L'ADDIP pond sa "motion pour des Pyrénées vivantes et préservées"

L’ADDIP, Association pour le développement durable de l'identité pyrénéennes, nébuleux concept identitaire régionaliste annonce qu'elle "regroupe les associations départementales opposées à "l’ensauvagement artificiellement recréé du massif pyrénéen que supposerait une population d’ours naturellement viable." (200 à 400 ours !)" Elle dit aussi "fédérer les élus politiques et socio-professionnels, et les associations regroupant les usagers de la montagne : éleveurs, professionnels du tourisme et des activités de montagne, randonneurs, habitants des villages, chasseurs, scientifiques ..."

Avec une liste aussi ambitieuse, l'ADDIP essaie de faire croire qu'elle représente l'ensemble des Pyrénées. On a vu a de multiples reprises qu'il n'en est rien. Et même s'ils parviennnent parfois à mobiliser un grand nombre de personnes lors de manifestations de rue, cela ne représente aucunement le reflet de l'ensemble de l'opinion pyrénéenne et encore moins française.

Après :

  • la «déclaration des Pyrénées»,
  • le «Manifeste du Val d'Aran» qu'ils ont intronisé aujourd'hui à Les dans le Val d'Aran devant seulement 400 personnes,voici maintenant
  • la "motion pour des Pyrénées vivantes et préservées" de l'ADDIP!

Dans ce document daté du 20 novembre, envoyé par Francès BOYA, Syndic d’Aran, député du Parlement de Catalogne et par l'ADDIP aux "élus des départements pyrénéens, et aux représentants professionnels agricoles, consulaires et syndicaux des Pyrénées", ça fait du monde, on apprend :

  • que l'ADDIP refuse le "Groupe National Ours". En celà, rien de nouveau; ils suivent à la lettre les conseils donné par Laurent Garde du Centre d'Études et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM) en juin 2008. Laurent Garde, qui participe dans les Alpes au «Groupe National Loup» leur avait proposé de «partager son expérience» et conseillé de ne pas participer au "Groupe National Ours" sans avoir préalablement mis sur la table des exigences fermes et définitives comme l’annonce officielle de la fin des réintroductions d’ours dans les Pyrénées.
  • que les associations pyrénéennes boycotteront la réunion du GNO prévue le 18 décembre. Le boycott est leur arme maitresse. Après ils diront encore qu'il n'y a pas eu de "concertation". Quand l'Etat va t-il mettre fin à ces colères enfantines et à ces manipulations flagrantes?
  • que l'ADDIP désire remplacer le "Groupe National Ours" par une "Plateforme transfrontalière pyrénéenne", encore un nouveau "machin" tout acquit à leurs idées extrémistes puisque composé uniquement des opposants au plantigrade. C'est fou ce qu'ils peuvent inventer de formules, documents et groupements divers.

Quelles sont les raisons invoquées pour ce nouveau "caca nerveux"

  1. L'objet même du GNO selon NKM : "collaborer à la mise en oeuvre du plan de conservation et de restauration de l’ours brun dans les Pyrénées françaises ».
  2. Ils "ne veulent pas d'ours" (...souhaitent sa disparition complète des Pyrénées, la paix!)
  3. Ils "refusent toute concertation" pour «la mise en oeuvre du plan ours». En gros, c'est à prendre ou à laisser, seul mon avis compte.
  4. Comble de l'ironie, ils trouvent "inaceptable de restreindre l’avenir des Pyrénées à la lorgnette de l’ours" alors que leurs associations ne s'occupent de rien d'autre que de l'ours et que les raisons profondes du marasme économique du pastoralisme sont complètement occultées et non gérées. Ils ne pensent "qu'à l'ours" et reproche aux autres leur propre obsession monomaniaque.
  5. "En ces temps de crise économique mondiale où les pyrénéens souffrent comme les autres, nous ne pouvons cautionner les caprices pseudo-écologiques du ministère de l’environnement." En gros si le Ministère de l'environnement voulait bien s'occuper d'autre chose (de l'aide à l'agriculture par exemple) et leur laisser régler le problème de l'écologie une bonne fois pour toute pour qu'on n'en parle plus.

C'est pour signer ce document que Francès Boya, Gouverneur d’Aran et Député au Parlement de Catalogne et l'ADDIP  ont appelés "les élus français, associations et professionnels agricoles pyrénéens à mettre leurs forces en commun pour une plateforme transfrontalière" : «L’avenir des Pyrénées ne peut en aucune façon être basé sur une régression de nos montagnes à l’état sauvage ». Le prosélytisme, la démagogie et le populisme tout azimut n'ont pas payé. La mobilisation pour le "Manifeste du Val d'Aran" et la manifestation de Les de ce 6 décembre n'ont ramenés que 400 pyrénéens français et espagnols. Un bide complet.

