Le chant des plaines

Le chant des plaines, un film de Laurent Joffrion (49 minutes)
Production : CNRS Images; Gédéon Programmes

Le chant des plainesCe vendredi, sur "La Deux" (deuxième chaine de la RTBF), a été diffusé un film remarquable qui montre combien le remembrement et les pratiques agricoles ont durablement abimés les conditions de vie de certaines espèces dont l'outarde canepetière en Poitou-Charentes.

En Belgique, en Hesbaye par exemple, la situation est identique pour d'autres espèces :

  • les parcelles ont été regroupées, diminuant d'autant les limites entre les parcelles
  • les haies ont été arrachées,
  • Les talus ont été nivelés, les fossés ont été complés, les bords de chemins sont exploités au maximum. Toutes les zones refuges sauvages ont été rognées pour augmenter les surfaces exploitables.
  • Les pulvérisations diverses ont été multipliées.

Un superbe film !

Synopsis du "Chant des plaines"

Le démembrement des terres mis en place par le gouvernement français dans les années 60, associé aux pratiques agricoles intensives générées par la PAC aboutissent à la disparition de nombreuses espèces animales. En suivant une équipe du CNRS de Chizé, en Poitou-Charentes, le film met en évidence la nécessité de concilier agriculture et protection de l'environnement sous peine de voir s'éteindre la biodiversité des campagnes. C'est l'outarde canepetière, une des nombreuses espèces d'oiseaux des plaines, dont le nombre a chuté de 90% en moins de 20 ans, qui est l'objet de l'étude. Mais, comme le dit un chercheur, "rien ne sert de protéger les espèces d'oiseaux de plaine si les pratiques agricoles restent inchangées." Aujourd'hui, il semble que le monde agricole ait pris conscience de l'importance d'une agriculture durable qui prenne en compte la faune et la flore.

Ce que dit France 5 du film "Le chant des plaines"

Depuis le milieu du XXe siècle, la moitié des oiseaux d’Europe vit dans les plaines cultivées. La majorité d’entre eux est aujourd’hui menacée. Les spécialistes dressent un bilan inquiétant et mènent des études pour trouver des solutions.

L’outarde canepetière, l’une des nombreuses espèces d’oiseaux des plaines, a vu sa population chuter de 90 % en moins de vingt ans. Un constat qui a eu pour effet la mise en place d’un programme de recherche au sein du CNRS de Chizé, en Poitou-Charentes. Selon les scientifiques, cette dégringolade confirme la dégradation des écosystèmes agricoles, consécutive aux exigences de la PAC et à la politique de remembrement menée dans les années 60 par le gouvernement français. Afin d’en comprendre le mécanisme, les chercheurs réalisent un travail de fourmi :

  • identification de l’espèce,
  • étude de son mode de vie et de reproduction,
  • analyse des retombées de l’agriculture intensive sur le milieu.

Dès 1964, dans l’émission Etat d’urgence, présentée par Roger Louis, on dénonçait une première forme d’impacts environnementaux, induits par le regroupement de parcelles et l’arrachage d’arbres ou de haies. Paul Matagrin, de l’Ecole nationale supérieure d’agronomie, soulignait alors : «Il existe des conséquences climatiques, des problèmes d’eau, d’érosion des sols. Notre équilibre écologique ancestral s’est brisé et nous ne savons pas encore quelle sera la limite de ces destructions irréversibles

Aujourd’hui, ce film met notamment en évidence la disparition de la quasi-totalité des prairies en cinquante ans. Ce phénomène a en particulier engendré la désertion d’insectes nécessaires à la survie du petit gibier.

Entre rencontres, témoignages sur le terrain, images d’archives et entretiens de spécialistes, le documentaire révèle la nécessité de concilier agriculture et protection de l’environnement, sous peine de voir s’éteindre la biodiversité des campagnes. Une prise de conscience du monde agricole semble en marche, pour tenter de rétablir une agriculture durable en produisant autrement.

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