Le procureur de Foix est en pétard

Deux jeunes agriculteurs poursuivis par le parquet de Foix

En marge de la manifestation des éleveurs du jeudi 11 septembre à Foix, deux jeunes agriculteurs ont été cités à comparaître le 18 novembre prochain au TGI.

Ils auraient blessé deux fonctionnaires de police et deux agents du SDIG (Service Departemental d'Information Générale, les anciens Renseignements Généraux) en envoyant «des dispositifs explosifs (communément appelés pétards) à l’intérieur de la préfecture lors de la manifestation du 11 septembre 2008 à Foix»

Deux des fonctionnaires auraient subi des blessures physiologiques qui auraient occasionné plusieurs jours d’ITT. Antoine Leroy Procureur de la République a estimé que «ces faits étaient regrettables et répréhensibles…» Il s’en est expliqué devant la caméra d'Ariègenews :

«C'est une manifestation qui s'est passé au départ en toute légalité, jusqu'au moment notamment ou deux des manifestants ont eu la mauvaise idée de lancer, ce que dans le langage commun on appelle des pétards, mais qui est en fait plus qu'un pétard, contenu de ses dimensions dans, en direction et à l'intérieur de l'étage de la préfecture de l'Ariège et dans le bâtiment d'à côté qui est le bâtiment du SDIG, anciennement "renseignements généraux".

Il y avait dans ces étages, fenêtres ouvertes parce qu'ils faisaient leur métier de surveillance tout à fait habituelle de cette manifestation, qui encore une fois au départ était "bonne enfant", deux fonctionnaires des renseignements généraux et deux fonctionnaires de police qui étaient dans la préfecture, chacun de ces deux groupes de fonctionnaires ont reçus un pétard qui avait été lancés par les deux personnes dont vous connaissez l'identité.

Il s'avère que l'explosion de ces pétards, de ces dispositifs, ont causés des blessures relativement importantes pour les fonctionnaires de police (...) puisqu'ils ont plusieurs jours d'incapacités totale de travail (...). Et puis, il y a deux fonctionnaires des renseignements généraux qui eux aussi ont été blessés, moins grièvement puisqu'il n'y a pas d'ITT. Il s'agit bel et bien d'un acte volontaire commis par des personnes qui n'ignoraient pas qu'en explosant dans ces pièces, inévitablement il y aurait des blessés.

En l'espèce, ce sont des blessures physiologiques liées à l'ouïe de ces personnes. Nous avons affaire à des violences en réunion, parce qu'ils étaient deux, avec une arme puisque, lancer un tel engin explosif dans ces circonstances, c'est une arme par destination. Ils sont cités à comparaitre devant le tribunal correctionnel de Foix, le mardi 18 novembre à 14h. Ils s'en expliqueront tout à fait naturellement. Ils seront jugés, comme il se doit. Ce sera une audience parfaitement normale.

Ce sont des peines d'emprisonnement ferme évidement qui sont encourues puisque la loi prévoit que des violences avec une ITT de moins de 8 jours et deux circonstances aggravantes sont punissables de 5 ans d'emprisonnement. C'est ce que la loi prévoit, il est évident que le tribunal adapte la sanction à la gravité des faits et à la personnalité de leurs auteurs ; mais enfin ce sont des faits qui sont répréhensibles.

Alors, moi j’entends ici ou là, qu'on reproche à la justice d'exercer des poursuites contre ces personnes. On a le droit de manifester, on est dans une démocratie, et il n'y a pas de raison qu'on ait moins le droit de manifester en Ariège qu'ailleurs. Mais quand on manifeste, ce ne peut pas être en causant des victimes comme cela a été le cas et comme cela a été le cas volontairement. Il y a eu des blessés, des blessures attestées par des médecins (...) surtout dans ces circonstances : en réunion, en lançant un engin explosif comme celui là. Donc ils vont rendre des comptes à la justice qui va statuer tout à fait légitimement.

Alors, qu'ils aient le soutien d'autres personnes, c'est naturel, qu'il conteste ma décision de poursuivre ces faits, c'est leur droit le plus strict et ils seront jugés tout à fait naturellement le 18 novembre prochain. »

Source : Ariègenews

Commentaires