La cohabitation sans problèmes notables avec la chasse

Avant la mise en place du Plan Ours 2006-2009, des relations constructives se sont tissées avec les fédérations départementales de chasseurs, et il faut saluer le rôle modérateur joué par les fédérations régionales.

Un protocole a été alors élaboré avec le concours de la DIREN de massif entre le préfet de massif et les fédérations départementales qui ont bien voulu le signer, en l'occurrence celles de Haute-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques. Ce protocole a comme objectif majeur de développer la formation et l'information des chasseurs, considérant que ce sont les éléments essentiels d'une cohabitation possible entre leur activité et la présence de l'ours.

Certes, les agents des fédérations rencontrés répètent avec insistance le discours convenu que la présence de l'ours ne doit créer aucune altération de l'activité cynégétique ni ne créer aucune obligation. Cependant, en cas de présence avérée, le protocole comme les pratiques, mises en place dans les départements qui ne l'ont pas signé, acceptent heureusement "d'adapter les modalités d'exercice de la chasse" dans l'objectif d'assurer la sécurité des chasseurs et de l'ours, et il peut même se faire que les autorités locales cynégétiques suspendent ou déplacent une battue pour éviter tout risque d'accident.

L'information sur l'ours venant de l'Equipe technique Ours ou directement d'une observation d'un chasseur rejoint très correctement les fédérations départementales qui en informent les présidents d'associations communales de chasse agréées. La chasse la plus pratiquée par les habitants des vallées étant la chasse aux sangliers, l'attention doit en effet être portée à l'organisation des battues, d'autant qu'elles s'effectuent souvent en battue avec chiens courants (jusqu'à une quinzaine de chiens par meute) essentiellement en zones forestières.

L'augmentation du nombre de pénétrantes dans ces zones a favorisé le développement de ce type de chasse naturellement inappropriée dans les zones et les périodes sensibles pour les ours. En revanche, la régulation par la chasse de la population de sangliers favorise indirectement l'ours puisqu'ils sont concurrents dans l'habitat, et on pourrait imaginer que les chasseurs puissent aussi laisser des carcasses de gibier utilisables par l'ours.

Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation  ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".

Commentaires de la Buvette

Engrangeons le "rôle modérateur" de certaines fédérations, mais rappelons aussi que les ourses Claude, Mellba et Cannelle ont été tuées par le fusil, comme des milliers d'autres ours avant elles.

Contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays, le jugement rendu à René Marquèze a ouvert la porte à toutes les dérives d'auto-défense. Les battues étant une des 3 causes de pertes pour la population résiduelle, elles devront être encadrées ou supprimées en zone à ours si l'Etat désire atteindre ses objectifs. La protection des zones vitales et la non pénétration dans les zones de quiétude sont deux des facteurs clés, et peut-être bien les plus important pour la réussite du projet.

Le nourrissage des ours avec des carcasses de gibier? J'ai bien du mal à me faire une opinion et laisse le soin aux spécialistes de déterminer ou d'expérimenter les avantages et les inconvénients. Si celà peut permettre de "localiser" les ours dans des zones favorables éloignées des estives, pourquoi pas, mais attention aux dérives éventuelles. Par contre le nourrissage envisagé avec des nouvelles implantations d'arbres fruitiers ou de champ de céréales m'enchante.

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