Didier Hervé, le guide, exporte le savoir de l'IPHB au Kirghizstan et au Tadjikistan

Décriée, ridiculisée par des études scientifiques qui la prend en exemple de ce qu’il ne faut pas faire, mise sur la touche pour sa gestion catastrophique du dossier ours en Béarn et pour son appétit en fonds publics, l’IPHB essaie d’exporter ses méthodes de patrimonialisation et son inexpérience sur le toit du monde. Les kirghizes et les tadjiks vont-ils apprendre à parler ipéhachebé ? On est en droit de le penser après le passage de quelques représentants asiatiques entre les mains spécialisées de Didier Hervé, directeur du grand machin inutile qu’est l’IPHB.

La gestion environnementale du parc des Pyrénées, minée par la politique locale, bien incapable de faire quoi que ce soit pour l’ours des Pyrénées utilisée comme modèle ? Lecture d’un article paru ce jeudi 16 octobre 2008 dans Sud-Ouest où on apprend que, "pour la préservation de la biodiversité du Toit du monde, cinq Kirghizes et Tadjiks ont visité le Parc national, guidé par Didier Hervé de l’IPHB."

Inspirés par le Parc

par Martine Lacout-Loustalet, Sud-Ouest

Vendredi après-midi, une équipe venue de Kirghizstan et Tadjikistan a découvert Lescun, le plateau de Lhers et la zone de haute montagne (1400 et 3000m) du Parc national aspois. Les cinq acteurs dans la création de l'aire de conservation transfrontalière du Pamir Alaï étaient menés par les guides du Parc secteur Aspe et Pierre Gascouat. Ils ont pu y lire les explications données le matin par Didier Hervé, de l'IPHB, et Pierre Gascouat, professeur au lycée des métiers de la montagne à Soeix.

Connaissance du milieu

Les préoccupations de ces cinq visiteurs alliaient la connaissance du milieu et la façon dont a été créé le Parc national. Les considérations liées à l'agro-pastoralisme, l'exploitation forestière et tout le volet lié à la formation ont été traitées par des interventions au lycée agricole de Soeix. La profession pastorale, les formations complémentaires (initiateur de randonnées, services en milieu rural...), la visite sur l'exploitation (fabrication du fromage, observation des races locales) ont été autant d'apports. «Tout ce que nous avons vu va nous aider. Mais on ne peut pas agir de la même façon que vous», a annoncé Kylyehbek Jundubaev, responsable du département de zones protégées et de la biodiversité au ministère de l'environnement du Kirghizstan.

De grandes différences existent en effet entre les Pyrénées et ces deux pays qui bordent la Chine et l'URSS, situés dans une zone grande comme l'Aquitaine, avec une altitude comprise entre 2200 et 7500m et un climat continental. La sortie des cinquante ans de communisme a lancé les populations dans la surexploitation des forêts comme combustibles, le surpâturage et la dégradation du couvert végétal, la surexploitation des grands mammifères. (sic)

Avec l'appui de l'Union européenne, le bureau d'études bruxellois Agreco, en lien avec l'agence régionale pour l'environnement Arpe (65) a établi le programme de ce séjour d'une semaine : le passage en Aspe a juste précédé le retour sur le cirque de Gavarnie, avant le retour vers les cimes himalayennes. »

Martine Lacout-Loustalet

De quoi ont-ils parlés d’après cet article : "préservation de la biodiversité", "considérations liées à l’agro-pastoralisme", "exploitation forestière", "formation des bergers", "profession pastorale", "fabrication de fromages" ».  Le Parc des Pyrénées est bien devenue une réserve naturelle de ...moutons !

J’imagine volontiers Didier Hervé vantant son action : la construction de cabanes, l'héliportage de matériels puis soulignant l’intérêt des feux pastoraux et du pastoralisme pour luter contre la fermeture des paturâges et participer au maintien des paysages créés par des siècles de séjours de troupeaux en estives. L’ours n’ayant sans doute été abordé qu’en termes de "problème en voie de disparition" et de "politique gouvernementale centralisée menée sans l’accord des valléens". Le «viol des Pyrénées» cher à son président, Jean Lassalle.

