Bernard Allègre, l'éleveur de Bruges ne sera pas indemnisé

Rebondissement hier dans l’affaire de Bernard Allègre, cet éleveur de Bruges dont le troupeau avait été victime, début octobre, de plusieurs attaques d’animaux non identifiés…

Bilan : 10 brebis mortes, sept blessées et une disparue. Philippe Jamet, le sous-préfet d’Oloron dit non au "bénéfice du doute".

De là à voir la patte de l’ours, il n’en fallait pas plus pour qu’une demande en indemnisation soit établie auprès de la commission départementale des dégâts des ours. Laquelle, malgré l’avis des spécialistes et scientifiques de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) affirmant formellement qu’il ne pouvait s’agir dans ce cas précis ni d’un ours, encore moins d’un loup ou d’un lynx comme certains se plaisaient à le faire croire (NDLB : Lire «Bons baisers de l’ours de Bruges» et  «Louis Dollo, le générateur de rumeurs»), préférait malgré tout admettre «au bénéfice du doute» le principe de l’indemnisation au cours de sa réunion du 5 décembre.

Mais Philippe Jamet, le nouveau sous-préfet d’Oloron, a prévenu M. Allègre par courrier en date du 9 décembre, que «conformément aux dispositions du Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées», il ne pouvait suivre l’avis de ladite commission «qui contredit les conclusions sans ambiguïtés des analyses des dégâts subis par (son) troupeau», analyses corroborées par les spécialistes de l’ONCFS et par les experts du centre CNERA de Gières (38).

M. Jamet affirme donc à l’éleveur être « ainsi conduit à donner une suite défavorable à votre demande d’indemnisation. »

Source : La république des Pyrénées du 16/12/08

Une décision courageuse et logique

Louis Dollo avait raison de titrer : "Les prédations des estives de Bruges : une affaire pas nette!", mais le flou ne venait pas de l'ETO, mais des éleveurs...

Les indemnisations « au bénéfice du doute » ont été nombreuses. Pour « faire plaisir » aux éleveurs et « apaiser » la situation, le processus d’indemnisation a été dévoyé, l’Equipe Technique Ours injustement attaquée la barque de l’ours injustement « chargée ».

A ces indemnisations douteuses, il y a lieu de rajouter plusieurs manipulations maladroites de la part des éleveurs, qui bizarrement ont été très médiatisées sur le web (plus le mensonge est gros, plus il a des chances de passer) et où le refus justifié des indemnisations est utilisé par les mêmes pour dénigrer les spécialistes chargés de juger la réalité des dégâts et demander leur remplacement par des personnes plus proches des éleveurs et plus favorables à leurs intérêts : leurs vétérinaires ou des responsables de syndicats agricoles.

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