L’ours et le tourisme

Où il sera combattu les fantasmes et mensonges de certains, selon lesquels le retour de l’ours provoquerait la fin de l’économie touristique des Pyrénées.

par Stéphan Carbonnaux

«Los amigos del oso y del FAPAS son nuestros amigos. Les amis de l’ours et du FAPAS sont nos amis.» (Le couple de propriétaires de la casa rural, "La Sinriella", vallée de Proaza, Asturies, avril 2008)

Il n’est pas dans notre propos de défendre le tourisme, qui a ses professionnels et ses syndicats pour le faire, d’autant que le tourisme de masse présente des aspects néfastes pour la protection de la nature et celle de l’ours en particulier. Non, il s’agit de dénoncer ici l’affirmation selon laquelle l’ours ne serait pas bon pour le tourisme familial dans les Pyrénées, ferait fuir les gens depuis les derniers lâchers d’ours d’origine slovène.

Effrayer la population : un boomerang imbécile

Dès avant les lâchers du printemps 2006, les groupes ultra pastoraux ont tenté d’effrayer la population. Ainsi, à sa création au début de l’année 2006, l’A.S.P.A.P. écrivait : «Mais pire que tout, nous sommes de plus en plus nombreux à être inquiets quant au risque majeur d’accidents sur les habitants et sur les utilisateurs de la montagne. Nous signalons régulièrement aux autorités l’importance de ce risque. Faut-il attendre qu’un drame se produise pour réagir ? (danger accru pendant les deux années d’allaitement de l’ourson, danger du patou face aux randonneurs). Quel serait l’impact d’un tel accident sur la fréquentation touristique de notre département ? [Appel à cotisation de l’A.S.P.A.P., 17 février 2006.]»

Dans un autre document, ils prétendent que «les professionnels du tourisme sont inquiets, ils reçoivent déjà de très nombreux courriers de vacanciers qui renoncent aux Pyrénées à cause de la présence d’ours. Le tourisme familial - très important dans notre région- pourrait se détourner des Pyrénées à la première attaque d’ours sur des personnes. Car le risque existe, surtout en cas de femelle suitée

Avant d’en venir au fond, remarquons que la prétendue dangerosité de l’ours passe comme l’argument principal de l’opposition de l’ASPAP, avant la soit disant incompatibilité de la présence des ours avec le pastoralisme exposé au point précédent de leur document. Il est bien écrit : «Mais pire que tout…» Ceci n’est en rien étonnant de la part d’une telle association qui agite les peurs les plus faciles dans le but officieux de fonder un lobby. M. Bruno Besche-Commenge le révélait presque explicitement à la fin d’une émission diffusée sur France Culture en 2007.

Invoquer la peur de la bête sauvage, c’est nous ressortir le Petit chaperon rouge au XXIème siècle. Et c’est chose aisée, car la peur de la nature règne chez bon nombre de personnes issues des villes ou des campagnes, fruit d’une civilisation occidentale qui s’est construite depuis des siècles, même des millénaires, sur la peur et sur la destruction de la nature. Il n’est pas rare de croiser sur les chemins de montagne des randonneurs urbains effrayés par une couleuvre comme il est encore fréquent de voir des paysans les tuer d’un coup de bâton (observation personnelle). Combien de chasseurs craignent les sangliers qui sont effectivement agressifs lorsqu’on les chasse et bien plus s’ils sont poursuivis par des chiens ou lorsqu’ils sont blessés. Qui, à part une poignée de passionnés ou de braconniers, connaît la nature la nuit, un moment pourtant essentiel de la vie de nombre d’espèces ?

La très grande majorité de nos contemporains n’a ainsi qu’une vision très restreinte de la nature. Elle se limite alors aux jardins, aux parcs urbains ou aux alentours des villages. Les plus aventureux parcourent nos parcs nationaux ou des réserves naturelles sans s’écarter des chemins de grande randonnée ou de sentiers qui mènent à des cabanes d’observation. Une toute petite minorité s’éprend véritablement de la nature, quand elle reste pour la plupart une terra incognitae. Devant un massif forestier abritant une forêt primaire, des ours, des loups et des lynx et quantité d’autres bêtes, une peintre slovène nous disait : «Ici, c’est Mars pour les gens !»

