Une attaque sans précédent ?

Un ours blesse un chasseur dans le Val d’Aran. Pour l'ASPAP : «Cet accident n'est pas une surprise : il s'inscrit dans l'escalade "évènements exceptionnels, hautement improbables" (nous disent l'Etat et les associations pro-ours) qui se multiplient depuis les introductions d'ours. L'actualité en témoigne :  Août 2008, collision ours contre minibus sur la 4 voies d'Andorre.»

Un chauffeur de minibus qui refuse de s’arrêter

Un ours percute un minibus publiait la presse. Le monde à l’envers ! Le chauffeur a déclaré : «Il était de l'autre coté de la barrière de sécurité. Lorsque je l'ai aperçu, j'ai eu le temps de freiner. De 90 km/h, je suis passé à 40. Mais l'ours a sauté la barrière centrale.» Le plantigrade se retrouve deux à trois mètres devant le minibus. «La route était mouillée. Si je donnais un coup de volant à droite, on risquait de se rétamer». Le chauffeur décide de ne pas s'arrêter. «Si je freinais d'un seul coup et que l'ours était énervé, on risquait notre peau.» Il continue donc d'avancer, au ralenti. Le choc est inévitable. L'ours, de taille adulte, percute le côté avant gauche du minibus. Personne n'est blessé. Pas de mouvement de panique à bord. Pour le conducteur, passer de 40 km/h à zéro devant un ours, c’est risquer sa peau, alors il ne freine pas et…c’est l’ours qui percute le minibus !

Toutes les associations demandent des passages à gibier afin d’éviter les accidents. Pas l’ASPAP, pour eux, un accident avec un ours, c’est la possibilité d’avoir un ours blessé, voire tué et c’est aussi l’occasion de dénoncer la présence d’ours dans les Pyrénées. L’ASPAP dénonce l’ours, c’est lui qui attaque le minibus ! L’ASPAP jette le bébé avec l’eau du bain. C’est à l’Etat de proposer la construction d' «oursoducs» pour éviter les accidents. L’ASPAP pourra alors dénoncer le coût de l’ours qui oblige les français à payer pour de telles constructions. L’ASPAP essaie de gagner sur les deux tableaux. 

«Septembre 2008 : un chasseur blesse un ours en Ariège»

Pour l’ASPAP, les associations pro-ours classeraient l'évènement d'un chasseur qui tire sur un ours comme un fait exceptionnel, hautement improbables. L'Etat dirait la même chose ? C’est faut. Toutes les associations dénoncent la chasse au sanglier en battues qui est la première cause d’accident pour les ours. Un chasseur qui panique devant un ours utilise son arme. La mort récente de trois ourses femelles est là pour le rappeler.

Le côté répétitif, prévisible de ces morts d’ours est justement dénoncé. Les associations demandent la réglementation de la chasse en battue et la mise en place de zones de protection pour que l’ours puisse disposer de zones de quiétudes.

«Octobre 2008 : un ours blesse un chasseur en Espagne»

«Nous savions que Sarousse et Hvala, ainsi que ses deux oursons se trouvaient dans le secteur de Les» a déclaré Magali Boniface de l'ASPAP. Le chasseur qui lâche les chiens dans une zone où il connaît pertinemment la présence de l’ours sait que l’ours se défend et charge. Le chasseur qui le sait et chasse l’ours se met en danger.

«Une attaque sans précédent»

L’ASPAP espère de nouvelles rencontre ours / chasseurs car elle est à nouveau gagnante sur les deux tableaux : soit la mort de l’ours (un de moins et les chasseurs sont relaxés, état de nécessité oblige!), soit elle peut dénoncer «l'attaque sans précédent» de l’ours (qui se défend) sur le pauvre chasseur, «pobre Luis» et ainsi demander le retrait de l’ours qui ne fait que se défendre : «Cette attaque sans précédent l'amènera-t-il (NDLB : L’Etat) à reconnaître que les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? » Le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne «rappelle que jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en liberté».

Une battue organisée en dépit de la présence de l’ours, un ours qui réagit à l’attaque des chiens, des fautes humaines qui permettent aux anti-ours de réclamer le retrait de la bête dangereuse! Un comble. Ce n’est pas l’ours qui a attaqué le chasseur, mais le contraire, l’ours lui se défend contre les chiens et charge. «Hvala devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un» a déclaré Juan Bares, un des chasseurs. La battue au sanglier à dérangé l’ours qui a eu une réaction normale. Qui est responsable des blessures du chasseur, l’ours ou les organisateurs de la battue ?

