La manifestation anti-ours du Val d'Aran ne fait pas recette

A peine 400 personnes étaient présentes aujourd'hui à Les pour cette manifestion organisée par Francès BOYA, Syndic d’Aran, Député du Parlement de Catalogne et par l’ADDIP qui regroupe toutes les associations opposées à l’ours.

Alors que la "Coordination pyrénéenne" annonce fédèrer "les élus politiques et socio-professionnels, les associations regroupant les usagers de la montagne : éleveurs, professionnels du tourisme et des activités de montagne, randonneurs, habitants des villages, chasseurs, scientifiques", en gros, l'ensemble des Pyrénées, cette très faible participation représente pour les opposants au plantigrade un handicap certain qui va sans doute rendre intenable leur position de "boycott" de la première réunion du "Groupe National Ours" qui doit se tenir le 18 décembre.

"Manifestation anti-ours franco-espagnole dans les Pyrénées"
Communiqué AFP

LES (Espagne) - Quelque 400 personnes de nationalités espagnole et française ont manifesté samedi à Lès (Val d'Aran), près de la frontière franco-espagnole, contre la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées et les politiques de la montagne menées par leur pays respectif, a constaté un journaliste de l'AFP.

La manifestation, à laquelle participaient plus d'une centaine de personnes venues de plusieurs départements pyrénéens français, avait notamment pour but d'interpeller les autorités des deux côtés de la frontière afin d'exiger la prise en compte de la volonté des populations locales du massif pyrénéen.

Les responsables du rassemblement, élus du Val d'Aran et de localités françaises et dirigeants d'associations espagnoles et françaises opposés à la réintroduction de l'ours, ont signé à cette occasion un manifeste transfrontalier sur le devenir des territoires de montagne pyrénéens.

"Depuis leur lancement en 1996, les plans de réintroduction d'espèces animales ont affecté gravement l'activité dans ces montagnes. Ce faisant, on a oublié de prendre les mesures réelles et concrètes pour assurer la survie de secteurs d'activité qui sont, eux, aujourd'hui, les grands menacés de disparition dans les Pyrénées", affirme le texte.

"Transformer les Pyrénées en un sanctuaire de quelques espèces animales en éradiquant des montagnes bergers et activités humaines est une agression contre toute une culture vieille de milliers d'années qui a contribué à ce qu'un équilibre s'établisse, assurant la biodiversité de la flore", souligne le manifeste, qui doit être remis aux gouvernements espagnol et français et à l'Union européenne.

"On est là pour dire à nos administrations qu'on ne veut pas qu'elles prennent de décisions sans nous écouter, loin de nous. On veut être écoutés, on veut participer à la gestion de nos territoires", a expliqué Francès Boya, président du conseil du Val d'Aran.

Plusieurs responsables d'associations et élus locaux français ont dénoncé la politique d'"ensauvagement" de la montagne pyrénéenne, à la faveur de la réintroduction de l'ours. "On ne veut pas être transformés en Indiens", s'est exclamé Bruno Besche-Commenge, estimant que, plus que l'ours, "c'est le berger pyrénéen qui est une espèce menacée."

"Non à l'ours", "Les Pyrénéens veulent décider", "Ni ours, ni indemnisation, Les Pyrénées vivantes et tranquilles", "Réintroduction de l'ours au bois de Boulogne", déclaraient, en différentes langues, les pancartes et banderoles des manifestants.

Ceux-ci ont défilé au son d'un accordéon et de cloches de troupeaux dans la localité, dont un habitant avait été attaqué et blessé en octobre dernier par un ours, probablement l'ours slovène Hvala, lâchée dans les Pyrénées françaises en 2006.

Quatre femelles et un mâle slovènes avaient été lâchés dans les Pyrénées françaises, entre le 25 avril et le 22 août 2006, dans le cadre d'un plan de restauration et de conservation décidé par le ministère de l'Ecologie et très fortement critiqué par des éleveurs et des élus locaux.

Source : AFP 06/12/08 16h59

Lire aussi :

Commentaires