Merci Hvala

Coup de gueule

Avec comme modèle, l'article "Les, le village aux 800 chasseurs", un article toujours aussi tendancieux de la Dépêche du Midi.

Premier novembre 2008. Cannelle est morte il y a quatre ans aujourd'hui.

Battue au sanglierLes chasseurs, les chasseurs, les chasseurs. Hier dans les bois de Les, il n'y avait plus de ramassage de châtaignes ou de dîner sous les pommiers. Tous les animaux parlaient de cette «pobre Hvala» traquée par des hommes et un hélicoptère, et de ce c… de Luis qui a ramassé une baffe bien méritée.

Sage, le hibou connaît tout de l'histoire, il a vu les télés, les radios, le journal aranais «Segre» qui titrait «Aran exige de retirer l'ours». Tous les habitants de la forêt expriment leur colère sous la frondaison des arbres en parlant de souches en buissons. «Tout le monde en parle. Tout le monde est contre. Tout le monde connaît Hvala, une ourse appréciée avec ses deux petiotes

Alors dans cette forêt, les merles, les palombes, les pics, les renards... tout le monde en a marre de ces 800 chasseurs. Sur les 1000 habitants de Les, il y a 800 porteurs de flingues ! Pas question de trouver un animal pour défendre Luis. «Il savait à quoi s'attendre déclare le vieux sanglier, encore effrayé par le cri des chiens.» «Elle se planquait. Elle a attendu le dernier moment. Avec les chiens, pas moyen de passer inaperçue. Ils l'ont dérangé, attaqué de près et puis ce sauvage qui s'est mis à crier. Heureusement que c'est une calme, l’ourse Hvala. Il ne serait plus là pour en parler.» déclare le geai des chênes qui a tout vu.

Tous les viandards étaient accoudés au bar «Es Neres», on les entendait crier. «Nous savions que Sarousse et Hvala, ainsi que ses deux oursons se trouvaient dans le secteur de Les.» a déclaré Magali Boniface de l'ASPAP. «Hvala devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un» a crié Juan Bares, un des chasseurs. (Lire ces déclarations ici.)

«Ils savaient et ils ont lancé les chiens sur l'ours, il a mérité sa peur !» dénonce la laie encore terrorisée. Derrière le rocher qui sert de comptoir où s'alignent les fruits et les baies, le blaireau acquiesce : «C'est très joli les battues. Mais les chasseurs, c'est dangereux. Depuis l'ouverture, on ne compte plus les accidents de chasse, 3 morts déjà, plus Fabio Butali, un gars en VTT, flingué comme un vulgaire gibier, ils se tirent entre eux et c'est l'ourse Hvala, le gibier, qui alors qu'elle est planquée serait LE DANGER

La martre enchaîne : «Le promeneur, le cueilleur de champignon, quand il voit un ours, il s'éloigne et en parle à la veillée, il se fait des souvenirs pour toute sa vie. Le chasseur lui, il s'approche, près à tirer sans visibilité, "à l'instinct" ils appellent cela en Ariège. Et c'est légal en plus. Le chasseur, lui, ne veut pas partager la montagne. pas question de laisser une zone à ours sans y passer avec les chiens. Ce n'est pas la première fois que nous voyons les chasseurs pénétrer en connaissance de cause là où se planquent les ours. Pour Mellba, pour Claude, pour Cannelle, c’était la même chose. Sans aucun respect pour le symbole des Pyrénées. Avec Hvala, maintenant on a tous la trouille et la rage.»

Daniel Boya, au bar racontait des conneries, des histoires de son père et de son grand-père chasseurs d'ours. Il semblait regretter le bon temps. «Les ours n’ont pas changés, ils sont toujours sauvages mais peureux, ils fuient l'homme. Il n'est pas normal de trouver des chasseurs avec des chiens là où ils savent que se trouve l’ours. Les promeneurs, les cyclistes, les chercheurs de champignons, l’ours s’en fout. Il est resté couché, sans emmerder personne

L'ours a toujours été là, l'ours a toujours eu peur, mais quand on lâche les chiens, c'est son droit de se défendre, d’intimider les attaquants, de se faire respecter. Toutes les personnes qui ne chassent pas et même les chasseurs, les vrais comprennent cela. La pie qui n'arrête pas de répondre aux télévisions répète à l'envi : «Il faut arrêter les battues au sanglier.»

La vraie raison de la traque de Hvala

Les 800 chasseurs de Les ne veulent pas respecter l'ours ? Ils ne comprennent pas qu'une ourse harcelée par des chiens se défende ? Que connaissent-ils de la faune ? Il ne faut pas prendre les Français ou les Espagnols pour des cons. Ce n'est pas l'ours qui a attaqué l'homme, mais le chasseur avec ses chiens qui a attaqué l'ourse couchée sur sa litière.

Ce n'est pas à cause du chasseur qui s'est mis lui-même en danger qu'ils traquent Hvala et que les politiciens gueulent qu'il faut "la ramener en France" ou la déplacer. La réalité est toute autre...