Craindre l’ours est donc chose compréhensible chez l’homme moderne coupé d’un contact avec la nature, qui plus est d’une nature complète avec ses grands prédateurs. Les effets médiatiques de telle ou telle affaire n’arrangent rien bien évidemment. Un ami ornithologue nous racontait qu’à l’été 2007 il fut appelé par un inspecteur d’académie qui lui demandait s’il n’était pas dangereux de se rendre dans les Pyrénées avec ses enfants à cause des… vautours ! D’un autre côté, on voit de plus en plus de gens prêts à observer des animaux sauvages, il est vrai parfois inconsciemment comme nous le confiait un forestier slovène à propos d’une famille française qui cherchait à approcher … une ourse et ses petits.

Les Pyrénéens seraient très inspirés d’étudier l’expérience italienne dans les Abruzzes, celle des Slovènes ou encore celle des Espagnols dans les Asturies. Ils y constateraient que l’homme vit au contact des ours, parfois aussi des loups et des lynx également, sans craindre d’accidents.

On compte deux cas d’accidents sur un demi-siècle en Slovénie, des cas rarissimes qui trouvent leur origine dans une faute humaine ou une grande malchance (comme celle de prendre une pierre sur la tête en montagne). Le dernier en date est celui d’un homme parti couper du bois le 24 février 2000 aux abords d’un village avec son chien. Celui-ci est manifestement allé provoquer une femelle dans sa tanière puis est reve nu dans les jambes de son maître, poursuivi par l’ourse ! L’homme a été blessé assez sérieusement au bras droit, puis a été hospitalisé jusqu’au 14 mars, date à laquelle il a complètement récupéré de l’attaque [B. Kryštufek, H. I. Griffiths, «Anatomy of a human bear conflict. Case study from Slovenia in 1999-2000”, Living with bears, A large European carnivore in a shrinking world, L.D.S., Ljubljana, 2003, pp. 127 et s.] Notons que des milliers de personnes fréquentent la forêt slovène en quête de champignons, pour le traditionnel piégeage des loirs ou pour y chasser, donc surtout à l’automne lorsque les ours (5 à 700) sont très actifs et engraissent avant l’hiver. Le reste de l’année, les Slovènes sont nombreux à parcourir la forêt à pied.

Dans les Asturies, les hommes vivent de manière analogue à celle des Pyrénéens sans déplorer d’accidents. Les Pyrénéens constateraient aussi que des familles entières viennent désormais observer cette grande faune et louent des gîtes, achètent dans les épiceries locales, se rendent au restaurant, etc., bref font vivre une économie locale et ses produits de qualité. Nous avons constaté personnellement combien la région de Somiedo où vivent de nombreux ours attire des familles avec enfants, dont certaines viennent spécifiquement observer les ours, les voient !, et s’en reviennent régulièrement aux mêmes gîtes et restaurants. Il s’agit incontestablement d’une évolution des moeurs qui ne fera sans doute que s’accentuer et touchera de plus en plus nos montagnes des Pyrénées.

L’ours facteur de désolation générale, de la lèpre et du choléra !

Le ressort de la peur déjà usé (car fort heureusement il s’use), les ultrapastoraux cherchent ainsi à démontrer que l’entretien et le maintien d’espaces ouverts par l’activité agropastorale serait menacé, non seulement par le retour de l’ours, et du loup, mais aussi par l’«ensauvagement» du massif. C’est ainsi qu’ils tentent de faire croire que leurs intérêts (grossièrement comparés à ceux des habitants des vallées) sont liés à ceux des urbains qui jouissent de la montagne. Sans pastoralisme, il serait par exemple impossible demain de randonner sur des sentiers d’une montagne devenue «impénétrable» !

