La localisation des lâchers

Autant le renforcement des "noyaux" résiduels de population pyrénéenne d'ours se justifie si l'on souhaite une population viable, autant le lâcher de Françka hors aire de distribution de l'ours, à égale distance de ces deux noyaux, est pour le moins surprenant et les parcours qu'elle a faits vers les parties basses de l'étage montagnard n'ayant nullement suivi le projet qu'on avait fait pour elle, ont démontré que c'était une erreur.

Ainsi, les deux massifs du Pibeste/Estibète et des Baronnies, où Françka a longuement rayonné avant d'y faire sa tanière, sont l'exemple même de la zone où les troupeaux ovins sont le plus souvent de très petite taille, éparpillés sur le territoire, et où la prédation est la plus aisée ! En effet, la conduite par rassemblement de plusieurs troupeaux n'a jamais été pratiquée et les outils de protection (gardiennage, chiens de protection et regroupement nocturne des troupeaux) sont soit techniquement insuffisants soit localement impossibles, car ces estives de faible altitude (d'utilisation très longue en intersaison et en été) présentent des parcours très imbriqués à la forêt, avec un linéaire de lisières très important, et n'ont jamais disposé pas de cabanes de bergers.

Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation  ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".

Commentaires de la Buvette

Si Francka a été lâchée entre les deux noyaux, à une place non appropriée, c'était dans l'espoir qu'elle rejoigne le noyau de mâles solitaires béarnais. Elle s'en est fort approché, mais sans le rejoindre. C'était une tentative de sauvetage des gênes du Béarn. La faute à qui? Qui a bloqué l'introduction de deux femelles en Béarn? Qui a retourné sa veste ? La réponse se trouve dans les vidéos de la buvette (visionnez "Jean Lassalle aime les belles filles")

Quelle sera dans l'avenir la meilleure solution : lâcher les ours au centre des zones les plus appropriées, et en ce qui concerne le Béarn, dans le massif de Sesques entre Aspe et Ossau. Il n'y aura plus besoin d'espérer un hypothétique déplacement. Les ours vont là où ils sont le mieux. Après l'expérience Francka, les éleveurs devront reconnaître que certaines zones sont plus appropriées que d'autres pour les lâchers.

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