Le coût de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées

L'exécution financière du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises

Le rapport d'information de l'Assemblée nationale déposé le 13 décembre 2006 par la commission des finances, de l'économie générale et du plan s'est donné comme objectif de faire toute la lumière sur le coût de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées pour la décennie 1996-2005, tant en matériel qu'en heures de travail (2006 – Bonrepaux, p.5). Les chiffres de ce rapport sont ceux fournis par la DIREN coordonnatrice de massif. La matrice que nous utiliserons pour les années 2006-2007 est bien la même.

Cependant, comme chacun le sait, l'auteur de ce rapport, M. Augustin Bonrepaux, député de l'Ariège et président du Conseil général de ce département, avait présenté en 2000 au cours de la discussion sur la loi chasse, un amendement ayant pour but la capture de tous les ours réintroduits, amendement qui avait été censuré le 20 juillet par le Conseil Constitutionnel.

Les conclusions de son rapport sont donc conformes à ses prémisses : cette réintroduction est trop onéreuse [L'extinction progressive des ours réintroduits, éventualité qui paraît loin d'être exclue, "serait surtout révélatrice de l'insuffisance du projet général, porté par le contribuable pendant de longues années, en un mot de l'inutilité de toutes les dépenses déjà occasionnées" (ibid. p.24). "Mieux vaut donc en rester à un échec, si coûteux soit-il, que de s'engager sur une pente de dépenses aussi vertigineuse" (ibid. p.24). ] … En agrégeant optiquement toutes les dépenses sur dix ans, il s'agit d'une douzaine de millions d'euros et, hors personnels de la gendarmerie et des services de la Justice, ce sont quelques vingt agents en équivalent temps plein travaillé qui sont mobilisés par ce programme [Pour M. Bonrepaux, ce coût excessif ne fait que croître, notamment du fait des nouveaux lâchers de 2006, et il faut arrêter toute réintroduction et, notamment pour faire des économies, "cantonner les plantigrades dans un espace qui leur serait spécialement dédié" (ibid. p.25)].

En fait, la croissance des dépenses pour 2006 par rapport à 2005 a été très faible, 1.863.111 en regard de 1.857.659 euros, très loin de l'aggravation systématique et du niveau d'inquiétude annoncés. Le bilan financier des années 2006-2007 détaillé en Annexe 2 du présent rapport expose la répartition des charges. Ainsi, les dépenses ponctuelles liées au renforcement de 2006 ont été compensées par des économies sur d'autres postes. De même, si les crédits communication, dont l'importance est critiquée par le rapporteur, ont connu un pic en 2005 du fait des concertations préalables à l'élaboration du plan ours, elles représentent les autres années un pourcentage très raisonnable du programme.

Le bilan 2007 fait apparaître un total de crédits consommés de 1.946.869 euros. On peut certes discuter de la partie de cette somme qui va réellement au monde agricole – entre un tiers selon l'analyse de M. Bonrepaux et la moitié selon la DIREN – car un certain nombre d'aides et d'indemnisations leur sont effectivement destinées, et il n'est pas non plus totalement objectif d'oublier que le plan de soutien à l'économie de montagne, distinct mais contemporain et coordonné, contient délibérément des mesures de prévention vis-à-vis de la présence de prédateurs qui rejoignent aussi le monde pastoral.

Ainsi, des mesures annoncées et utiles ont objectivement réussi à faire progresser la prévention: il s'agit pour l'essentiel de l'aide au gardiennage avec plus de bergers salariés et le concours de bergers itinérants, avec des parcs électrifiés, et avec davantage de chiens patous mieux formés et mieux placés. Il ne serait pas raisonnable de considérer ce bon bilan comme défavorable au pastoralisme pyrénéen.

Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation  ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".

Commentaire de la Buvette

La toute puissance de Tintin en Ariège ne l'empêche pas de se faire remonter les bretelles à Paris. Pas de chasse pour capturer les fauves. Selon Augustin Bonrepaux, "ce coût excessif ne fait que croître" : 5452 € de plus en 2006 qu'en 2005 et 89200 € de plus en 2007. Du total, entre 973 434 € ou 648 956 €, selon que l'on se place du "côté des manifestants ou du côté des forces de l'ordre" sont distribués au millieu pastoral : "l'argent sâle de l'ours." Le travail des Techniciens pastoraux itinérants (TPI) ne comptant évidement que pour du fromage, pour le financeur de l'ASPAP. Un bel exemple de parti-pris politique. L'electorat, cela compte dans un département rural aussi reculé que l'accueillante Ariège.

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