée. De même, la mort de l’ours Bernard, signalée comme étant survenue vendredi dernier, remonterait à plus de 10 jours, alors que deux jours plus tard on retrouvait sa compagne tuée. Et hier, on découvrait le corps d’un autre ourson.

Le total des ours morts dans le Parc national s’élève donc à 5, dont probablement au moins 3 ont été empoisonnés. Au total il faut ajouter 2 loups, et une chèvre utilisée comme vecteur de poison. Hier le WWF a promis 10.000 € à qui pourrait donner des informations.

Source : Il messaggero – 3 octobre 2007

Le poison pour faire disparaitre les ours marsicain

MILANO (Reuters) – Les fonctionnaires du Corps Forestier de l’Etat ont trouvé un nouvel ours brun marsicain mort à l’intérieur du parc national des Abruzzes, Lazio et Molise. C'est la troisième macabre découverte en l’espace de quelques jours.

L’animal a été retrouvé "dans la même zone que celle où ont été découverts les corps de Bernard et de sa compagne, les deux autres exemplaires retrouvés morts dimanche et hier."  Le troisième ours serait un plus jeune que les deux autres.

L’hypothèse la plus probable est celle de l’empoisonnement. "La séquence étroite des découvertes renforce la thèse d’un possible empoisonnement, même s’il n’est pas exclu que ce soit accidentel et pas nécessairement lié à une volonté de supprimer Bernard, considéré par le passé comme un ours à problème" a dit Livia Mattei, biologiste et fonctionnaire du Corps forestier.

"L’événement met en évidence un profond abandon du territoire, des terres n’appartenant à personne où à cause de quelques irresponsables, on risque de compromettre le précieux patrimoine biologique de l’espèce en voie d’extinction" a-t-elle ajouté.

Il y a quelques jours, préoccupés de ne pas avoir reçu des signaux du collier de l'ours, les adeptes du Parc national avaient commencé à rechercher l’ours Bernard.

Source : Agence Reuters, 2 octobre 2007

L’ours Bernard était notre symbole

GIOIA DEI MARSI. "Ce ne sont pas des gens de chez nous qui ont tué l’ours Bernard : il représentait le symbole de ces terres". Ils en sont tous convaincus à Goia, Ortona, Saint Sébastien, si bien que samedi un défilé sera organisé pour commémorer le fameux plantigrade. Tous en sont convaincus, les administrateurs locaux, les jeunes de l’association "Amis de l’ours Bernard", mais également les gens et les paysans, ceux-là même qui ont trouvé leurs étables dévastées par les ours, mais qui récusent toute accusation, la qualifiant de "lieu commun".

Tous parlent cependant d’une "attaque extérieure", et même d’un "comportement mafieux". La version qui circule dans la région par rapport aux épisodes d’empoisonnement semble être liée à des actes de braconniers qui, à cause du super-monitorage des ours, ne pouvaient plus se déplacer librement ces derniers temps. Mais personne n’exclut une cause économique, c’est à dire abattre un symbole du tourisme.

"Dans cette zone", raconte un éleveur de Goia, "il y avait des carcasses de chèvres. Les ours en ont probablement mangé la viande." Mais dans un scénario tragique pour la faune du Parc national et pour le territoire marsicain, dont le symbole est l’ours, la bonne nouvelle vient de l’association d’Ortona. "Dimanche d’autres ours sont allées à Saint Sébastien" racconte l’association, "mais c'est une maigre consolation pour nous."

"Nous ne sommes pas en face d’un paysan agacé par le vol de miel dans son jardin", a affirmé Cristian Galimberti, de l’association des Amis de l’ours Bernard, "quelques affranchis voulaient toucher l’économie de la région, comme ils ont fait avec les incendies. L’ours est le symbole d’une entité, un territoire, et cela est un avertissement, une sorte de comportement mafieux. L’environnement et l’ours sont fondamentaux ici. C’est pour cela qu’on se mobilise, pour faire savoir que c’est une question qui intéresse non seulement certains élus mais aussi toute la vallée. Si les ours sont 40 en tout", a conclu Galimberti, "aujourd"hui quelqu’un en a supprimé presque 10 pour cent".

En juillet 2006, l’association s’était chargée des dégâts provoqués par l’ours aux poulaillers des résidents et avait distribué de nombreuses poules à la population. C’était un accord symbolique, un pacte de fer, une délcaration de paix entre les éleveurs et l’ours.

L’année dernière, dans la même zone, une dizaine de loups sont également morts par empoisonnement.  "Cette chèvre disent les anciens du village, a été amenée là pour ce délit. Dans cette zone, il y en a peu."

L’ours Bernard avait soufflé sa 7ème bougie le 24 août dernier. Il avait en réalité une dizaine d’années mais chaque été, les "Amis" organisaient une fête pour célébrer la naissance de l’association. Ces bougies serviront en fait pour un défilé funèbre que l’association a programmé pour samedi.

Source "L’espresso locale", 3 octobre 2007
Traduction : merci à Isabelle Mancini

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