La consolidation nécessaire de l'Equipe Technique Ours (ETO) de l'ONCFS dans le cadre d'une lettre de mission re-précisée

Si le suivi de l'espèce protégée ours fait bien partie intégrante du contrat d'objectifs passé entre l'Etat et l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, il serait opportun que les différents aspects de cette charge légitimement confiée à cet établissement, et naturellement intégrée à sa dotation globale, soient exprimés par les autorités de tutelle de manière moins laconique et fassent l'objet d'une lettre de mission explicite.

Les objectifs comme les méthodes de suivi de l'espèce que le directeur général confie à l'Equipe technique Ours (ETO) sous l'autorité du directeur scientifique et du directeur du CNERA pourraient ainsi faire l'objet d'un cahier des charges qui leur évite la multiplication préjudiciable des donneurs d'ordre, et relie la chaîne de commandement à une coordination matricielle en lien avec la gouvernance générale du programme que nous recommandons.

En effet, en l'état, les missions de l'ETO qui mobilisent en ETPT quelque 8,5 agents, ont une exceptionnelle amplitude. Entre  :

  • le travail d'expertise scientifique,
  • le suivi de la population d'ours – soit avec les outils de radio-suivi continu, soit par animation d'un réseau de correspondants sur la base d'un protocole pour la collecte des indices de présence d'ours ou à partir de leurs observations fortuites,
  • les liaisons internationales pour les captures et la gestion technique des transports, des lâchers et des reprises,
  • l'information continue des autorités et des professionnels,
  • l'évaluation méthodique des ours à problèmes,
  • l'intervention lors des dégâts et des indemnisations,
  • la coordination des bergers itinérants, sans oublier tout ce que ces travaux supposeraient de compétences en appui technique, en empathie et communication et en qualifications incontestables.

Il semble que le spectre soit un peu trop large, et qu'il soit difficile de disposer de toutes les compétences. De plus les personnels comprennent plusieurs contrats à durée déterminée et vacataires alors que, sans nul doute, ces objectifs ne peuvent être atteints qu'avec de la spécialisation et de la durée.

La hiérarchisation de ces tâches, et notamment le rééquilibrage entre suivi fortement médiatisé des ours équipés d'un émetteur et suivi plus régulier, plus méthodique et plus fin de ceux qui ne le sont pas (en animant un réseau de bénévoles dit réseau Ours qui ne nous a pas paru actif en Pyrénées centrales), demande de re-préciser la lettre de mission de cette équipe et d'en consolider les effectifs.

Ainsi, le suivi très fin des femelles suitées demanderait plus de personnel. D'autre part, l'appel à des vacataires temporaires, nonobstant la formation pratique dont ils bénéficient, ne paraît pas très approprié aux missions délicates d'expertises des dégâts de prédations avant indemnisations.

En Ariège, par exemple, l'adjonction d'un agent permanent au service départemental de l'ONCFS serait plus fiable que le recrutement de deux vacataires temporaires utilisant leurs véhicules personnels. Enfin, le "pôle pastoral" dont le rattachement à l'ETO est historiquement compréhensible, mais qui alourdit ses tâches de coordination, pourrait avantageusement être désormais géré par le chef de projet PSEM, car les bergers itinérants, sont davantage dans le coeur de métier des services chargés de l'agriculture et dans la droite ligne de ce plan dont ils assurent le suivi.

Il est d'ailleurs important que ces techniciens pastoraux n'interviennent pas seulement après les dégâts, mais apportent leur soutien technique aux éleveurs et bergers en situation de confrontation avec l'ours, et même de façon préventive et anticipée, auprès de ceux souhaitant mettre en place des mesures de protection.

La place essentielle de l'ONCFS dans le programme ours impose que cet établissement soit destinataire d'une lettre de mission explicite de ses autorités de tutelle, et qu'à l'intérieur de l'Office le cahier des charges de l'équipe technique ours précise les objectifs, les priorités et les méthodes de suivi en reliant son action aux services compétents de l'Etat sous l'autorité fonctionnelle du délégué interministériel.

Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation  ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".

Commentaires de la Buvette

Je suis d'accord sur la trop large étendue des missions confiée à l'ETO. Les ours allant progressivement perdre leurs émetteurs (sauf sils sont ré-équipés), le suivi deviendra plus compliqué et sans doute plus long.

Il me semble inopportun de confier aux mêmes personnes le rôle de "baby-sitter" des ours (importation, localisation, suivi, capture, transport, information) et en même temps celui d'intervenir lors des dégâts.

Si un membre de l’ETO refuse le moindre dommage, les "protecteurs" des ours deviennent pour les éleveurs les responsables du non-dédommagement et sont perçus comme «partisans» ou «juge et partie» . C’est une source de conflits comme l’a bien montré la communication agressive envers l’ETO des associations ultra-pastorales. Un de leurs représentants annonçant par exemple des «procédures judiciaires» contre les personnes qui s’occupent d’expertiser les dégâts des ours accusées d’avoir eu des «comportements anormaux» - comprendre d’avoir refusé de mettre sur le dos de l’ours des pertes ayant d’autres causes. L’épisode grotesque des veaux d’Aston est parlant à ce sujet.

Plus de personnel à l'ETO faciliterait le suivi, la communication et la protection des troupeaux et des ours. Rien que du positif donc pour les deux parties.

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