Le bureau d’étude bruxellois AGRECO est un des partenaire du projet. Ce bureau se présente comme un bureau «d’Environnement et de gestion des ressources naturelles

«En Belgique, la société emploie une équipe de 25 personnes comprenant des experts en agronomie, en génie rural, en économie, en logistique et en gestion.Parmi les principaux domaines d'activité :

  • Agriculture et développement rural (Appui aux organisations professionnelles agricoles; organisation des exploitants; stratégies de développement régional; politiques agricoles et études sectorielles; études de filières; lutte contre la pauvreté et sécurité alimentaire; restructuration et gestion d’exploitations agricoles et d’industries agro-alimentaires; élevage, pêche et aquaculture; propriété foncière et réforme agraire; décentralisation et appui aux collectivités locales; infrastructures rurales (y compris E.I.E.); aménagements hydro-agricoles, irrigation et drainage.)
  • Conservation et gestion rationnelle des ressources naturelles (Etudes du patrimoine naturel et de la biodiversité; plans d'aménagement et de gestion d'aires protégées; programmes de conservation; inventaires; politiques, aménagement et gestion forestiers; participation des populations à la conservation; gestion et utilisation rationnelle des ressources naturelles; gestion d'aires protégées; études d’incidence et d'impact sur l'environnement)
  • Appui administratif et logistique
  • Conseil en économie et en gestion

La buvette a contacté Madame Muriel Vives du bureau Agreco. "Ce projet entre dans le cadre de la création d’un parc transfrontalier entre le Kirghistan et le Tadjikistan. Agreco les aidant à préparer ce plan d’aménagement."

"L’équipe a passé une semaine avec les représentants du parc et des collectivités locales. Ils ont rencontrés le maire Tarbes et de plusieurs villages du Parc, une représentante du Conseil général et Didier Hervé, responsable de l’IPHB."

Ceux qui connaissent l’histoire de la naissance du Parc des Pyrénées en 1967 (avec la protection de l’ours comme un de ces objectifs affichés), la vision de l’environnement de certains maires, et le scandale de la gestion du dossier ours en Haut-Béarn par l’IPHB doivent comme moi s’étonner du choix des interlocuteurs et même du Parc des Pyrénées.

C’est vrai que ce parc est frontalier de celui d’Ordesa, créé en 1918 et agrandi en 1982 pour protéger le dernier noyau de bouquetins des Pyrénées, dont la dernière femelle s’est éteinte en 1996. Plus de femelles bouquetin dans un parc, plus de femelle ourse dans l'autre. Deux réussites exemplaires du respect des chartes initiales !

Interrogée sur la gestion du dossier ours, Madame Vives «n’a pas eu l’impression qu’il y avait de problème particulier pour l’ours, juste des différences d’appréciations», avant de souligner «avoir été marquée par l’effort qui est fait justement que tout le monde discute pour arriver à des solutions communes.» 

Le discours de l’IPHB est bien passé : Le contrat plutôt que la contrainte ou est-ce la sélection des interlocuteurs qui est orientée ? 

Muriel Vives semblait surprise d'apprendre que le Conseil de l’Europe avait averti le Parc de ses manquements envers la protection de l’ours en 1981 et en 1986 avant, fait unique dans l’histoire, de lui retirer son diplôme en 1992 pour non respect des recommandations. Par contre, Muriel Vives n’ignorait pas la solitude des quatre (d’après elle) ours mâles du Béarn. «Autant être précis

«Ce qui les intéressait dans ce voyage, c’est comment on associe des collectivités locales à la gestion d’un espace. Un effort énorme a été fait pendant plusieurs années en Béarn.»

Agreco ignorait également semble t-il les travaux de Laurent Mermet et de Farid Benhammou sur l’IPHB ; travaux que je me suis chargé de leur transmettre et que je vous conseille de relire :

Ainsi que la thèse de Farid Benhammou :

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