Jean Bonnard en a ras le Balou

12 octobre 2008, sur le site Internet suisse "Le nouvelliste", Jean Bonnard pousse un coup de gueule : Il en a "Ras le Balou" de voir les français (pas lui) payer pour l'ours !

Jean Bonnard : "Plus un jour sans qu’une gazette ou un site Internet ne nous assome avec les dernières nouvelles de Balou! On a eu droit au récit détaillé de l’abruti de chasseur qui a blessé l’ours. Passe encore, on peut comprendre que les défenseurs de l’ours soient un brin furieux . Mais c’est après que la folie s’est emparé de la toile et des gazettes : je vous cite quelques titres en vrac :

  • Des pièges pour soigner Balou l’ours blessé…
  • Des nouvelles de Balou, 3 jours après sa blessure
  • Ours Balou tiré : Pourquoi, l’Association X porte plainte
  • L’ours Balou blessé : l’Etat est responsable

Jusqu’à la photo. A croire que la France a perdu la raison. Plus rien n’existe en dehors de Balou. Les misères humaines, les coups tordus des banquiers qui jonglent avec nos caisses de pension, les chômeurs et les vieux désespérés dans leurs mouroirs, finis, envolés…"

Monsieur Jean Bonnard, je ne vais pas parler ni de l'Union des Banques suisses, ni de la manière dont on la Suisse se débarasse de ses ours (nettoie la montagne). C'est hors sujet. Pour Jean Bonnard, rien n'est désespéré puisqu'il prend son pied en lisant le communiqué de l'ASPAP "L'Ariège malade, l'Etat au chevet de Balou"

Il parait que "Monsieur l'ours est servi". Et bien, effectivement, quand les éleveurs ariégeois refusent de protéger leurs troupeaux, Monsieur l'ours est servi ! Il parait que "L'ariège est malade" : la fièvre catarrhale ! Que faisaient les membres de l'ASPAP le 8 août aux Pastoralies, alors que la fièvre catarrhale progressait au vu et au su de tous depuis des mois ? Ils chantaient avec Augustin Bonrepaux sur une scène lors de ce qu'ils ont appelé "une journée énorme".

La cigale ayant chanté tout l'été se trouva bien dépourvue lorsque la fièvre fut venue...

"Heureusement, il restent (sic) les journaux locaux - plus proches des gens - qui se rebiffent, comme la Gazette Ariégeoise qui publie un papier salutaire pour dénoncer le terrorisme intellectuel exercé par les partisans de la sacralisation de l’ours." On croirait lire Louis Dollo et son "Terrorisme intellectuel écologiste".

Jean Bonnard termine son article par "Jusqu’à quand les contribuables électeurs accepteront que leurs impôts soient consacrés aux ours importés de Slovénie ?"

Je veux bien suivre le raisonnement de Monsieur Bonnard qui semble trouver que les contribuables paient trop pour sauvegarder la population résiduelle d'ours dans les Pyrénées. Certes les ultrapastoraux ariégeois, qu'il appelle "les indigènes" n'en veulent pas. Mais, tous les sondages montrent que la majorité des français est attachée à la sauvegarde de l'ours.

Parlons impôts

Dans sa réponse à mon commentaire, Monsieur Bonnard, "ne comprend pas bien la comparaison entre les subventions agricoles et le coût de la réintroduction de l’ours…” La comparaison c’est le contribuable. Les impôts sont payés dans toute la France, pas uniquement par les loueurs d’estives. Tous les français paient pour les éleveurs et pour les ours. Combien ?

Chaque Français paie 0,03 € par an pour la politique de sauvegarde des ours Pyrénéens. Que peut-il s'acheter avec celà..., rien. Sur ces 0,03 €, la moitié tombe dans la poche des éleveurs en aides diverses.

Chaque français paie aussi 207,60 € pour aider les agriculteurs français (6920 fois plus). Autrement dit, le coût global d'une année de la politique "ours" du gouvernement correspond à ce que chaque français paie pour une heure et 16 minutes d'aide à l'agriculture ! L'ours c'est des cacahuètes.

L'aide annuelle apportée pour soutenir l'élevage ovin de montagne en déficit chronique représente 150 fois le budget annuel ours. Et bien que les vannes d'euros soient grandes ouvertes pour maintenir le pastoralisme la tête au dessus de l'eau :

  • la production de viande ovine diminue,
  • la consommation de viande ovine diminue,
  • les prix du kilo d'agneau diminuent
  • le nombre d'exploitation diminue,
  • les pertes comptables des exploitations ovines augmentent,
  • la santé des troupeaux se dégrade,
  • les subventions vont exploser cette année avec les aides pour la vaccination contre la FCO qui fait des ravages sans avoir été le moins du monde anticipée.

Les éleveurs connaissent leur solution : enlever les ours (certains connaissent des mesures radicales pour celà!) Celà ne changera strictement rien à la crise ovine. Ou plutôt si, le pastoralisme perdra 1 million d’euros de subventions !

Le prédateur est l’arbre qui cache la forêt, l’élevage ovin doit faire face à des difficultés bien plus importantes. Sans les primes, qui représentent plus de la moitié du revenu des éleveurs, l’élevage ovin ne serait plus rentable.

On a artificiellement maintenu cet élevage, mais devant la concurrence de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, il ne tient pas. Son seul débouché c’est la population musulmane pour l’Aïd. L’élevage ne survit que grâce à cela. Les éleveurs ont des revenus très faibles, ils ont des aigreurs, des revendications sur tout et se sentent victimes, marginalisés, le prédateur, c’est une tête de turc, une goutte d’eau. Retirez cette goutte et le vase restera plein, près à déborder à la moindre crise supplémentaire… comme la fièvre catarrhale ovine par exemple.

Que faisaient les éleveurs pyrénéens cet été, au lieu de vacciner ? Ils chantaient avec les hommes politiques aux Pastoralies. Et que chantaient-ils, Philippe Lacube et Augustin Bonrepaux ?

Aquelhas montanhas, que tan nautas son,
M’empechon de veire…
Baissatz-vos montanhas, planas aussatz-vos,
Per que posca veire…

Ce qui veut dire..

Ces montagnes, qui sont si hautes,
M’empêchent de voir…
Abaissez-vous montagnes, plaines haussez-vous,
Que je puisse voir …

Effectivement, ils n’ont rien vu venir. Les politiciens et les syndicalistes agricoles leur ont mis des oeillères qui cachent la réalité. Ils ne voient que l’ours (dans les Pyrénées) ou que le loup (dans les Alpes).

Dans les Pyrénées, où ils refusent toujours de se protéger (le faire serait accepter la présence de l’ours) le loup arrive sur des troupeaux en liberté. Les difficultés sont à venir, et ils chantent et ne voient rien venir. Triste aveuglement responsable de leur suicide collectif, en chantant...

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