Dans l’Eclair des Pyrénées du 16 juillet 1657 on pouvait lire : «Il sera facile, si on tue un ours dans ces conditions de plaider la légitime défense » (Source: Les dernières chasse à l’ours dans les basses Pyrénées, René Arripe)

L’ours qui lors d’une battue poursuit le chien jusqu’au chasseur, ce n’est pourtant pas nouveau. Quelques exemples tirés de «Le loup, l’ours et le pastou» de Louis Espinasous, : «Rencontres presque banales» écrit l’auteur :

  • J. Gay, un chasseur de 50 ans de Lescun raconte une battue au sanglier «Dia la chienne entre les jambes. Elle te me pisse sur les bottes ! Arrivé au sentier, je vois la tête de l’ours ; pas gros, mais beau. On s’est regardé (…)» 
  • J.B. Gavin, 80 ans de Bilhères : «le chien nous revient pas dans les pattes ! L’ours ? Mais alors nez à nez !» [page 51]

Dans une autre histoire, en Aspe, «l’ours passe entre le chasseur « occupé »… et son fusil !» [page 53]

Dans ce livre, de multiples histoires montrent aussi que quand l’homme n’a pas de fusil, l’ours s’enfuit. Louis Espinassous termine son chapitre par un vibrant : «Quelques ours survivent dans les montagnes d’Aspe et d’Ossau. Avec eux survit une culture vivante. Pouvoir rencontrer l’ours ! Vivre,  en parcourant la montagne, toutes les émotions, toute la culture accumulée entre ours et homme pendant des siècles ! Ce patrimoine là, cette émotion là, peuvent-ils être rayés d’un coup, parce que l’homme veut toute la place, absolument toute la place ? » 

dans «Les dernières chasses à l’ours dans les basses Pyrénées» de  René Arripe, d’autres témoignages révélateurs montrent bien que les ours actuels ne sont pas différentes des ours anciens : ils préfèrent fuire, mais quand cela s'avère nécessaire, ils se défendent.

Une exemple où l’homme attaque : Cette- Eygun : «Vers deux heures de l’après-midi, ils aperçurent une ourse et deux oursons  qui se dirigeaient paisiblement de leur côté. Lacourrège, qui ne se trouvait plus qu’à quelques mètres de cette intéressante famille, fit feu sur la mère. Celle-ci  atteinte au défaut de l’épaule, poussa un rugissement épouvantable (…) Lacourrège voulut tirer de nouveau sur le fauve, mais il se trompa de gâchette et le coup ne partit pas. Comme il appelait ses camarades, l’ourse, à ses cris se retourna, et se précipitant d’un bon sur son adversaire, lui prit le bras dans sa gueule et lui enfonça dans la cuisse droite ses énormes et puissantes griffes. L’ourse et Laccourrège, ne formant qu’un bloc, roulèrent dans la neige (…)». A la fin de l’histoire, l’ours meurt. (Glaneur d’Oloron du 25 décembre 1899)

Une autre où la confrontation homme / chasseur se passe bien : Béost-Bagès – «Son fusil sur le dos, il suivait tranquillement le sentier, lorsque à un tournant du sentier une masse informe se cabre, les pattes de devant en l’air et tirant la langue : notre chasseur se trouva face à face avec celui qu’il cherchait, mais tellement près, à un mètre, qu’il n’eut pas la présence d’esprit de décrocher son fusil et d’(épauler notre Martin ; plus sage, il fit demi tour, tandis que de son côté l’ours en faisait de même et s’échappa vers des ravins où il le perdit de vue. Revenu de sa stupeur, le chasseur Fondecave se promit bien de lui jouer un tour un de ces matins.» (Le Glaneur d’Oloron, 15 septembre 1928.)

Qu’a dit Luis Turmo, une fois revenu de sa peur d’avoir été baffé par l’ourse Hvala ? «Et dire que je devais prendre le permis pour l'isard ce vendredi. Ce sera pour l'année prochaine. Quant à la chasse au sanglier, je compte bien y retourner dans quelques semaines. Et là, si je tombe sur l'ours, je le tue.»

Rien ne change dans les Pyrénées, ni les ours : pas plus sombres ou plus agressifs qu’avant, seulement plus rares ; ni les chasseurs : toujours aussi lents à la détente, si j'ose dire, pour ne pas dire toujours aussi c.., ils veulent toujours absolument toute la place.

Allié de l’ASPAP sur la demande de retrait des ours, le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne rappelle que «jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en libertéVous pouvez réagir.

Les ours brun ne deviennent pas plus sauvages, pas plus dangereux, pas plus carnivores, qu'ils soient "de chez nous", qu'ils soient "étrangers". Ce sont des Ursus arctos. Les hommes politiques locaux et les éleveurs n'évoluent pas. Un atavisme pyrénéen ? «Des ânes et des imbéciles» avait lançé Nelly Olin.

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