Tout le monde sait que l'ourse Hvala a été vue au printemps avec un ours mâle. Tout le monde sait que l'ourse Hvala était sans ses oursonnes Pollen et Bambou. Tout le monde sait que la probabilité qu'elle soit gravide est élevée. Tout le monde sait, y compris les opposants au plantigrade, les éleveurs, les chasseurs, que l'ourse Hvala va sans doute à nouveau donner naissance cet hiver à 2 ou 3 oursons, preuve de l'adaptation de l'ourse aux Pyrénées, preuve de l'adaptation des Pyrénées aux ours.

Avant l'ours, après l'oursIls ont traqué Franska sans relâche jusqu'à sa mort. Peut-être avaient-ils aussi traqué précédemment l'ourse Palouma, on ne le saura jamais.

Ils ont applaudi le chauffeur du minibus, qui effrayé à l'idée de voir passer un ours aussi près à pied devant lui, a préféré ne pas s'arrêter, pour ne pas mettre son minibus à l'arrêt à côté d'un gros ours, c'est qu'ils défoncent les minibus les ours.

Ils ont applaudi le chasseur qui a tiré sur Balou. Ils ont excusé, l'inexcusable. Ils ont pardonné l'impardonnable. Il est normal de confondre un ours et un sanglier en plein jour. C'est vrai que derrière un buisson qui bouge, il est possible de confondre un hérisson avec un promeneur, un blaireau avec une vache, un ours avec un sanglier. De toute façon, s'il est permis de tirer avant de savoir sur quoi on tire, tout est normal.

Alors il faut à tout prix empêcher l'ourse Hvala de rentrer en "tutte", il faut la traquer sans s'arrêter, l'empêcher de prendre ses quartiers d'hiver, la traquer pour qu'elle décide d'avorter ou la tirer de l'hélicoptère pour mettre l'ourse en enclos, pour qu'elle ne puisse plus être relâchée ; pour que les oursons, s'ils naissent, le fassent entre quatre murs de béton, leur avenir tout tracé, comme à Borce. Des ours qui rapportent.

Honte aux politiciens minables qui instrumentalisent l'ours. Honte aux mauvais chasseurs sans cervelle qui utilisent la chasse, en toute connaissance de cause, pour faire disparaître le plus grand des prédateurs qui ensauvage la montagne "vivante".

Depuis les dernières décisions de justice, chaque rencontre ours / chasseur est une opportunité pour se débarrasser d'un ours : soit par tir direct, l'état de nécessité cela s'appelle, ce n'est pas poursuivi, même si l'espèce est protégée, soit parce que l'ours n'est pas un mouton et qu'il montre qu'il a du caractère et un l'instinct de survie. Dans ce cas, l'ours s'avère être dangereux, ne plus avoir peur de l'homme, être un ours à problème. L'instinct de survie de l'ours est un problème pour le chasseur, une atteinte à sa sécurité. l'ours doit être exécuté, "retiré".

Qui tue des chasseurs en France chaque année ? Qui tue des promeneurs en France chaque année ? Qui vient de tuer un vététiste tout juste d'être porté en terre ? Et ce sont ceux là qui crient "A l'ours" et qui organisent la traque de l'ourse Hvala pour la "ramener en France" ou en Slovénie s'ils pouvaient, pour l'attraper et la parquer dans un enclos, d'où elle ne sortirait jamais plus, pour devenir une ourse pondeuse, une source de revenus pour la commune où elle serait parquée. Défense de jeter des cacahuètes aux ours, comme à Borce. Un beau projet.

La presse et l'oursJe suis heureux de voir que les associations espagnoles se mobilisent, que les serveurs mail des responsables politiques du Val d'Aran explosent sous le nombre des messages qui bloquent leur boite à courrier. Depuis 3 jours, les boites sont pleines ou les messages détruits avant d'avoir été lus. Que la mauvaise conscience de ces responsables politiques les empêche de dormir. Qu'importe, les messages sont partis aussi à l'ancienne, par la poste. Faites de même, écrivez, quoi qu'il arrive à Hvala, écrivez rapidement.

Il faut que le Groupe National Ours se réunisse d'urgence en novembre, que l'Etat français coordonne ses actions avec l'Etat espagnol, que les ours soit enfin protégés, comme ils devraient l'être.

Que la neige tombe en masse. Que les pieds et les mains des traqueurs gèlent. Qu'un brouillard épais se lève. Que les piles de l'émetteur de l'ourse rendent l'âme. Que l'hiver soit précoce et que Hvala rentre dans une caverne pour donner naissance en janvier à deux ou à trois petits "cubs", un nouvel espoir pour les Pyrénées. Voilà ce qu'il ne veulent pas, voilà pourquoi il est nécessaire de traquer l'ourse Hvala. L'excuse, c'est "l'attaque de l'ourse" sur le «pobre Luis» de 72 ans.

Merci Hvala pour ton courage et MERDE pour ceux qui cherchent à te faire disparaître derrière des barbelés et du béton.

Baudouin de Menten

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