La mort accidentelle de deux femelles réintroduites

Dès 1996, et de manière prémonitoire, l'étude AScA de l'époque (p.125) sous l'égide de Christopher SERVHEEN avait identifié les trois facteurs majeurs menaçant la survie de l'ours :

  1. accident de chasse,
  2. chute dans un habitat dangereux,
  3. collision avec un véhicule.

Les trois morts par accidents de chasse des ours femelles Claude en 1994, de Mellba en 1997 puis de Cannelle, dernière ourse pyrénéenne, en 2004, suivies en août 2006 du dérochement de l'ourse Palouma et enfin en août 2007 de la collision de l'ourse Françka avec deux véhicules, correspondent exactement à la prédiction. Ainsi sont mortes l'une des deux ours femelles lâchées en 1996 et deux des quatre ours femelles introduites en 2006.

Le même auteur soulignait que "la réintroduction d'ours sans précautions conduirait probablement à un risque accru de mortalité directe", trois facteurs défavorables se cumulant :

  1. augmentation du nombre d'ours, de surcroît inexpérimentés dans l'habitat,
  2. pénétration humaine croissante du massif,
  3. acceptabilité de l'ours étranger loin d'être acquise (ibid. p.126).

Par raisonnement symétrique, on peut déduire de ces cinq morts que la stratégie doit travailler encore mieux sur

  1. l'organisation des battues de chasse,
  2. la localisation appropriée des lâchers,
  3. la définition de zones de quiétude sans pénétration significative des hommes et
  4. l'acceptabilité d'une réintroduction par ceux qui en sont les premiers affectés.

Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation  ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".

Commentaires de la Buvette

Christopher Servheen connait son sujet. Si quelqu'un sait où trouver cette étude AScA de 1996, j'aimerai la consulter.

La perte de 5 ourses femelles pour une population en danger est une vraie catastrophe. Leur remplacement serait une opportunité pour atteindre l'obigation de résultat : le maintien d'une population viable d'ours dans les Pyrénées.

Les orientations à suivre dans le futur corrigent les quatres facteurs dangereux : la chasse en battues, les lâchers dans des zones favorables, la protection des zones vitales de quiétude et l'acceptation qui nécessitera de lâcher du lest et donc des compromis pour les pro-ours.

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