C’est ainsi que ces groupes ont lancé une campagne stupéfiante faisant de l’ours (et du loup) les vecteurs d’un «ensauvagement», dont l’objectif caché serait de faire déguerpir tous les êtres humains au profit des animaux sauvages. Lors de l’assemblée générale de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen (ASPP65), présidée par Marie-Lise Broueilh, il a été question de rallier le grand public dans la volonté de garder une montagne vivante, sans prédateurs. «L’ours : ce n’est pas bon pour le tourisme » titrait alors La Dépêche du Midi du 23 avril 2008, citant Bernard Moules : «Le pastoralisme est la base qui permet à toutes les autres activités économiques, et notamment le tourisme de vivre dans les Pyrénées. Et si les éleveurs disparaissent des montagnes, on ne donnera pas cher de toutes les activités autour. (…) « Des choix doivent s’opérer. Ou l’on veut d’une montagne que l’on va laisser à la nature qui va reprendre le dessus, ou l’on veut une vie dans nos montagnes avec des acteurs économiques. (…) La présence de l’ours ne favorise pas le tourisme, il le fait fuir. Les utilisateurs de la montagne demandent d’abord à ne pas rencontrer l’ours. Notre combat est aussi le leur

Pour Philippe Lacube, président de l'ADDIP, «2008 sera une année charnière dans les Pyrénées. S'appuyant sur l'évaluation du Plan ours qu'il vient d'achever, l'État va prendre dans les tous prochains jours des décisions qui engageront le devenir de notre massif d'une façon déterminante : au nom de l'ours et du loup tout puissants, c'est bien la place des activités humaines que l'État et les associations environnementalistes tentent de réduire ou d'éliminer : pastoralisme, développement économique et touristique, chasse, libre circulation ... À court terme, c'est l'équilibre remarquable pyrénéen qui est menacé de disparaître, tel que des générations d'hommes ont su le sauvegarder, l'adapter et le faire progresser dans les conditions difficiles du milieu montagnard

Clamer que l’ours menace l’existence du pastoralisme est une absurdité quand les prix du marché mondial et la concurrence internationale sont les raisons sérieuses du malaise pastoral pyrénéen. C’est d’autant plus malhonnête que les groupes ultrapastoraux sont soutenus par le syndicat FNSEA dont on connaît depuis l’après-guerre sa philanthropie à l’égard des petits paysans français… Prétendre que le pastoralisme est nécessaire à l’exercice des autres activités économiques est pour une bonne part un autre mensonge. Sur la simple question des sentiers, chacun dans nos Pyrénées sait que nombreux sont les chemins ouverts et entretenus aujourd’hui par de petites entreprises. Dans les forêts, les cerfs, les sangliers, voire les ours, entretiennent eux aussi des sentiers sur lesquels on marche sans la moindre difficulté.

En Slovénie, là où la densité humaine est la plus faible, conséquence de la deuxième guerre mondiale, les sentiers n’ont pas disparu et sont très entretenus par le passage des hommes et de la faune. La montagne slovène, peuplée par de nombreux ours, loups et lynx, n’est pas le désert humain, impénétrable, décrit par des personnes de mauvaise foi. (NDLB: Lire A propos de mauvaise foi)

Le révisionnisme patrimonial

La haine qui entoure le retour de l’ours et les intérêts de certains à se débarrasser d’une montagne habitée par l’ours ont généré des attitudes nouvelles en matière de promotion touristique. C’est ainsi que dans certains départements comme l’Ariège ou les Hautes Pyrénées, l’ours n’est pas présenté comme la figure essentielle qu’il est dans le patrimoine naturel et culturel pyrénéen, relégué comme une bête visitable dans les zoos et culs-de-bassefosse, quand il n’est pas tout simplement occulté.

Sans doute parce que la pression ultrapastorale est forte dans certaines parties des Hautes-Pyrénées, certains responsables du tourisme de ce département négligent ou occultent l’existence de l’ours dans les documents publiés à destination du public. Dans l’édition 2008 de la plaquette de Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement distribuée, « Hautes-Pyrénées, les séjours heureux », disponible dans les offices du tourisme, également jointe à un magazine d’informations, on ne trouve aucune mention de l’existence de l’ours. À propos du Parc des Pyrénées, on peut lire : «(…) Sa faune est aussi diverse que fragile, avec l’isard, symbole des Pyrénées (sic !), le grand tétras [La chasse du grand tétras est permise dans les Hautes-Pyrénées. Cette espèce est désignée comme fragile pour les touristes, mais les responsables administratifs, politiques et cynégétiques ne doivent pas lire les documents des offices de tourisme…] ou encore le gypaète barbu. (…) »