Pour ceux qui ont envie d'aller plus loin, voici les grandes lignes de la "motion pour des Pyrénées vivantes et préservées". Le style remplis "d'attendus" ressemble au jugement d'un tribunal; faut-dire que s'ils pouvaient "rendre la justice" eux-mêmes, ils ne s'en priveraient pas. Les exactions passées sont là pour le prouver.

Motion pour des Pyrénées vivantes et préservées

  • "Attendu que le plan d’introduction d’ours 2006-2009 ne prévoit dans ses objectifs aucun bénéfice potentiel pour la biodiversité des Pyrénées, le sachant infondé scientifiquement,
  • Attendu la véritable offense à la représentativité pyrénéenne que constitue la composition du groupe ours, dont ont été écartés à la fois les élus, les représentants syndicaux et les institutions professionnelles agricoles pyrénéennes,
  • Attendu que la question de l’ours dans les Pyrénées s’inscrit dans un cadre global d’aménagement du territoire et qu’aucune instance informelle ne saurait remplacer les instances légitimes qui ont la charge du développement des espaces montagnards,
  • Attendu le scandale que représentent les campagnes de communication qu’orchestrent avec les deniers publics les associations de promotion du plan-ours à la fin unique de salir les éleveurs de montagne et les associations qui s’emploient à les défendre : distribution de tract appelant à boycotter la viande de mouton AOC de Barèges-Gavarnie, cabale anti bergers sur internet, attaques personnelles diffamatoires, mensonges en série visant au sabotage médiatique de nos actions (Pastoralies en Ariège et autres ...),
  • Attendu que le coût des grands prédateurs absorbe de façon indécente des crédits d’Etat qui manquent cruellement pour soutenir le pastoralisme, et notamment la filière ovine en crise, aggravée par la fièvre catarrhale qui malgré une première vaccination, ravage sanitairement et économiquement et socialement des centaines d’élevages dans les Pyrénées,

Les signataires de la présente motion :

  • "DEMANDENT que l’Etat français reconnaisse l’incompatibilité d’une coexistence entre un élevage extensif durable et l’expansion des populations de grands carnivores."
    (NDLB : L'Etat devant pour se faire, effectuer un virage à 180°!)
  • "DEMANDENT l’arrêt immédiat des introductions d’ours sur le territoire français,"
    (NDLB: Le préalable proposé par Laurent Garde)
  • "DEMANDENT la dissolution du groupe ours et du groupe loup, ce dernier statuant sur la présence de ce prédateur dans les Pyrénées sans que n’y siège un seul représentant du massif,"
    (NDLB : N'ayant pas le "contrôle total" du GNO, et non habitués à négocier, ils sont par contre pour une "Plateforme transfrontalière pyrénéenne" sur le modèle de l'IPHB par exemple? Vu les déboires entre l'IPHB et l'Eat, pas sûr que celui-çi soit preneur et tombe dans le panneau !)
  • "DEMANDENT que soit rendues publiques au jour le jour les informations sur le nombre d’ours déjà présents et leur localisation, ainsi qu’une totale transparence sur les conditions sanitaires d’importation des ours et sur la politique de nourrissage artificiel menée actuellement sur le versant espagnol des Pyrénées,"
    (NDLB : Pour celà, il faudrait "équiper tous les ours", et les suivre, d'où un renforcement indispensable de l'ETO demandé par l'Etat, alors qu'eux se passeraient volontiers de ces techniciens qu'ils jugent "incompétents". La contradiction ne les génent pas le moins du monde!)
  • "DEMANDENT l’arrêt de toute délégation de service public aux associations de promotion des grands carnivores, qui portent une grande responsabilité dans la rupture de tout dialogue entre l’Etat et les Pyrénéens,"
    (NDB : Se sont-ils seulement demandés, lors du saccage du village d'Arbas, lors de la perturbation des "Automnales du pays de l'Ours", lors des traques illégales de l'ourse Hvala, lors de l'épisode des pots de miel piégés, en peignant des "Morts aux ours" sur les routes du Tour, en perturbant les colloques, en lançant des pétards dans la Préfecture, lors de l'épisode des "Veaux d'Aston", une tentative d'escroquerie grossière, quelles allaient être les conséquences de leurs comportements extrémistes et de leur violence ? Croyaient-ils qu'ils avaient en face d'eux des "pigeons", des "bobos" et qu'ils pourraient continuer à les manipuler de la sorte, comme ils manipulent l'opinion publique et la presse régionale? Et bien non, les ours ont leurs bénévoles qui donnent de leur temps pour sauvegarder la population d'ursidés pyrénéenne en grand danger. Qui porte la responsabilité de l'escalade dans ce dossier? C'est l'histoire bien connue d'un oeil, d'une paille et d'une poutre...)
  • "DEMANDENT l’arrêt immédiat des subventions à ces associations, qu’elles proviennent de l’Etat français ou des fonds européens tel ceux du programme Life-Coex qui prévoit, à l’inverse des actions infamantes menées par ces associations bénéficiaires « de partir d'une approche participative de tous les acteurs concernés .../... en diminuant les situations de conflit qui affectent la protection de ces espèces."
    (NDLB : La guerre des communiqués, les actions dures ou illégales sur le terrain, les pressions et la loi du silence ne suffisent plus. Les résultats du programme LIFE Coex dérangent, comme son colloque final qu'ils ont essayé de perturber pour empécher sa tenue, alors ils essaient via la voie du financement. Faut-il rappeller la souscription lancée pour payer les amendes des casseurs d'Arbas condamnés ou le financement de l'ASPAP et des "Pastoralies", faut-il rappeller commment survit le pastoralisme?)
  • "DEMANDENT que les biodiversités ordinaires et agricoles constitutives du milieu pyrénéen soient placées au centre des préoccupations des gestionnaires et dans ce cadre :
    • de mettre tous moyens en oeuvre pour assurer la pérennité du pastoralisme et des autres activités économiques du massif dans l’objectif d’un développement durable,
    • que soient prises en compte et développées les externalités positives liées à la présence d’un pastoralisme actif,
    • que les aspects humains et sociaux soient respectés pour l’ensemble des acteurs des territoires de montagne.
      Dans le respect des directives internationales de la Convention sur la Diversité Biologique (COB) ratifiées par la France le 13 juin 1992 et confirmées lors de toutes les réunions des parties, la dernière en date à Bonn des 19 au 30 mai 2008, et notamment de l’article 8j concernant les « connaissances, innovations et pratiques des communautés autochtones et locales qui incarnent des modes de vie traditionnels"

