Suivi des ours Balou et Hvala

Sur les traces de l’ours Balou avec les techniciens du suivi

L’ours Balou, 6 ans, 150kg, victime d’un tir de chasseur le 7 septembre dernier sur la commune de Prades, est blessé à la patte avant droite.

Depuis, entre l’Ariège et l’Aude, les spécialistes du suivi ours le pistent pour le capturer et le soigner. Des équipes de quatre fonctionnaires de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage se relaient jour et nuit avec d’étranges antennes multidirectionnelles relayées à des radios pour retrouver la trace du plantigrade.

La puce introduite dans son abdomen indique sa présence, «si le bip s’intensifie, cela signifie que Balou est en activité, indique Sébastien Pauly, et la nuit dernière on peut dire qu’il nous a fait courir, il a parcouru plusieurs kilomètres malgré sa blessure. Il cherche à manger des glands, des châtaignes, des baies. Il ne pose toujours pas la patte avant droite au sol mais il a récupéré de sa vigueur !». Si bien qu’aujourd’hui il n’est plus question de la capturer pour le soigner, ses déplacements s’intensifient, signe que l’ours est en voie de guérison… aussi le dispositif va être allégé à partir de mercredi. «Si nous arrivons à le capturer, indique Etienne Dubarry, technicien à l’ONCFS, la priorité sera d’abord de lui ôter son collier car il ne fonctionne plus, l’émetteur intra-abdominal a une durée de vie plus longue et il est moins gourmand en batterie.

Ensuite le vétérinaire en profitera pour regarder sa blessure et l’état général de l’animal… Nous avons installé un dispositif de piéges destiné à le capturer par une patte à l’aide d’un collet sans le blesser. L’équipe est bien rôdée, chacun sait ce qu’il doit faire et quand il doit le faire»

Depuis des mois les membres de l’équipe font suivre un fusil à fléchettes hypodermiques mais personne n’a réussi à voir Balou de suffisamment près pour l’atteindre: «c’est un ours particulièrement craintif, il évite l’homme et le sent de très loin», ajoute Hervé Nègre.

Il est vrai que l’odorat de l’ours est particulièrement bien développé, lorsqu’il se poste sur ses pattes arrière c’est pour renifler dans le vent. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, les techniciens utilisent des chiens d’ours de Carélie, réputés pour être des «tombeurs d’ours», admirablement dressés pour suivre les pistes et au besoin effaroucher les plantigrades.

Dans l’équipe, Miquel, un stagiaire andorran qui se spécialise dans le suivi car les ours, c’est désormais un fait acquis, ne connaissent pas les frontières géographiques…

L’équipe technique ours, sous la houlette de Pierre-Yves Quenette, est basée non loin de Saint-Gaudens et a en charge tout le massif Pyrénéen et les 20 ours qui s’y sont installés. «A la base, il faut aimer la nature, déclare Etienne Dubarry avec plus de 20 ans d’expérience à son actif, car la majeure partie du temps nous évoluons sur le terrain, toute l’année, nous relevons les indices de la présence des ours, cela  va des poils arrachés par l’aspérité d’un tronc d’arbre aux échantillons d’excréments ou aux empreintes dont nous réalisons des moulages […]

Nous travaillons en relation avec des laboratoires génétiques et à partir de ces résultats on peut estimer la population, définir les sexes et les filiations des individus […] selon l’importance des moyens humains, il peut aussi s’agir d’un suivi de télémétrie sur plusieurs kilomètres»

C’est au lieu dit «Le pas de l’ours», le bien nommé, à 1400m d’altitude, dans une zone escarpée que nous conduit Sébastien et son signal sonore. «C’est là que je l’ai perdu tout à l’heure, mais la pente, un abrupt de plus de 800m, est pleine de recoins, on appelle cela des caogno, occasionnant des perturbations au niveau de l’émetteur»…

Coïncidence, c’est dans la forêt, à quelques mètres à peine du refuge de l’équipe que les techniciens relèveront ce matin-là les plus beaux indices de la présence de Balou…

Une vidéo d'Ariègenews à ne pas manquer !

Hvala filmée avec un ourson

De son côté, El Pais publie une vidéo de l'ourse Hvala et d'une de ses deux oursonnes prise par deux caméras automatiques des gardes de la faune du Conselh Generau d'Aran au début du mois de septembre. Le journal parle "des plus belles images d'ours en liberté dans les Pyrénées catalanes".

Hvala avait été aperçue en compagnie d'un gros mâle (probablement Pyros) et sans ses deux oursons ce printemps. Visiblement, le temps du rut passé, l'éducation continue, au moins pour une des deux petites ourses. La séparation devrait être définitive avant l'hiver.

En juillet, une autre vidéo montrait Hvala en train de manger un apat installé devant une caméra automatique. Ils sont fort les espagnols !

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