Au chapitre des écovacances, on propose une transhumance à la rencontre des hommes et des troupeaux, avec l’inévitable couplet sur le rôle soit disant essentiel du pastoralisme dans l’entretien des paysages et de la sauvegarde de la nature. Et en lisant bien, on trouve écrit en petits caractères la seule mention du roi des montagnes, du symbole des Pyrénées par delà les siècles, sous l’annonce d’un séjour naturaliste dans un gîte labellisé «Etape du pays de l’ours» C’est tout ! Curieusement, on propose un sentier balisé sur le site du tournage du film «Le Pacte des loups». Qu’on se rassure, les loups ne peuplent pas (encore !) la forêt.

Nous pourrions évoquer d’autres exemples de ce qu’il faut bien appeler un révisionnisme patrimonial. N’en doutons pas, ceux qui tentent d’occulter l’existence de l’ours à l’époque préhistorique, comme dans l’exposition à l’entrée de la grotte de Niaux (où ne figure aucune mention ni aucune image d’un animal majeur pour les hommes depuis des millénaires), connaîtront tôt ou tard l’effet du boomerang. On ne peut nier les évidences, pas plus que la très longue histoire.

Conclusion

Toutes les personnes de bonne foi constatent ou constateront que vivre avec des ours, et plus généralement avec une grande faune, est possible sans désagréments majeurs et n’empêche nullement, au contraire, le tourisme familial classique. Les éleveurs ne pourront pas longtemps défendre leur profession en agitant des élucubrations aussi grossières.

En outre, la mort violente d’animaux aussi chargés symboliquement que les ours n’est jamais neutre. Plusieurs témoignages collectés en vallée d’Aspe, notamment auprès des propriétaires de l’hôtel des Pyrénées à Etsaut, démontrent que la mort de l’ourse "Cannelle" a eu un impact négatif sur la fréquentation de la vallée d’Aspe. La presse au mois de novembre 2004 s’était d’ailleurs fait l’écho de nombreuses réactions en ce sens et des plaintes des maires qui recevaient quantité de courriers, appels téléphoniques et courriels de protestation et d’injure. Certaines personnes annonçaient qu’elles ne reviendraient pas dans cette vallée.

L’équipe de l’événement "Eldorando", organisé en 2006 en vallée d’Aspe, affichait d’ailleurs sa volonté de redorer le blason d’une vallée en partie terni par la mort de l’ourse. Après la mort de l’ourse "Mellba", à l’automne 1997, il avait également été noté par divers professionnels du tourisme, notamment le patron et cuisinier de l’auberge du Crabère à Melles, une désaffection soudaine de la région fréquentée par des touristes anglo-saxons suite à la réintroduction de 1996. Nous Pyrénéens devons réfléchir à cela et inventer un rapport sain avec l’ours.

Marie, 11 ans, achève le moulage d’une empreinte d’ours sur une piste forestière, Slovénie, mai 2008. Quelques jours plus tard, vers 13h00, en sa compagnie, celle de son père et de son grand-père, nous avons moulé une autre empreinte alors qu’un ours passait à moins de 50 mètres de nous, le plus silencieusement du monde. De forts effluves nous sont parvenus grâce à des rafales de vent. Interrompant notre travail, nous avons remonté le vent et avons alors découvert les traces fraîches d’un ours.

Marie, qui a vu ses premiers ours à l’âge de 10 ans et a dormi à la belle étoile dans la forêt, mais aussi Quentin, Maylis, Nicolas, Nathan, Mathis et Adèle, sont les enfants d’une génération qui découvrent entre 10 et 15 ans ce que nous avons connu beaucoup plus tard. Ils sont la preuve la plus vivante que l’homme peut cohabiter avec l’ours en parfaite intelligence.

Stéphan Carbonnaux

Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées"  commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.

