Augustin Bonrepaux n'ira pas au GNO

L’Auguste Tintin Bonrepeaux, comme ses protégés  n’iront pas sièger au Groupe National Ours : (GNO ? Celà ressemble à un grognement d'ours). Augustin Bonrepaux, le président du conseil général de l’Ariège écrit au préfet de Région Midi-Pyrénées (Dominique Bur) qui l'a invité au Groupe National Ours.

Bonrepaux : «Le groupe national OURS : une erreur de plus pour un vrai fiasco»

Augustin Bonrepaux n'ira pas au Groupe National Ours, sauf si l'on y amène de force

Je vous remercie de votre invitation à la réunion du Groupe National «Ours» dans les Pyrénées, mais j’ai le regret de vous informer que je n’y participerai pas.

En effet, depuis dix ans, plusieurs groupes de réflexion ont été réunis pour effectuer de prétendus bilans. Mais chaque fois c’est le point de vue de l’Administration et de ses supplétifs, financés à travers quelques associations fictives, qui a été retenu au mépris des acteurs locaux porteurs et gestionnaires du patrimoine pyrénéen qui restent bien minoritaires dans le groupe que vous proposez.

Pendant dix ans, j’ai eu l’occasion de condamner à de multiples reprises ces introductions improvisées et imposées à nos territoires. Depuis, mes rencontres avec les éleveurs dans la vallée, avec les bergers dans les refuges de montagne, les multiples prédations provoquées même à proximité des habitations ne font que conforter cette opposition car la situation ne fait qu’empirer.

Pour l’éleveur, c’est plus de travail et de dépenses, chaque jour plus de surveillance, davantage de chiens Patou, de bergers supplémentaires, sans résultat car il est illusoire de penser et mensonger de faire croire que dans nos montagnes escarpées, avec un élevage extensif traditionnel, il est possible de regrouper les troupeaux chaque soir sans dommage et d’éviter ainsi les prédateurs.

Pour les éleveurs et les bergers, c’est donc «plus de travail pour gagner moins» car les prétendues indemnisations sont bien loin de compenser tous les dégâts et tout le travail supplémentaire. Mais rien ne peut compenser et indemniser le tracas quotidien, les réveils en pleine nuit, le désarroi et le désespoir de ceux qui soignent, élèvent, sélectionnent avec soin leurs animaux et voient tout ce travail anéanti par des décisions absurdes.

L’aggravation de la situation au fil des ans permet d’imaginer l’avenir que certains envisagent pour nos montagnes. L’acharnement des associations de l’environnement à faire condamner, malgré le non-lieu du Procureur, un chasseur accusé d’avoir réussi à défendre sa vie, en dit long. Demain, ce seront tous les chasseurs qui devront céder le terrain devant la présence des prédateurs mais aussi les promeneurs pour la randonnée ou la cueillette.

Au cours de deux voyages en Slovénie et dans les Asturies, j’ai pu en effet constater que les plus grandes précautions étaient prises pour éviter la fréquentation des zones à ours dans des régions où l’élevage et le tourisme restent anecdotiques. J’ai pu ainsi constater que l’espèce ursine n’était pas aussi menacée qu’on le prétend puisqu’on en élimine chaque année plus d’une centaine de spécimens en Slovénie.

Vous m’invitez «intuitu personae» et je constate que les représentants de la population, des communes et des départements ne sont pas invités. Il est vrai qu’ils se sont à plusieurs reprises exprimés pour manifester leur opposition à ces introductions. Pourtant, ils sont mis à contribution régulièrement par l’Etat pour assurer la diffusion des précautions qu’il préconise pour éviter les accidents.

Enfin, au moment où on demande aux collectivités locales de faire des sacrifices pour contribuer au désendettement de l’Etat, je ne peux que dénoncer une fois de plus les énormes gaspillages en dépenses inutiles, l’inflation des auxiliaires d’équipes de suivi, les subventions largement dispensées sans contrôle. Mais ce qui m’inquiète le plus c’est l’avenir que l’on prépare pour nos montagnes, sans tenir le moindre compte de ses instances représentatives.

Dans le même temps, où toutes ces dépenses inutiles sont consacrées à démanteler nos activités traditionnelles et à bouleverser l’équilibre harmonieux de nos montagnes, des réglementations de plus en plus drastiques et des réductions de crédits sont autant de freins pour nos développements.

