Consolider des réserves de chasse

La communication avec le monde de la chasse suppose des chasses préférentielles pour les gibiers concurrents de l'ours ainsi qu'une gestion précautionneuse des battues dans les zones à ours ; des réserves de chasse, zones non chassées sur des territoires limités sont aussi à envisager

Par ses représentants dûment mandatés, le monde de la chasse a respecté les plans successifs de conservation de l'ours, et certaines fédérations ont accepté la présence de leurs agents dans l'équipe technique ours. L'ETO donne aux responsables départementaux de la chasse l'information sur les parcours des ours qui sont équipés d'un émetteur.

Pourra-t-on éviter d'aller un peu plus loin, et au nom du refus partout proclamé de toute nouvelle contrainte sur la pratique de ce sport, éviter de consolider des réserves de chasse ?

Les Pyrénées-Atlantiques ont fait une première approche en la matière. Une réunion récente dans ce département a permis de consolider en réserves de chasse et de faune sauvage quelques 450 ha des hautes vallées du Béarn, réserves de sociétés auxquelles s'ajoutent les territoires inclus dans le parc national des Pyrénées-Occidentales.

Il n'est pas seulement indispensable que les chasseurs disposent d'éléments d'information "clairs et concrets" sur la localisation des ours, mais qu'ils prennent en compte cette présence "dans l'organisation de la chasse et l'exercice de leur passion" [Document ressource de la FDC Pyrénéennes – 12 janvier 2005] L'adaptation des modalités d'exercice de la chasse dans les zones où vivent les ours ne suppose pas de transformer l'ensemble de ces grands espaces en réserves, mais il faut joindre à la protection intégrale d'une zone rapprochée autour des tanières, un suivi concerté des chasses et battues dans les zones périphériques et là où les femelles vivent avec leurs petits.

La définition de zones limitées autour des tanières, puis de zones périphériques pour les ourses suitées, doit pouvoir être formalisée. Une réglementation appropriée de la chasse, annuellement concertée, sur ces espaces, nous paraît possible et souhaitable. Conjointement ce que le plan ours initial avait prévu – réintroduction d'espèces de gibier désirées par les chasseurs et échanges appropriés entre espaces déjà mis en réserves – mériterait d'être négocié.

Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation  ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".

Commentaires de la Buvette

Les sangliers n'ont qu'à bien se tenir, les chasseurs pourraient favoriser l'ours en augmentant la pression sur son concurrent. Après, la bonne question est posée : "Pourra-t-on éviter d'aller un peu plus loin, et au nom du refus partout proclamé de toute nouvelle contrainte sur la pratique de ce sport, éviter de consolider des réserves de chasse ? "

Automne 1994 le chasseur André Apiou tue l'ourse Claude. «J’ai cru que c’était un sanglier. Si j’avais su que c’était la bête, j’aurais pas tiré». Le juge : «Mais vous avez tiré à moins de vingt mètres !» André Apiou : «Avec tous ces fourrés!» Le juge : «Mais le bruit... Le cri du sanglier ne ressemble pas à celui de l’ours!» André Apiou : «Je suis dur d’oreille»... Claude était le treizième ours de son tableau de chasse.

Le 29 septembre 1997, un jeune chasseur, intimidé par une charge de Mellba (elle est accompagnée de ses 2 oursons) abat celle-ci (voir l’article Artus " La mort de Mellba "). L'affaire est classée "sans suite".

Le 1er novembre 2004 en Vallée d'Aspe (Pyrénées-Atlantiques), René Marquèze fait feu et provoque la mort de l'ourse Cannelle. Le sexagénaire avait alors été mis en examen pour "destruction d'espèce protégée". Il a toujours affirmé n'avoir tiré qu'en dernier recours, après avoir cherché à éviter l'animal à plusieurs reprises, lors d'une partie de chasse en montagne. Il  a aussi été relaxé.

Ce serait bien demettre fin à cette série noire. "il faut joindre à la protection intégrale d'une zone rapprochée autour des tanières, un suivi concerté des chasses et battues dans les zones périphériques et là où les femelles vivent avec leurs petits."

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