Pour l'ADET, la gestion de l'ours des Asturies est une démonstration

Communiqué Pays de l’Ours - ADET
Association pour le Développement durable des Pyrénées
Arbas, le 3 décembre 2007

A l’initiative du Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables, une délégation de pyrénéens s’est rendue du 26 au 29 novembre dans les Asturies ( La principauté des Asturies compte 78 communes pour une superficie de 10.000 Km2 et un million d’habitants. Une centaine d’ours est présente sur 19 communes, soit 206.000 ha et 75.000 habitants : une région peuplée et dynamique.) en Espagne.

Le premier succès de cette initiative est incontestablement d’avoir associé pour ce déplacement des personnalités de toutes sensibilités sur la question de l’ours.

Tout au long des visites et des rencontres, nos interlocuteurs élus, professionnels du tourisme, éleveurs et associatifs ont exprimé d’une seule voix :

  • leur attachement à la présence de l’ours ;
  • l’absence de conflit avec l’élevage ;
  • l’absence de conflit avec les activités de chasse ;
  • l’absence de problème de sécurité sur les personnes ;
  • l’importance de la présence de l’ours comme principal outil de développement du tourisme ;
  • et la très bonne acceptation de la présence l’ours dans la population locale.

Pas un seul interlocuteur, pas un seul éleveur, n’a exprimé un début de contestation sur la question de l’ours. Au contraire, les espagnols ont insisté sur la nécessité de protéger cette espèce classée autant par la loi espagnole qu’asturienne comme en «danger d’extinction». Ils ont apporté une preuve supplémentaire, s’il le fallait, que l’existence d’autres populations d’ours bruns dans le monde n’exonère personne de ses obligations en matière de lutte contre l’érosion de la biodiversité.

Voyageetudeasturies07 Si l’élevage asturien est principalement bovin, les milliers de moutons transhumants sur ce territoire (qui compte également plusieurs centaines de loups) ne connaissent pas de prédation particulière : les troupeaux y sont toujours gardés par des bergers accompagnés de chiens de protection. Dans le Parc Naturel de Somiedo, dont l’activité agricole est particulièrement importante, on constate même que la zone de plus forte présence de l’ours est également celle où l’élevage est le plus dynamique.

L’ours, emblème des Asturies, est utilisé comme vecteur d’un développement touristique de haute qualité basé sur la richesse du patrimoine naturel. Dans la seule commune de Somiedo, les capacités d’hébergement hôtelier sont passées en quelques années de 50 à 1800 lits ! Plusieurs interlocuteurs, éleveurs compris, ont même affirmé que la disparition de l’ours serait pour ce territoire une «catastrophe économique».

Cette réussite n’est pas le fait du hasard : c’est le fruit d’une volonté et d’un travail partagés par l’ensemble des acteurs pour concilier toutes les activités humaines avec la nécessaire protection du patrimoine naturel. C’est l’expression d’une grande maturité politique dans la gestion du «partage» de l’espace et dans la façon d’aborder les problématiques de manière globale, transversale, cohérente et durable, et non sectorielle et corporatiste comme c’est trop souvent le cas dans les Pyrénées.

Ainsi, l’Espagne montre à la France que le «projet pyrénéen» visant tout à la fois à restaurer une population viable d’ours tout en favorisant son développement n’est pas isolé en Europe. Le prochain déplacement en Italie dans le Trentin devrait en être une illustration supplémentaire.

Contacts presse : François Arcangeli, Président de « Pays de l’ours – Adet »,
Maire d’Arbas – 06 12 48 12 21

Commentaires