Ainsi les crédits du FNADT deviennent anecdotiques, ceux du FEDER sont orientés vers la compétitivité des agglomérations, quant aux crédits du Massif sur lesquels nous pouvions fonder quelques espoirs, il leur est interdit, sous des prétextes fallacieux, de financer la neige de culture pour mieux faire fonctionner nos stations.

Toutes ces orientations paraissent tendre à une lente asphyxie des activités et de la vie de nos montagnes avec le secret espoir de pouvoir les livrer aux prédateurs dont la tentative de réintroduction est un cuisant échec.

Pour toutes ces raisons, vous comprendrez que je resterai auprès de ceux qui, par leur travail, sont les véritables gestionnaires de ces territoires qu’ils ont su protéger et entretenir jusqu’à présent et qu’ils défendent avec un acharnement à la hauteur de l’attachement qu’ils leur portent. Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l’assurance de ma considération distinguée.

Augustin Bonrepaux
Communiqué du 24 juin 2008

Du côté des ultrapastoraux qui affirmaient que "leur seul partenaire" acceptable pour discuter est l'Etat :"Nous refusons d'avoir pour interlocuteurs des associations qui ne représentent qu'elles mêmes et dont l'ours est le fond de commerce " (sic), l’ADDIP a pris la décision, pour des "raisons de fond", de ne pas participer au Groupe National Ours. Trop dangereux pour l'ADDIP peu habituée à négocier. Les bergers ne sont pas des négociateurs, c'est vrai que leur métier consiste à garder les troupeaux, enfin parfois.

S'appuyant ce qu'ils appellent "les trois piliers légitimes" que sont :

  • les élus locaux (petits barons qui soutiennent les éleveurs en niant la crise du secteur ovin qu'ils mettent sur le dos de l'ours),
  • les syndicats agricoles (qui veillent aux intérêts des agriculteurs). Ne représentent-ils pas eux aussi qu'eux même avec les brebis comme fond de commerce; ce qui me semble naturel. et
  • les associations "de défense du patrimoine" : patrimoine soigneusement filtré en fonction de sa compatibilité avec les opinions et les intérêts pastoraux.

Leur référence scientifique, le linguiste Bruno-Besche-Commenge a créé dans le rapport à mi-parcours de l'ADDIP, le nouveau concept de la "biodiversité à visage humain" (La biodiversité a donc un visage !) opposée à la biodiversité toute seule, la vraie celle là, complète avec toutes les espèces végétales et animales, qui serait elle responsable de "l'ensauvagement" de leurs montagnes ! Mais ils veillent. Trompettes : "Montagnards, nous voilà..."

Depuis l'éaube des temps, des milliers d'années pendant lesquelles la biodiversité "sauvage" serait reponsable d'un grand complot de la nature contre l'homme. Heureusement 2008 a vu, grâce à Bruno-Besche-Commenge (Dieu le protège) la naisance de la lumière de la connaissance : la "biodiversité à visage humain"! Une année qui va éclairer le monde d'un nouvel humanisme pastoral, d'une nature où l'on garderait ce qui est financièrement utile au pastoralisme et où on éliminerait tous les empêcheurs d'estiver en liberté. Pourquoi Dieu ne s'en est-il pas renu compte dans la génèse ? Quel étourdi celui-là.

Louis Dollo titre dans Kairn, (qui, par un manque de recul surprenant pour un site qui parle de sports de montagne, gobe et publie tous les textes de ce furieux défenseur des intérêts pastoraux) : "Un front pyrénéen de refus se fédère aujourd’hui autour de l’ADDIP" (Il s'agit en fait d'une parole de Philippe Lacube) : toujours cette exagération grandiloquante pour fédéraliser l'ensemble des pyrénéens autour d' intérêts financiers sectaires de l'élevage ovin en crise.) Le refus, rien que le refus. Rien de changé donc pour les demoiselles pyrénéennes. La méthode du boycott continue au niveau politique comme au niveau des associations ultrapastorales. Pitoyable obstination anti-environnementale! Une république motagnarde fantoche qui rend les Pyrénées de plus en plus plates. "La forêt précède les peuples; le désert les suit." (Chateaubriand, repris comme slogan en mai 1968.) A quoi ressemble la forêt pyrénéenne dans les zones pastorales des Pyrénées atlantiques, sinon à un golf tondu par des miliers de brebis, les arbres ayant été préalablement abattus et les brousailles brulées par vous savez qui.

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