L'ADDIP se sent incontournable et légitimée

"Tous les participants au voyage se sont accordé à reconnaître que la restauration de la population d’ours en France a été une suite d’échecs successifs.", rien que celà...

Communiqué de l'ADDIP, de retour des Asturies

ADDIP - Marie Lise Broueilh : "En préambule à ce voyage, nous avons dû négocier une meilleure représentativité au sein de la délégation, obtenant trois membres de l’ADDIP sur 14 participants presque tous pro-ours, ainsi que la possibilité d’une rencontre sur place avec des interlocuteurs locaux alternatifs de ceux imposés par le programme, que les ministères français et asturiens ont d’ailleurs tenté d’empêcher. Nous avons rappelé aux organisateurs que notre participation ne devait pas être interprétée comme une acceptation de la coexistence avec l’ours ou le loup, pas plus que notre adhésion à un quelconque processus de décision.

Notre voyage a conforté tout le bien fondé de nos réserves. Sur place, nous nous sommes attachés à évaluer le plus justement possible l’expérience asturienne, dans sa globalité. Notre vigilance, nos questions nombreuses et ciblées appuyées sur le travail préalable de l’association ont mis à jour, pour nous comme pour les autres membres de la délégation, l’évidence de l’impossible transposition du modèle asturien à nos Pyrénées".

Tous les participants au voyage se sont accordé à reconnaître que la restauration de la population d’ours en France a été une suite d’échecs successifs. Nous jugeons que l’Etat a commis de graves erreurs : d’une part en n’associant pas les habitants et les éleveurs qui ne sont représentés dans aucune des instances de décision. D’autre part en considérant uniquement la question de l’ours par «la lorgnette nature sauvage», ignorant l’impact global des décisions prises et leurs répercussions transversales sur l’ensemble des composantes du massif.

Nous revenons légitimés par le ministère dans le rôle incontournable que nous avons à jouer pour sortir de 10 ans d’une crise préjudiciable à tous, dans lequel notre interlocuteur ne pourra être que l’Etat. Avec cette expérience, le débat s’élève enfin au-delà de la question simpliste «pour ou contre l’ours». Tous les éléments que nous rapportons des Asturies démontrent objectivement comment la «récupération de l’ours», comme on le dit à Somiedo, ne peut s’inscrire que dans le cadre d’un développement durable et global du territoire incluant toutes ses dimensions environnementales, économiques et sociales.

Il nous appartient de faire des propositions concrètes d’avenir pour les Pyrénées qui, s’inscrivant dans ce triple cadre, porteront des projets concrets de développement durable dans les rôles qui ont toujours été les nôtres, adaptés aux spécificités territoriales des Pyrénées mosaïque de situations différentes : production agricole pour nourrir les hommes, - création et maintien de paysage et de biodiversité, - offre de sites et d’activités de loisir pour ceux qui les visitent, - emplois et plaisir de vivre pour ceux qui y habitent.

Source ADDIP

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