Une étude évalue l'impact des sports d'hiver sur la faune sauvage

Selon une étude de l'Université de Berne et de la Station ornithologique suisse publiée le 31 octobre, les domaines skiables des Alpes qui se sont développés ces dernières années, impacte la faune sauvage, notamment le tétras lyre.

Dans une étude publiée le 31 octobre, des chercheurs de l'Université de Berne et de la Station ornithologique suisse ont quantifié pour la première fois l'impact des réseaux de remontées mécaniques et des activités de sports d'hiver sur la faune des Alpes.

Conduite par le professeur Raphaël Arlettaz, cette étude, parue dans le ''Journal of Applied Ecology''(*), observe un déclin des populations de tétras lyres (ou petits coqs de bruyère) dans les Alpes valaisannes et vaudoises, en raison du seul développement des stations de sports d'hiver.

Cet oiseau menacé vit toute l'année dans la zone supérieure de la forêt subalpine, là où se concentrent également la majorité des installations de remontées mécaniques, ainsi que les adeptes de ski et de snowboard, expliquent les chercheurs.

Aussi selon l'étude, les activités sportives générées par les installations de ski affectent 44% de la surface de l'habitat du tétras lyre dans les Alpes valaisannes et vaudoises. Au sein des domaines skiables, les effectifs de tétras sont en moyenne 49% inférieurs à ceux rencontrés dans les secteurs dépourvus de téléskis, tandis qu'en périphérie des domaines skiables on observe une chute moyenne de 18% des effectifs.

Plus la densité de téléskis est importante dans une zone donnée, moins les coqs de bruyère sont abondants. L'impact est ressenti jusqu'à 1.500 mètres des installations.

Les chercheurs estiment que dans les Alpes valaisannes et vaudoises, le développement des stations d'hiver a réduit les effectifs de tétras lyre d'au moins 15%. Cette estimation est un minimum, soulignent les scientifiques car elle ne tient pas compte de l'effet des sports d'hiver pratiqués en dehors des domaines skiables, comme la randonnée à ski ou en raquettes, qui sont en constante expansion sur les 56% de la surface restants.

Les scientifiques demandent dans ce contexte la création de zones de refuge hivernal à proximité des domaines skiables. D'une étendue de quelques hectares, ces zones doivent être judicieusement placées, en tenant compte à la fois de l'habitat favorable à l'hivernage du tétras tout en compromettant le moins possible la pratique des sports de neige, précisent-ils.

Si toute la faune est impactée par les activités de sports d'hiver, tous les animaux ne sont pas placés à la même enseigne : certains bénéficiant d'un habitat plus vaste tels les lièvres et les chamois sont affectés mais dans une moindre mesure, indique le professeur Arlettaz.

Rappelons que 46 stations de montagne françaises - dont Les Menuires, Les Gets ou La Plagne - ont à ce jour adhéré à une charte nationale du développement durable, élaborée en 2007 par l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM). Comme l'un des engagements de la charte prévoit notamment de développer les activités touristiques tout en veillant à leur bonne intégration dans le paysage et à une gestion respectueuse de l'environnement, les maires signataires devront donc adopter plusieurs mesures comme la limitation du nombre de pylônes de remontées mécaniques ou encore veiller à la bonne intégration des pistes dans l'environnement. Une opportunité pour la création de zones de refuge hivernal à proximité des domaines skiables ?

R. BOUGHRIET

(*) Référence : Patthey, P., S. Wirthner, N. Signorell & R. Arlettaz (2008): Impact of outdoor winter sports on the abundance of a key indicator species of alpine ecosystems. Journal of Applied Ecology.

Source : Actu-Environnement.com

Commentaire de la Buvette

Pas de doute : les politiciens adeptes fervents du seul couple mouton/ski, comme moyen de développement économique, sont des visionnaires. Et à ce titre, ils sauront parfaitement préserver durablement l'environnement montagnard et son attractivité. Sans même parler des canons à neige, qui sont promis encore à un bel avenir si le réchauffement climatique se précise.

Pour les "balcons du Mercantour" ou dans les Pyrénées : à Mijanès-Donezan, à Guzet-Neige, Parc Naturel de l'Ariège, Baqueira, route d'Alos de Isil au plateau de Béret, Sorpe, Val Cardos, Bouirex..., circulez, il n'y a rien à voir.

Tel "Delamarre" et son commentaire laissé à la buvette : "Il faut effectivement se dépêcher d'arrêter tout de suite de créer de l'activité permettant la vie dans nos vallée. (...) Vous savez, là où les autochtones essaient de travailler sur place pour vivre. Il faut surtout rester comme nous sommes, sous développés, et espérer que les citadins donneurs de leçons puissent encore venir 3 fois dans l'année dans "l'arrière pays" (une fois par vallée ?), et se donner bonne conscience en achetant une baguette de pain à la boulangerie locale (...) empêchent la construction de deux malheureux refuges (vous savez le 3 étoiles surfréquentés qu'ils ne manquent pas de dépeindre). Des fois que cela permette, en plus de créer des emplois de gardiens, des départs intermédiaires, où de redescentes dans les villages pour faire le plein. Il faut effectivement faire comme vous le suggérez. Comme ça, on est sûr de ne rien faire. Une idée : et si vous alliez voir comment c'est ailleurs, là où on VIT dans les montagnes sans pour autant les détruire... le Beaufortain, le Queyras, le val Varaita, le val Chisonne etc..."

Vous avez raison, Monsieur Delamarre, l'Université de Berne et la Station ornithologique suisse, ce sont des rigolos, des citadens donneurs de leçons. Vive les politiciens locaux qui toujours préfèrent l'économique (les résultats électoraux) à l'écologique (après nous le déluge).

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