Tir de l'ours Balou en Ariège : AVES réagit

Suite au tir d'un ours en Ariège le 7 septembre 2008 par le chasseur Thierry Bergeaud, l'AVES réagit par la voix de Christophe CORET.

"Ce nouvel incident est inacceptable et il est temps d’identifier les responsables. Depuis la création de l’association AVES FRANCE, nous demandons l’interdiction des battues dans les zones où l’ours est signalé. Un ours avait été observé la veille de cet incident par l’équipe technique ours !

Qui a autorisé cette battue ? Pourquoi l’Etat français n’a toujours pas légiféré sur la protection des zones à ours ? Pourquoi les tueurs d’ours ne sont-ils jamais condamnés ? Y a-t-il encore un avenir pour l’ours dans les Pyrénées ?

A plusieurs reprises, et encore récemment (le 27 août 2008), AVES FRANCE a envoyé un courrier au Ministère de l’Ecologie afin de demander des comptes sur la gestion du dossier ours : "Dans le cadre du nouveau Groupe National Ours et à l’occasion des prochaines tables rondes sur la chasse, l’association AVES France réitère sa demande de création de zones protégées intégrales sur le territoire des ours.

Le dérangement causé par certaines activités (touristiques, forestières, création de routes…) et l’opposition systématique des ultra-pastoraux sont autant de menaces pour la survie des ours pyrénéens. La chasse est une autre source de nuisances non négligeable. (...)

Pour AVES France, il semble indispensable aujourd’hui de créer des zones de réserves intégrales sur le domaine vital de l’ours, comme le furent les réserves Lalonde en leur temps.

Ces zones sur lesquelles la chasse doit être prohibée et les activités humaines contrôlées permettront aux populations d’ours de se développer et limiteront les perturbations liées aux hommes.

L’ours est un animal fragile. Son avenir passe aussi par la protection de son environnement. Ces zones de protection intégrale devront être soigneusement délimitées de façon à prendre en compte les domaines vitaux des ours. Nous insistons particulièrement sur l’activité de chasse, qui est extrêmement dommageable pour les plantigrades. Notamment les battues aux sangliers. L’expérience a hélas montré que les fédérations de chasse se sont montrées incapables de prendre des décisions adéquates dans les zones à ours. Il convient donc de leur interdire de pratiquer cette activité dans ces lieux."

Ce n’est pas le premier courrier que nous envoyons à M. Sarkozy et à Mme Kosciusko-Morizet. Dans la lettre que la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie nous a adressée en réponse, le 30 octobre 2007, elle souhaitait nous rassurer sur son engagement sur ce dossier. Et pourtant !

Depuis, aucune de nos plaintes n’a abouti ! Depuis, rien a changé ! Depuis, on continue de persécuter l’ours sans être inquiété...

Nous avons donc décidé, le 26 avril 2008, d’envoyer une plainte au Conseil de l’Europe contre l’Etat français, pour sa mauvaise gestion du dossier ours. La protection de l’ours est un engagement européen ! L’Etat français doit trouver le courage de mettre en place quelques mesures (protection intégrale du domaine vital des ours, interdiction de la chasse en battue, limitation des activités humaines sur les zones de protection intégrale, mise en place d’un contrat obligeant les éleveurs à protéger leurs troupeaux dans ces zones de protection...), ou avoir la franchise d’annoncer qu’il renonce à la conservation de l’ours dans les Pyrénées lors de la prochaine réunion du Groupe National Ours.

Christophe CORET

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