La fièvre catarrhale ovine ou maladie de la langue bleue

Le cas de la fièvre catarrhale ovine, dite "maladie de la langue bleue" est très significatif. Elle affecte tous les ruminants domestiques ou sauvages (bovins, caprins, cervidés et ovins), mais les symptômes sont généralement les plus aigus chez les moutons. Maladie d’origine tropicale, découverte en Afrique du Sud, elle a traversé la Méditerranée à la fin des années 90, et a progressé très vite depuis l’été 2006 à partir de la Belgique, de l’Allemagne, du Luxembourg, des Pays-Bas, du nord de la France et du Royaume-Uni. Le virus est apparemment en train de s’adapter à un nouveau vecteur, un insecte local du genre Culicoides qui survit aux températures rigoureuses. «Nous n’aurions jamais imaginé que le virus de la fièvre catarrhale puisse atteindre les pays européens à des latitudes si élevées», a déclaré Stéphane de la Rocque, spécialiste de la santé animale à la F.A.O. «Le virus est déjà endémique en Corse et en Sardaigne mais il pourrait maintenant persister dans les pays d’Europe du Nord

En France, à l’automne 2007, la maladie de la langue bleue a occasionné jusqu’à 20% de mortalité de certains troupeaux du nord de la France. En Sardaigne, 200 000 brebis sur 3 millions sont mortes ou ont été abattues ! Elle a fait son apparition dans les Pyrénées basques à la fin de l’année 2007 et un bel avenir semble tracé pour elle …

«Aucun pays ne peut prétendre être à l’abri des maladies animales», a déclaré Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la F.A.O. «Les maladies animales transfrontières, qui étaient autrefois confinées aux pays tropicaux, se répandent désormais dans le monde entier. Elles n’épargnent pas les zones
tempérées comme l’Europe, les Etats-Unis et l’Australie
.» (Source : bulletins de l’A.F.S.S.A. et de la F.A.O.).

Stéphan Carbonnaux

Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées"  commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.

On sait par ailleurs que les grandes concentrations de bêtes domestiques permettent la transmission de maladies vers la faune sauvage. Vincent Vignon rappelle l’augmentation des cas de brucellose ou de kératoconjonctivite sur les chamois et les bouquetins des Alpes du Sud au cours des années 1980 et 1990 [V. Vignon, 2007, op. cit.] Les isards dans les Pyrénées ont eu également à souffrir de la kératoconjonctivite dans les années 1980, une maladie qui fait de nouveau parler d’elle ces dernières années.

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