Commentaires de la Buvette

Aucun "accident" encore cette année, aucun touriste dévoré. Les chiffres de fréquentation des Pyrénées par les touristes sont-ils bons pour autant ? Non : -3% de fréquentation. Et si c'était les "Non à l'ours" badigeonnés sur les routes choquaient les candidats touristes ? Pour compléter les exemples de Stéphan Carbonnaux, voici quelques "perles" issue d'une page du site de l'ASPAP :

"Malgré nos alertes, au delà du drame humain que représenterait une attaque, l'état ne semble pas conscient des conséquences catastrophiques qu'elle engendrerait pour l'avenir du tourisme dans les Pyrénées."

"Les 3 plus grands groupes d'assurances français, interrogés sur les droits des victimes d'une attaque d'ours sont unanimes : en l'absence de tiers responsable, l'animal n'ayant aucune personnalité juridique, aucune indemnisation n'est prévue. Ni pour les frais de secours, ni pour les soins non remboursés par la Sécurité Sociale, ni pour les séquelles physiques ou morales éventuelles."

"Le retour de l'ours, surtout dans des vallées où il était absent depuis des générations, suscite émotion et inquiétude chez les résidents permanents comme chez les vacanciers, habitués à profiter sans réserve de leur environnement proche."

"Quand les troupeaux seront tous partis, nous dit un ancien, pour que la montagne soit belle on fera venir des engins à moteur, des broyeurs, des faucheuses. Dans le bruit et l’odeur d’essence, ils râcleront, arracheront, piétineront ces espaces que les troupeaux entretenaient pour nous tous. Les loups tueront aussi les marmottes, les isards. Les ours feront les poubelles des villages. Les touristes regretteront les troupeaux, on regardera des photos, des films et des livres sur la transhumance. Il sera trop tard."

Durant l'été 2005, La dépêche du Midi publiait :

«Zone de danger. Ours en liberté. Tenir vos enfants en laisse. Ne pas porter de nourriture. Bivouac déconseillé. En cas d'attaque prévenir les responsables».

«En lettres blanches sur fond rouge vif, le message écrit sur le panneau planté tout en haut du col d'Escot ne passe pas inaperçu. C'est au cours d'une randonnée qu'un de nos lecteurs gersois a fait cette drôle de rencontre. La suite ? C'est Gilbert Dufreche d'Eauze qui la raconte. : « En vacances en Ariège, on se promenait au-dessus de Guzet neige, au niveau du col d'Escot. Nous sommes tombés devant ce panneau et nous sommes restés sans voix. À qui veut-on faire peur ? Aux touristes ? C'est d'autant plus étonnant que d'après ce que nous avons pu savoir personne n'a vu d'ours dans ce coin… Alors qui faut-il attacher ? Les enfants comme le recommande ce panneau ? Ou plus sûrement les instigateurs d'un tel message ? L'Ariège mérite mieux comme publicité ». « Il y a derrière cette initiative la volonté des éleveurs de sensibiliser le grand public sur les dangers liés à la présence de l'ours », confie un responsable de la station de Guzet.

La buvette, pendant ce temps publiait dans "l'ours des Pyrénées est l'âme des Pyrénées" :

On n'a pas peur de l'ours

Les touristes n’ont pas peur ni du loup, ni de l’ours. Ils ont juste une petite excitation, une petite montée d’adrénaline, un instant de satisfaction intérieure en plus quant ils savent qu’ils traversent une montagne où l’homme respecte l’ours, parce que l’homme en est capable, tandis que l’ours lui n’est pas un homme, même si on l’appelle « Lou Moussou ».

Le jour où les touristes n’auront plus de chance de voir des poils d’ours accrochés à une ronce, une crotte d’ours sur une sente ou une trace de pied dans la boue, ils feront comme le font les touristes aujourd’hui. Ils iront chercher ce plaisir ailleurs, dans d’autres montagnes, en Slovénie, en Roumanie, au Canada, aux Etats-unis, en Russie ou ailleurs. Et les Pyrénées auront tout perdu, les ours, les touristes, son humanité (sa conscience qu’elle peut progresser) jusqu’à son âme. Voilà à quoi cela sert un ours ou un lys des Pyrénées ou n’importe quoi d'autre, qui si on le regarde juste avec les visières du productivisme ne servent parfaitement à rien et ne rapportent rien. L’émotion n’a pas de valeur. L’émotion EST la valeur.

Lire aussi :

Commentaires