(NDLB : Ils ont inventés bien des "concepts novateurs" : "la biodiversité à visage (usage) humain", "Les montagnes vivantes", réactivés "La guerre des demoiselles" et maintenant voici, c'est nouveau, celà vient de sortir : "les biodiversités ordinaires et agricoles" et "les externalités positives liées à la présence d’un pastoralisme actif". Il n'y a qu'une seule biodiversité "La biodiversité désigne la diversité du monde vivant". Quand allez-vous arrêter d'essayer de noyer le poisson à coup de peinture verte. C'est du greenwashing industriel ma parole, de la rhétorique anti-environnementale pure et dure. L'ours n'est en rien responsable des difficultés du pastoralisme. Et si vous vous occupiez d'abord des vrais problèmes du pastoralisme au lieu d'accuser les autres de "restreindre l’avenir des Pyrénées à la lorgnette de l’ours". Je ne suis même pas sur que votre "base" comprend la langue de bois utilisée par votre gourou linguiste. Du vrai langague Ipéhachebé Merci BBC !)

  • "PROPOSENT que l’avenir soit abordé avec une vision globale de la situation environnementale, sociale et économique quant aux principes de protection de la biodiversité et du développement durable des vallées et non sur le seul thème d’espèces emblématiques."
    (NDLB : Que celui qui comprend ce charabbia m'envoie une traduction, j'ai de plus en plus de mal de identifier la substantifique moelle du discours ultrapastoral. Il faut bac +combien pour comprendre votre "Motion pour des Pyrénées vivantes" et pour pouvoir la défendre?)
  • "PROPOSENT que l’Etat ne décide pas seul du devenir du massif, mais que, dans le respect de la décentralisation, les structures de DECISION existantes légitimes et représentatives de toutes les instances, politiques, syndicales, associatives, collectivités territoriales et autres acteurs économiques soient partie prenante des choix effectués."
    (NDLB : Et bien, mais participez aux Groupe National Ours mes amis au lieu de vouloir le boycotter à nouveau comme vous avez boycotté les réunions de concertation ! L'Etat ne décidera pas seul mais AVEC VOUS, pour une fois. Votre destin est à votre portée.)
  • "PROPOSENT que soit créé, en place des ponctuels et réducteurs groupes «ours» et «loup», un groupe de travail portant sur l’ensemble du milieu dans toutes ses composantes socio-économiques, culturelles et naturalistes (biodiversités agricoles, ordinaires, exceptionnelles) et associant chercheurs, et acteurs de terrain représentatifs (socio-professionnels, usagers, associations)."
    (NDLB : Et puis quoi? Le nouveau jouet en vous plait pas? Vous en voulez un autre? Vous prenez vraiment l'Etat, le gouvernement et les français pour des débiles? Il y a un groupe, vous y êtes invités, vous aurrez droit à la parole. Que vous faut-il de plus, une dictature pastorale?)
  • PROPOSENT que soit trouvée une solution pour les ours et les loups actuellement présents sur le massif afin que ceux-ci ne viennent pas perturber le développement durable des vallées.
    (NDLB : Un zoo, un empailleur? Les animaux sauvages dans des cages, les animaux domestiques en liberté. Le concept novateur des associations ultrapastorales. Plus c'est gros, plus celà marche...)
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